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Intoxications alimentaires: Une saison à hauts risques

par M. Aziza

Les intoxications alimentaires sont très fréquentes en été où les denrées alimentaires s'altèrent plus vite. Comment les éviter? L'Association de protection du consommateur «El Aman», fidèle à ses principes de prévention, a lancé des campagnes de sensibilisation au grand public dans différentes villes du pays notamment celles qui attirent les estivants en cette période de vacances et de détente. Les membres de l'Association seront ainsi présents à Alger, Mostaganem, Oran et Jijel.

La cible est le grand public en général et les jeunes en particulier, car ces derniers ont le pouvoir de susciter les changements de pratiques et de comportements. Le président de l'Association nationale ‘El Aman' pour la protection des consommateurs, Hacène Menouar, a regretté le fait que «notre culture de consommation n'a pas changé en dépit du risque sanitaire». L'on continue, dit-il, en 2022, de s'approvisionner en denrées alimentaires dans des milieux inadéquats à la vente, «sans aucun respect de la chaîne de froid». «La vente de produits alimentaires se fait sur les trottoirs sans aucun respect des critères de l'emballage et de l'étiquetage et des mesures d'hygiène». Pourtant, affirme-t-il , la loi impose des obligations très strictes en matière d'hygiène, de salubrité et d'innocuité des aliments aux professionnels chargés de distribuer ou de commercialiser les produits alimentaires. Le président de l'Association ouvre une parenthèse pour affirmer qu'on a eu tout récemment une offre abondante en sardines et en thon ce qui a fait baisser les prix mais «malheureusement, nos responsables ont, encore une fois, failli à l'organisation de la chaîne de distribution de ces marchandises de manière correcte et saine». Et de s'interroger: «comment est-il permis de couper puis de vendre du poisson, le thon en l'occurrence, au bord des routes sous haute température sans respecter les normes sanitaires, la chaîne du froid, et la propreté du lieu, des outils et de la table ? Où sont passées les autorités locales face à ces pratiques ? Est-ce qu'on a une culture de consommation, puisque nous acceptons la vente de viande rouge et blanche sur le bord des routes et des trottoirs?» Face à ce «laisser-aller», M. Menouar a interpellé les pouvoirs publics pour l'amélioration du cadre de consommation du citoyen qui ne cesse de se dégrader. Ceux des collectivités locales, notamment, des APC, à travers les services chargés de la propreté et du respect des mesures d'hygiène, ainsi que les services du ministre du commerce et des services de Sécurité chargés des contrôles. Il les appelle à veiller davantage à l'application des lois relatives au respect des mesures de consommation. Notre interlocuteur affirme que l'on parle souvent des décès dus aux intoxications au monoxyde de carbone, mais on parle peu des décès liés aux intoxications alimentaires. Il dira que «les intoxications tuent en Algérie, sauf que les chiffres ne sont pas disponibles !» Pour rappel, le ministère du Commerce a révélé sur la base du bilan des intoxications alimentaires du premier trimestre de 2022 que 400 cas d'intoxication ont été enregistrés. Et ce en dépit, des contrôles effectués par les services du département en question.

Le président de l'Association ‘El Aman' affirme que «les deux dernières années ont été marquées par l'application stricte des mesures d'hygiène et de prévention contre la propagation de la Covid-19 et par des périodes de confinement». «Aujourd'hui, la vie reprend son cours, si on ose dire ‘normal' avec la levée des restrictions. Notamment avec l'ouverture des restaurants, fast-foods et cafétérias.

L'ouverture des salles des fêtes pour les mariages et des lieux de loisirs. Et l'ouverture officielle pour bientôt des plages, ce qui nous pousse à redoubler de vigilance et renforcer les moyens et les interventions de contrôle, pour préserver la santé et la vie du consommateur», conclut notre interlocuteur.