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Agression américano-sioniste: Craintes d'une pénurie de pétrole

par Mohamed Mehdi

Mercredi, l'agression américano-sioniste contre l'Iran se poursuit pour le 26e jour, alors que les bombardements criminels contre les civils iraniens et libanais font des dizaines de martyrs et des blessés, en particulier parmi les secouristes.

L'Iran et la résistance libanaise maintiennent un niveau de riposte qui ne permet presque pas aux Israéliens de sortir de leurs bunkers. L'impact économique de cette agression sur le monde entier fait craindre le pire aux analystes et aux décideurs, notamment en Europe.

«La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a déclaré mercredi que les entreprises européennes pourraient être plus promptes à augmenter leurs prix en réponse à la guerre en Iran, en raison du souvenir amer de l'inflation des prix de l'énergie qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie», a rapporté hier l'Associated Press (AP). Mme Lagarde estime aussi que «la grande question est de savoir combien de temps durera cette hausse des prix du pétrole». Mais bien plus que les prix, c'est la disponibilité du pétrole pour tout le monde.

The Wall Street Journal (WSJ) a titré hier : «La pénurie de pétrole s'étend du Golfe au reste du monde», expliquant que sauf en cas d'une «avancée rapide des négociations de paix», «les négociants prévoient que les prix records atteints par certains types de pétrole brut du Moyen-Orient se répercuteront bientôt sur les États-Unis et d'autres marchés». «Au cœur de cette pénurie au Moyen-Orient, les négociants paient le prix exorbitant de 160 dollars le baril pour le pétrole émirati qui peut contourner le détroit d'Ormuz, un prix bien supérieur aux références mondiales», ajoute WSJ.

Des «prix astronomiques» que les négociants qualifient de «signe avant-coureur de l'évolution possible du marché si le golfe Persique ne rouvre pas rapidement». Car, «les consommateurs asiatiques recherchent activement des pétroles bruts similaires à travers le monde pour continuer à produire du diesel et du kérosène».

Négociations, pas de négociations ?

AP, citant «deux responsables pakistanais», a rapporté que «l'Iran a reçu une proposition américaine en 15 points visant à instaurer un cessez-le-feu».

«Ces responsables ont décrit la proposition comme portant notamment sur la levée des sanctions, la coopération nucléaire civile, la réduction du programme nucléaire iranien, la surveillance par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), la limitation (de la portée, ndlr) des tirs de missiles et le passage maritime via le détroit d'Ormuz».

Toujours selon AP, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano, des pourparlers entre l'Iran et les États-Unis «pourraient se tenir ce week-end à Islamabad, au Pakistan».

L'Iran, de son côté, persiste à dire qu'il n'est pas engagé (jusqu'à hier après-midi, ndlr) dans des négociations avec les États-Unis. «Téhéran et Washington n'ont mené aucune discussion depuis le début du conflit fin février», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqaei, cité par l'agence Fars. « Personne ne peut faire confiance à la diplomatie américaine après l'agression contre l'Iran lors des négociations», rapporte aussi Fars News citant une interview accordée mercredi par M. Baqaei à India Today.

Al Jazeera a rapporté, hier, citant NBC, que «le président Trump reçoit quotidiennement des briefings accompagnés d'images vidéo des frappes les plus importantes et les plus réussies contre des cibles iraniennes», ajoutant que ces briefings «suscitent des inquiétudes chez les alliés, qui craignent que Trump ne reçoive pas une vision complète de la guerre».

En tout cas, l'heure ne semble pas favorable aux négociations. Car, selon l'agence Fars, «des missiles de croisière de la marine iranienne ont ciblé le groupe aéronaval USS Abraham Lincoln dans le golfe Persique, contraignant la flotte américaine à modifier sa position».

Information de dernière minute : Les conditions iraniennes

Selon la chaine iranienne PressTV, citant une «déclaration officielle», l'Iran a des conditions pour l'arrêt de la guerre.

L'Iran exige : «la fin totale de la guerre sur tous les fronts, y compris contre tous les groupes de résistance (Liban, ndlr)», «la mise en place de garanties concrètes empêchant toute reprise des hostilités», une «détermination claire, le versement garanti d'indemnités pour les dommages de guerre et des réparations», et «la reconnaissance de la souveraineté de Téhéran sur le détroit d'Ormuz comme son droit naturel et légal».

Toujours selon PressTV, «L'Iran ne permettra pas à Donald Trump de dicter le calendrier de la fin de la guerre. L'Iran mettra fin à la guerre au moment qu'il jugera opportun, et lorsque ses propres conditions seront remplies»