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Fin d'une cavale de près de dix ans : Khalifa remis aux autorités algériennes

par R. N.

Abdelmoumen Rafik Khalifa, patron du groupe éponyme, a été remis, hier, mardi, aux autorités algériennes, a indiqué un communiqué du ministère de la Justice.

Selon le document cité par l'APS, l'extradition intervient «conformément aux procédures légales et aux dispositions de la convention judiciaire» entre l'Algérie et le Royaume-Uni. «Suite à l'épuisement de tous les recours auprès de la justice du Royaume-Uni et de la justice européenne, concernant l'extradition de M. Abdelmoumene Rafik Khalifa, la délégation (algérienne) qui s'est déplacée dimanche à Londres a finalisé toutes les procédures d'extradition pour la remise du concerné. Ce dernier a été remis le 24 décembre conformément aux procédures légales et aux dispositions de la convention judiciaire entre les deux pays», a ajouté le communiqué.

 La délégation algérienne qui s'est déplacée en Grande-Bretagne chargée de finaliser la procédure d'extradition et de ramener Khalifa en Algérie était constituée par une équipe de policiers du bureau d'Interpol Algérie et de hauts représentants du ministère de la Justice.

Le ministère de l'Intérieur britannique avait annoncé le 16 décembre dernier que l'ex-golden boy algérien sera extradé d'ici à la fin de l'année vers l'Algérie après avoir épuisé ses recours au Royaume-Uni.

Condamné le 22 mars 2008 par contumace à la réclusion à perpétuité par le tribunal de Blida pour les chefs d'accusation d'«association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds, faux et usage de faux», celui dont la banqueroute était devenue une affaire d'Etat, et l'extradition un véritable feuilleton à rebondissements était en cavale depuis plus de dix ans.

L'effondrement, en 2003, de son groupe avait causé un préjudice, estimé par les autorités entre 1,5 et 5 milliards de dollars, à l'Etat algérien et aux épargnants. Egalement poursuivi par la justice française pour «banqueroute» et «détournements de fonds», M. Khalifa s'est vu refuser d'interjeter appel devant la Cour suprême le 3 décembre. Une dernière carte qui n'a pas suffi à empêcher son extradition, alors que «Tous ses recours» pour empêcher son extradition vers l'Algérie ont été rejetés par les autorités britanniques, selon la procureure adjointe du tribunal correctionnel de Nanterre, Marie-Christine Daubigney. Selon la justice française, le procès en France du fondateur de l'empire Khalifa doit se tenir du 2 au 20 juin 2014 devant ce tribunal.

Rafik Khalifa s'est réfugié en Grande-Bretagne en 2003 lorsqu'a éclaté le scandale financier de la Khalifa Bank et de plusieurs entreprises de son groupe. Arrêté à Londres en 2007, pour séjour illégal, il était depuis sous la menace d'une extradition. En avril 2010, le ministère de l'Intérieur britannique avait autorisé son extradition, mais l'avocat de l'homme d'affaires avait introduit un appel auprès de la Cour suprême britannique suspendant cette décision.

Abdelmoumen Rafik Khalifa sera déféré devant le tribunal criminel près la cour de Blida pour être entendu comme le seul accusé dans cette affaire. Les autres personnes impliquées seront entendues comme témoins puisqu'elles ont déjà été jugées en janvier 2007, par le même tribunal et dont le verdict a fait l'objet d'une cassation auprès de la Cour suprême. Renvoyé à une session non encore connue, leur jugement se fera en présence de Khalifa, cette fois cité en tant que témoin.