
Qui se rappelle de l'ère des rappels et des augmentations
de salaires ? Le jardin public, la santé publique, l'enseignement public, la
police du public et le Trésor public? zadou fel kholsa avec effet rétroactif.
Du coup, le parc auto s'est multiplié et des millions de chevaux ont envahi
l'autoroute Est-Ouest. Les concessionnaires se sont multipliés, des marques,
des sous-marques et à qui se démarque. Les auto-écoles se sont multipliées, les
moniteurs de conduite ne chômaient plus et les ingénieurs des mines ont
retrouvé le sourire. Hok terbah. Code, créneau, circuit et? installe ton
autocollant 80 pour te faire pardonner les maladresses. Les accessoiristes se
réconcilient avec les bonnes affaires. Les tôliers recrutent du personnel, les
stations de lavage s'engraissent? Dirli vidange ana khouk? Les huilent lubrifient
les caisses. La priorité à droite ou à gauche?, inal bou celui qui t'a donné le
permis de con? duire. Et vazi la poésie des bras d'honneur. Yakhi hmar? Faut
dire que l'âne est tellement généreux qu'il donne son nom à celui qui a des
oreilles. Quelquefois, on arrive au permis à poings. Aux urgences. A la police.
A la réconciliation. Route nationale encombrée depuis des ans. Ça hurle, ça
klaxonne, mais personne n'entend personne, les nouveaux chauffeurs de pneu?
démarrent à l'américaine et finissent chez le vulcanisateur. Là aussi, on
gonfle les recettes, on équilibre le budget. Les assurances n'ont jamais aussi
bien travaillé, les ceintures de sécurité aussi. On m'a retiré le permis, tu
n'aurais pas une maarifa ? Khaaatik. «Zid, zid?, braki, daouar yal mnaouar, ça
va, rak bien, tranquille khouya, je suis là. Tu ne vois pas le brassard et ma
carte professionnelle?», lui dit-il pour rappel en exhibant son matrag.