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Exploitation de la mine d'Oued Amizour: Une étape importante pour le secteur minier

par A. Z.

La mine de zinc-plomb d'Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, entamera ses activités d'exploitation dans le respect du délai fixé par le Président Tebboune, qui avait insisté lors d'un Conseil des ministres tenu en janvier 2026, sur son lancement en mars 2026, et ce «au regard des opportunités d'emploi et des retombées économiques attendues pour la région, en particulier, et pour l'Algérie de manière générale», avait-il relevé. Stratégique pour la diversification de l'Economie nationale, l'exploitation de la mine de zinc et de plomb d'Oued Amizour, une «mine de référence mondiale» selon l'avis des experts, marque une étape importante pour le secteur minier en Algérie. Selon le professeur Malek Ould Hamou, directeur du Laboratoire de génie minier et consultant dans le domaine, «le gisement d'Oued Amizour est un minerai polymétallique. C'est un minerai qui est composé de plomb et de zinc, avec une estimation de 34 millions de tonnes exploitables», relevant que les réserves contiennent environ 170.000 tonnes de zinc et 30.000 tonnes de plomb, et que l'exploitation se fera en mode souterrain, contrairement à certaines mines à ciel ouvert. «Bien que ce projet ne soit pas comparable en volume à certains grands projets de minerai de fer, il se distingue par «la valeur élevée de ces métaux sur les marchés internationaux», a-t-il expliqué lors de l'émission «L'invité du jour» sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne. Précisant que «le minerai de plomb et de zinc se situe aux alentours de 4 % de zinc et de moins de 1,5 % de plomb», ce qui nécessite des procédés de valorisation spécifiques afin d'extraire efficacement les métaux contenus dans la masse totale du minerai. «C'est une exploitation souterraine où des blocs de minerai seront extraits puis transférés vers une usine de valorisation», explique-t-il, précisant que «le minerai brut alimentera ensuite une usine de traitement destinée à concentrer les métaux utiles», a-t-il expliqué. Malgré des volumes plus modestes que certains grands gisements de fer, le site d'Oued Amizour se distingue à l'échelle internationale, «classé à peu près au douzième rang mondial», a affirmé le professeur Ould Hamou, indiquant que cette position témoigne de l'importance stratégique du projet pour l'Algérie. «Le gisement permettra de renforcer l'approvisionnement national en matières premières pour l'industrie métallurgique et de réduire la dépendance aux importations», ajoute-t-il. L'exploitation ne se limite pas à l'extraction du minerai, selon lui. Une étape essentielle consiste à valoriser ce dernier pour en augmenter la teneur en métaux. «Extraire et vendre la matière première telle qu'elle vient de la mine n'est pas du tout une solution», souligne le professeur, indiquant que «le procédé utilisé est la flottation, une technique physico-chimique couramment utilisée en minéralurgie».

Création de milliers d'emplois directs et indirects

Concrètement, le minerai subira d'abord une préparation mécanique. «Cela veut dire la réduction ou la fragmentation du minerai qui vient en bloc jusqu'à une taille de moins de 100 microns», explique-t-il. Cette étape permet ensuite de séparer les minéraux utiles à l'aide de réactifs chimiques tels que des collecteurs, des déprimants, des activants et des régulateurs de milieu. Grâce à ce processus, la teneur du minerai peut être considérablement augmentée. «De 1,2 % de plomb ou de quelques pour cent de zinc, on peut remonter le taux jusqu'aux environs de 60 %», précise le spécialiste. Pour le professeur, le projet devrait avoir des retombées économiques importantes, tant au niveau régional que national. «Il y aura des milliers d'emplois qui vont être créés au sein de la mine», affirme le professeur Ould Hamou, évoquant des emplois directs et indirects liés à l'exploitation, au traitement du minerai et à la logistique. La durée d'exploitation du gisement est estimée entre 19 et 20 ans.

«Sur les 34 millions de tonnes de réserves, la mine devrait fonctionner pendant environ vingt ans», indique-t-il, soulignant que «le projet inclut également des mesures environnementales visant à limiter l'impact sur l'écosystème. Les résidus miniers seront en partie réutilisés pour combler les vides souterrains afin d'éviter les affaissements. Les rejets seront mélangés avec du ciment pour reconstituer les volumes exploités». Par ailleurs, «la gestion des eaux et des résidus fera l'objet de dispositifs spécifiques afin d'éviter tout risque de pollution, notamment lié au drainage minier acide», souligne-t-il, tout en rappelant que le projet est mené dans le cadre d'un partenariat entre un groupe algérien, majoritaire à 51 %, et la Société australienne ‘Terramin Australia Limited,' qui détient 49 % des parts et apporte son expertise technique. À terme, la production servira d'abord le marché national, avant l'exportation de l'excédent.