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Dans un contexte
économique mondial marqué par les incertitudes et les tensions sur les marchés,
la question de la souveraineté économique s'impose avec force.
En Algérie, cette orientation stratégique est désormais au cœur des priorités nationales. Encourager la consommation locale n'est plus un simple acte citoyen, mais une nécessité vitale pour préserver l'équilibre économique et construire un modèle de développement durable. Un cap clairement affirmé par les pouvoirs publics Pour le président Abdelmadjid Tebboune, l'exportation ne doit être envisagée que lorsque la production nationale dépasse les besoins du marché local. Il a à plusieurs reprises insisté sur l'urgence de prioriser les produits locaux, avertissant que le recours excessif aux importations pourrait fragiliser durablement l'économie nationale. Dans cette logique, il n'a cessé de dénoncer l'attachement du consommateur algérien aux produits importés, tout en appelant les entreprises nationales à améliorer la qualité de leurs produits afin de renforcer leur compétitivité. Vers une souveraineté économique assumée Cette vision s'inscrit dans une politique globale visant à : réduire les importations, préserver les réserves de change, renforcer la production nationale. Plusieurs ministères ont été mobilisés pour impulser cette dynamique, avec pour objectif d'instaurer un véritable patriotisme économique à trois dimensions : 1. Économique : Stimuler les PME/PMI et l'artisanat local, créer de l'emploi et générer de la valeur ajoutée. 2. Sociale : Redonner du sens à l'acte de consommer : acheter local, c'est soutenir l'emploi et participer à l'économie nationale. 3. Politique : Dans un contexte post-rentier, réduire la dépendance aux hydrocarbures devient un enjeu stratégique majeur. Des réformes et une posture internationale affirmée Depuis les années 2000, des réformes structurelles ont permis d'améliorer les indicateurs macroéconomiques. Dans ce cadre, le ministre de l'Énergie Mohamed Arkab s'est opposé au plafonnement des prix du gaz par l'Union européenne, illustrant la volonté de défendre les intérêts stratégiques du pays. Le président Tebboune a également rappelé que les accords avec l'Union européenne permettent des mécanismes de protection de la production nationale, en réponse notamment aux critiques de Cecilia Malmström. Ouverture maîtrisée et diversification économique En 2025, l'Agence algérienne de promotion de l'investissement (AAPI) a enregistré 270 projets d'investissement étranger, souvent en partenariat avec des acteurs locaux. Lors de Expo Osaka 2025, les autorités ont réaffirmé leur volonté de promouvoir l'économie nationale à l'international tout en valorisant les ressources locales. Les exportations hors hydrocarbures ont atteint près de 7 milliards de dollars en 2022, avec un objectif de 13 milliards à moyen terme, notamment grâce à des produits comme le ciment et le rond à béton. Trois priorités stratégiques Pour réussir cette transition, trois axes majeurs ont été définis par le Président Tebboune : satisfaire en priorité la demande nationale ; substituer les importations par la production locale ; encourager l'investissement industriel créateur de richesse et d'emplois. Le patriotisme économique en Algérie comme l'a dit le Président Tebboune,ne peut se limiter à des orientations politiques : il exige une transformation profonde des mentalités, une montée en qualité de la production nationale et une mobilisation collective. Produire local est essentiel, mais consommer local l'est tout autant. C'est dans cette convergence entre État, entreprises et citoyens que réside la clé d'une économie résiliente, diversifiée et souveraine. Le défi est lancé : faire du «consommer algérien» non pas une contrainte, mais un réflexe durable. *Ancien Cadre supérieur de l'Etat |
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