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Faux classements et audiences TV: Le sérieux avertissement de l'ANIRA

par El-Houari Dilmi

Dans un communiqué rendu public hier mardi, l'Autorité nationale indépendante de régulation de l'audiovisuel (ANIRA) a attiré l'attention des différents acteurs du paysage médiatique et publicitaire sur un certain nombre de pratiques susceptibles de nuire à la transparence et à la crédibilité du secteur.

En effet, l'Autorité nationale indépendante de régulation de l'audiovisuel a constaté une augmentation de certains comportements basés sur de faux classements faisant la promotion de chaînes de télévision ou d'œuvres artistiques sous l'appellation « Les plus regardés », sans s'appuyer sur des outils de mesure agréés, affirmant qu'elle « prendra les mesures réglementaires nécessaires à cet égard ».

L'ANIRA a dénoncé également « le gonflement délibéré des indicateurs de suivi et d'interaction sur les plateformes numériques par des moyens artificiels tels que l'achat d'abonnés ou en recourant à ce que l'on appelle les «fermes à clics» dans le but de créer une impression trompeuse sur la taille réelle du public ». L'Autorité a considéré que ces méthodes « constituent une manipulation technique et relèvent de pratiques susceptibles de nuire à la transparence du marché publicitaire, en plus que cela affecte directement les décisions des annonceurs qui basent leurs investissements sur des indicateurs non fiables, ce qui conduit au gaspillage des ressources financières et à l'érosion de la confiance dans l'environnement médiatique».

L'Autorité de régulation de l'audiovisuel a souligné que le gonflement des indicateurs d'interaction ou la présentation de données non fiables sur les taux d'audience « pourraient relever des pratiques de publicité trompeuse interdites, et ce conformément à l'article 51 du cahier des charges, car cela porte atteinte aux principes de concurrence loyale que l'Autorité s'efforce de protéger ».

L'ANIRA précise, en outre, que « faute d'une institution nationale spécialisée et agréée en matière de sondages et de mesure d'audience selon des normes scientifiques unifiées en Algérie, les résultats et données diffusés ne peuvent être considérés comme des références fiables », alors qu'ils sont souvent utilisés pour justifier l'augmentation des tarifs des espaces publicitaires ou pour exercer une pression commerciale injustifiée sur les annonceurs.

À ce titre, « l'Autorité rappelle à l'ensemble des opérateurs de services de communication audiovisuelle, y compris ceux actifs sur Internet, les dispositions de l'article 41 du décret exécutif n°24-250, qui limitent l'annonce des taux d'audience ou d'écoute aux informations émanant d'institutions spécialisées et agréées ».

L'Autorité a également appelé les chaînes de télévision, les agences publicitaires et tous les acteurs à faire preuve «d'un esprit de responsabilité professionnelle, et de respecter les règles de transparence et d'intégrité dans l'activité publicitaire afin de préserver l'équilibre économique du secteur et de protéger les droits des annonceurs et du public».

L'ANIRA a enfin affirmé qu'elle «prendra, à la suite de ce communiqué, les mesures réglementaires nécessaires à l'encontre de toute infraction ou dépassement, que ce soit sur les écrans ou via les plateformes numériques relevant des opérateurs de services de communication audiovisuelle».