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Agression américano-sioniste: L'économie mondiale suspendue à la situation au Moyen-Orient

par Mohamed Mehdi

Lundi, les États-Unis et Israël poursuivent leur agression contre l'Iran pour le 10e jour consécutif. L'Iran, qui a élu son nouveau Guide suprême, en la personne de Mojtaba Khamenei, désigné comme successeur de son père Ali Khamenei, tombé en martyr dans d'intenses bombardements continue aussi sa riposte sur plusieurs fronts. Quant aux conséquences économiques de cette agression, elles continuent de s'aggraver.

Le FMI met en garde contre l'impact sur la croissance mondiale, et les ministres des Finances du G7 se réunissent pour discuter des mesures à prendre pour endiguer la hausse des prix du brut qui a dépassé la barre des 110 dollars le baril.

Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans, aura la lourde tâche de diriger la République islamique d'Iran qui fait face à la plus grave crise depuis ses 47 ans d'histoire.

Les responsables clés du système politico-religieux iranien ont annoncé leur allégeance à Mojtaba Khamenei. Le puissant Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), les forces armées et le président de la République, ont été les premiers à apporter leur soutien au nouveau guide.

Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, chargé de piloter la stratégie de sécurité de l'Iran depuis le lancement de l'offensive d'envergure américano-israélienne, a appelé à l'unité autour du nouveau guide suprême.

Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et d'autres responsables d'institutions religieuses (Hawza), des Conseils de discernement, de la Choura, de la Défense, ont également salué le choix porté sur Mojtaba Khamenei.

Entité sioniste : Un missile iranien à fragmentation fait plusieurs morts et blessés

Dans le cadre des représailles iraniennes suite aux frappes aériennes américaines et israéliennes menées depuis dix jours, un missile à fragmentation iranien a frappé le centre d'Israël faisant au moins 2 morts et plusieurs blessés, dont «trois dans état grave», a rapporté la chaine Al Araby TV.

Selon le site Israel Hayom, le missile s'est abattu à Bat Yam, au sud de Tel-Aviv. La 12e a fait état de la dispersion sur une vaste zone de 24 petites bombes, pesant chacune entre 2 et 5 kg.

En outre, le ministère israélien de la Santé a annoncé lundi, dans un communiqué, que le nombre de blessés lors de la riposte iranienne s'élevait à 2142, dont 142 toujours hospitalisés.

En outre, l'agence de presse bahreïnie a indiqué qu'un incendie s'est déclaré «dans une installation à Ma'ameer, causant des dégâts matériels, à la suite d'une attaque iranienne».

Les bombardements israéliens en Iran ont visé des «sites de lancement de missiles balistiques et des quartiers généraux des Forces de sécurité intérieure et des Bassidj» et une «usine de fabrication de moteurs de missiles et plusieurs sites de lancement de missiles balistiques à longue portée», a rapporté Al Jazeera citant une déclaration de l'armée sioniste.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqaei, a déclaré «des missiles et des avions de chasse américains nous attaquent depuis des pays voisins, menaçant la sécurité régionale».

Liban : Intenses bombardements de la banlieue sud de Beyrouth

Le ministère libanais de la Santé a fait état d'un bilan de 7 martyrs et 30 blessés, dans trois bombardements massifs au Sud-Liban. Les attaques ont visé la ville de Jouaya, dans le district de Tyr (3 martyrs et 16 blessés parmi les civils), et la ville de Yahmor al-Shaqif, dans le district de Nabatieh (2 martyrs et 6 blessées). La troisième attaque a fait 2 martyrs et 8 blessés, dont trois enfants, tous de nationalité syrienne, lors du ciblage d'un élevage de poulets dans la ville de Yahmor al-Shaqif, dans le district de Nabatieh.

Hier, l'armée israélienne a mené plusieurs frappes aériennes sur la banlieue sud de Beyrouth, mais également plusieurs localités du sud du pays comme la ville de Qouza.

En outre, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a déclaré, hier, qu'Israël avait utilisé le 3 mars dernier «des obus au phosphore blanc depuis les airs au-dessus d'habitations de la ville de Yahmar, dans le sud du Liban», a rapporté Al Jazeera. L'organisation rappelle que l'utilisation de phosphore blanc au-dessus de zones habitées est illégale au regard du droit international humanitaire.

Par ailleurs, le Hezbollah a continué sa riposte aux attaques israéliennes en visant plusieurs villes de la Palestine occupée et des colonies sionistes avec des missiles et des drones d'attaques, notamment sur Kiryat Shmona «à titre d'avertissement), ainsi que la région d'Al Jalil. Le Hezbollah libanais a également annoncé que ses combattants ont bombardé un «rassemblement de véhicules militaires et de soldats israéliens à Khallat al-Mahafir, près de la ville d'Adaysseh, dans le gouvernorat de Nabatieh».

La résistance libanaise a annoncé que ses combattants ont tendu, lundi, des embuscades à des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer au Sud-Liban. «Nous avons ciblé avec des missiles une force israélienne qui progressait depuis les hauteurs d'Aqaba, dans la ville frontalière de Markaba» et une autre qui avançait «depuis le quartier de Barsima, dans la ville frontalière de Rabaa al-Thalathin», a déclaré le Hezbollah.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des forces de sécurité israéliennes détruire des caméras de surveillance dans la rue pour empêcher que des attaques iraniennes soient partagées sur Internet. L'entité sioniste menace de prison à une peine de 5 ans toute personne qui partage des images des dégâts occasionnés par les missiles iraniens.

Le FMI met en garde contre l'impact de la guerre sur la croissance

Selon des propos rapportés par Al Jaezeera, Kristalina Georgieva, la Directrice générale du FMI a déclaré que «si la crise au Moyen-Orient persiste, elle pourrait affecter le moral des marchés, la croissance et l'inflation».

«Les installations pétrolières et gazières ont subi des dommages et des perturbations de production. Chaque hausse de 10% des prix du pétrole, si elle se maintient pendant la majeure partie de l'année, entraînera une hausse de l'inflation mondiale de 40 points de base», a-t-elle ajouté. «Dans ce contexte mondial, je conseille aux décideurs politiques d'anticiper l'imprévu et de s'y préparer», a souligne Georgieva. En outre, selon le Financial Times, les ministres des Finances du G7 discuteront d'une possible libération conjointe de pétrole provenant des réserves coordonnées par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), lors d'une réunion d'urgence lundi. Cette réunion vise à faire face à la flambée des prix du pétrole consécutive au conflit dans le Golfe.

Cette réunion intervient, explique FT, «alors que le président américain Donald Trump est sous pression pour enrayer la forte hausse du prix du pétrole brut observée depuis le début de la guerre», d'autant que le prix moyen de l'essence aux États-Unis «a atteint 3,45 dollars le gallon dimanche, contre 2,98 dollars la semaine précédente, et devrait continuer d'augmenter si Trump ne parvient pas à inverser la tendance».

Selon le journal, «certains responsables américains estiment qu'une libération conjointe de 300 à 400 millions de barils - soit 25 à 30% des 1,2 milliard de barils de la réserve - serait appropriée». «La Chine, l'Inde, la Corée du Sud, le Japon, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne figurent parmi les plus grands importateurs de pétrole brut, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux fluctuations des prix», explique encore FT.