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Agression américano-sioniste contre l'Iran: Situation tendue dans le détroit d'Ormuz

par Mohamed Mehdi

Mercredi, 12e jour de l'agression américano-sioniste contre l'Iran. Tout en faisant face à de lourdes frappes de la part des États-Unis et d'Israël, provoquant une hausse du nombre de victimes, Téhéran résiste en maintenant un niveau de riposte quotidien important.

La situation dans le détroit d'Ormuz, qui reste fermé aux passages des navires, est très critique, rendant persistantes les craintes d'une crise économique mondiale, notamment avec la hausse des prix du pétrole et du gaz. L'organisme britannique de sécurité maritime (UKMTO) a fait état, hier, de trois incidents dans le détroit d'Ormuz. Il s'agit d'un «porte-conteneurs qui a signalé que le navire a subi des dommages causés par un projectile non identifié», d'un «cargo (qui) aurait été touché par un projectile non identifié dans le détroit d'Ormuz, à 11 milles nautiques au nord d'Oman, provoquant un incendie à bord», ainsi qu'un «vraquier touché par un projectile non identifié à 50 milles nautiques au nord-ouest de Dubaï, aux Émirats arabes unis». Dans les trois incidents les équipages sont sains et saufs, précise l'UKMTO.

La situation très tendue dans le détroit n'empêche pas l'Iran d'exporter «davantage de pétrole par le détroit d'Ormuz qu'avant la guerre, ce qui démontre qu'il contrôle une voie navigable stratégique qu'il a fermée au reste des pays producteurs de pétrole de la région», écrit mardi The Wall Street Journal. De son côté, Al Jazeera affirme que «l'Iran a exporté 11 millions de barils de pétrole vers la Chine depuis le début de l'agression».

De son côté, «l'Agence internationale de l'énergie (AIE) se prépare à la plus importante libération de réserves stratégiques de pétrole de son histoire afin d'apaiser les turbulences sur les marchés de l'énergie», a rapporté hier le Financial Times. Selon le journal économique britannique, «le Premier ministre japonais, Sanae Takaichi, a déclaré que le Japon prendrait l'initiative et puiserait dans ses réserves nationales dès la semaine prochaine».

Une banque bombardée à Téhéran : L'Iran promet des ripostes de même nature

Mercredi, plusieurs villes iraniennes, la capitale Téhéran en particulier, étaient sous le feu d'imposants bombardements aériens américains et israéliens.

Après les installations pétrolières et les stations de dessalement, la coalition américano-israélienne cible le secteur bancaire. Il s'agit, selon Middle-East Eye, d'un «bâtiment administratif lié à la Bank Sepah, l'une des plus grandes banques publiques du pays». L'Iran annonce une riposte de même nature. «Nous exhortons les habitants de la région à se tenir à au moins un kilomètre des banques», a indiqué, hier, un communiqué du quartier général central de Khatam al-Anbiya, une société d'ingénierie iranienne contrôlée par le CGRI.

Par ailleurs, le ministre iranien de la Santé a annoncé mardi soir que «plus de 15.000 personnes ont été blessées» depuis le début de l'agression. Parmi elles, «670 personnes ont été opérées et 1.682 sont toujours hospitalisées», affirme le ministère qui précise que les attaques ont endommagé «21 centres d'urgence et 18 ambulances». Le Croissant-Rouge iranien a signalé qu'environ 19.734 bâtiments civils ont été endommagés, dont 77 centres médicaux, 65 établissements scolaires et 16 centres du Croissant-Rouge.

La riposte iranienne contre l'entité sioniste se poursuit également. Une attaque de grande ampleur a été menée dans la nuit de mardi où les missiles iraniens ont défilé dans le ciel des territoires palestiniens occupés, touchant plusieurs villes. Hier, «de fortes explosions ont été entendues dans la région de Tel -Aviv», a signalé un correspondant d'Al Jazeera.

Dans le cadre de la «39e vague de l'opération «Véritable Promesse 4»», lancée hier, l'Iran annonce avoir mené des «frappes de drones contre plusieurs cibles dans les territoires occupés, notamment les services de renseignement militaire israéliens et l'unité 8200», ainsi que le radar israélien Green Pine et le bâtiment de commandement des sous-marins de la base navale de Haïfa».

L'armée iranienne continue également de cibler les forces américaines au Moyen-Orient. Deux missiles ont frappé, hier, le camp Arifjan au Koweït. Alors que plusieurs cibles ont été visées au Qatar, au Bahreïn et aux Emirats.

Liban : 759.300 personnes déplacées, selon le HCR

Au Liban, l'affrontement entre le Hezbollah et l'entité sioniste est à son 9e jour depuis la reprise des combats le 2 mars dernier. Les bombardements israéliens contre les civils au sud du Liban et dans la banlieue sud de Beyrouth ont fait au moins 570 martyrs et 1.444 blessés, a indiqué mardi soir un communiqué du ministère libanais de la Santé. Parmi les personnes tuées dans les attaques sionistes, «on compte 86 enfants et 45 femmes», est-il précisé.

Hier, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué que le nombre de personnes déplacées enregistrées au Liban a atteint 759.300.

Selon un bilan du Hezbollah, en une semaine, la résistance libanaise a «bombardé 36 bases militaires israéliennes, 22 villes et colonies, et 22 sites (de radars, ndlr)». La situation est telle que l'armée israélienne a annoncé, mercredi, le redéploiement de troupes du sud vers le nord afin de renforcer ses positions à la frontière avec le Liban.

Lundi dernier, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohamed Raad, a déclaré que la résistance poursuivra le combat contre Israël « quel qu'en soit le prix ». Ajoutant que l'objectif du Hezbollah est de « chasser l'ennemi de nos terres occupées… Et, très clairement, nous n'avons d'autre choix pour préserver notre honneur, notre fierté et notre dignité que la résistance ».