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Les bombardements israéliens transforment: Téhéran en chambre à gaz à ciel ouvert
par Khider MESLOUB Dix
millions d'habitants exposés à un risque d'asphyxie sous un gigantesque nuage toxique
létal. Après les frappes israéliennes contre plusieurs installations
pétrolières de la capitale iranienne, Téhéran s'est réveillée sous une épaisse
fumée noire, des gaz toxiques et des pluies chargées de résidus pétroliers. Un
potentiel génocide sanitaire provoqué par les bombardements israéliens au cœur
d'une mégapole.
Dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 mars, des frappes israéliennes menées contre l'Iran ont visé plusieurs installations pétrolières situées dans l'agglomération de Téhéran. Cinq sites énergétiques ont été touchés, dont quatre dépôts de pétrole, déclenchant des incendies d'une grande intensité. Les incendies industriels ont projeté dans l'atmosphère d'immenses panaches d'hydrocarbures brûlés et de suie qui se sont progressivement étendus au-dessus de la métropole. Au matin, les habitants ont découvert une ville recouverte d'un épais manteau de fumée noire. Dans plusieurs quartiers, cette brume polluante, accentuée par des conditions météorologiques défavorables, plonge les rues dans une pénombre inquiétante, donnant à la capitale une atmosphère de fin du monde. Au-dessus de la ville, un épais brouillard d'hydrocarbures brûlés obscurcit le ciel, et une mégapole de près de dix millions d'habitants respire désormais un air transformé en nuage toxique létal. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le journaliste de CNN Frederik Pleitgen décrit une scène d'une violence presque irréelle : « Il pleut du pétrole sur Téhéran. » Dans les quartiers proches des installations bombardées, les habitants évoquent une odeur persistante d'hydrocarbures brûlés qui imprègne les rues et s'infiltre jusque dans les habitations. La pollution qui s'est abattue sur la ville représente un danger sanitaire immédiat. « Toute la capitale est couverte par un nuage très toxique », a expliqué le journaliste Siavosh Ghazi, correspondant de France 24 et de Radio France Internationale à Téhéran, lors d'une intervention diffusée dans le journal de 13 heures de TF1. Plus préoccupant encore, une pluie chargée de résidus pétroliers est tombée sur la capitale au petit matin. Ces précipitations, mélange d'eau et de particules issues de la combustion des hydrocarbures, constituent un cocktail chimique particulièrement dangereux. Selon les correspondants présents sur place, cette pluie toxique peut provoquer des irritations cutanées, des troubles respiratoires et des lésions pulmonaires, avec des risques létaux accrus pour les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant déjà de pathologies respiratoires. Composés chimiques aux effets corrosifs sur les voies respiratoires Face à la gravité de la situation, les autorités iraniennes ont appelé les habitants à rester cloîtrés à l'intérieur afin d'éviter toute exposition prolongée à l'air extérieusous peine d'intoxication potentiellement mortelle. Le Croissant-Rouge iranien alerte sur la libération dans l'atmosphère d'importantes quantités d'hydrocarbures toxiques, de soufre et d'oxydes d'azote, des composés chimiques connus pour leurs effets corrosifs sur les voies respiratoires et les tissus pulmonaires ,pouvant entraîner la mort. En bombardant des installations pétrolières au cœur de la capitale, les forces israéliennes ont plongé Téhéran dans un brouillard d'hydrocarbures brûlés et de gaz toxiques, transformant la ville en chambre à gaz à ciel ouvert pour ses habitants exposés à un risque d'asphyxie létale. Au-delà des objectifs militaires proclamés, ces frappes illustrent une réalité souvent occultée dans les discours stratégiques contemporains : la destruction d'infrastructures énergétiques en milieu urbain ne produit pas seulement des dégâts matériels. Elle engendre aussi des catastrophes écologiques et sanitaires immédiates, exposant des populations civiles entières à des pollutions chimiques mortelles. Ce type de dévastation environnementale n'est pas inédit dans l'histoire des guerres capitalistes contemporaines. Lors de la guerre du Golfe, l'incendie de centaines de puits de pétrole au Koweït avait plongé la région dans une obscurité quasi permanente pendant plusieurs semaines, libérant dans l'atmosphère des millions de tonnes de suie et de gaz toxiques. Les habitants de Téhéran transformés en torches vivantes Mais une différence fondamentale distingue la situation actuelle. En 1991, ces incendies se produisaient principalement dans des zones désertiques ou faiblement peuplées. Aujourd'hui, les installations visées par les frappes israéliennes se trouvent au cœur d'une mégapole de près de dix millions d'habitants. La pollution toxique ne se disperse pas : elle s'accumule au-dessus d'une mégapole densément peuplée. Dans ces conditions, les fumées toxiques ne sont plus seulement un effet collatéral de la guerre : elles deviennent une menace directe pour toute une population urbaine condamnée à respirer un air potentiellement mortel. Les habitants de Téhéran sont ainsi exposés aux flammes et aux gaz toxiques. Cette attaque n'est pas un épisode isolé. L'armée de l'État génocidaire israélien avait déjà frappé, le 14 juin 2025, deux sites pétroliers près de Téhéran ainsi qu'un complexe de production gazière dans le sud de l'Iran. La frappe actuelle s'inscrit donc dans une série d'attaques visant des infrastructures énergétiques majeures du pays. À l'ère du capitalisme décadent, la guerre ne détruit plus seulement des armées ou des infrastructures. Elle transforme l'environnement lui-même en arme. Lorsque des installations industrielles sont frappées au cœur d'une métropole, les incendies, les fumées toxiques et les pluies acides deviennent autant d'instruments de destruction massive indirecte. En bombardant délibérément les installations pétrolières et gazières, Israël savait qu'il exposerait les habitants de Téhéran au feu et aux gaz toxiques, les condamnant à devenir des torches vivantes ou des spectres asphyxiés. Par ces frappes, Israël a transformé Téhéran en chambre à gaz à ciel ouvert où une population entière risque de succomber à petit feu. Par ces bombardements exterminateurs, Israël a commis un crime de guerre et un crime contre l'humanité. Aujourd'hui, à Téhéran, ce n'est plus seulement la peur des missiles américano-israéliens qui enferme les habitants chez eux : c'est désormais l'air toxique même de leur ville, rendu dangereux à respirer par les bombardements des installations pétrolières et gazières. |
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