
Les veillées ramadanesques
s'animent en ce mois sacré à Tiaret. Proposées par la maison de la culture et
des arts « Ali Maâchi », même les détenus ont droit à
des soirées animées au sein du centre pénitentiaire situé route de Sougueur.
En effet, un programme aussi riche que
varié a été concocté pour illuminer les longues nuits du mois béni. Le
quatrième art, connu pour être le violon d'Ingres pour de nombreux Tiarétiens, remonte sur les tréteaux à la faveur de
nombreuses pièces qui ont été produites ces derniers temps, au plus grand
bonheur des amoureux de l'art des planches. Vendredi dernier, le public
amoureux de l'art des planches, a eu droit à une pièce théâtrale « Qoumama », produite par la troupe « Sada
El Masrah ». Réalisé par le talentueux Mohamed Kamel Zendak sur un texte de Belarbi Khaled
et une scénographie de Saksi Abbas, la pièce jouée
par deux jeunes comédiens de talent, Boudlal Islam et
Raba Mohamed, met en lumière les contradictions de la société algérienne, en
montrant comment un geste qui fait partie de la vie quotidienne peut se
transformer en un message politique et philosophique lourd de sens. Le texte,
dans une dialectique créant une interaction entre le spectateur et le monde
théâtral, met en scène un agent de nettoyage en mouvement éternel autour des
poubelles et l'attitude figée de son interlocuteur, enfermé dans des
considérations abstraites sans réel attache avec la réalité crue vécue par le
citoyen lambda. Un humour noir qui met à nu les contradictions de la société,
entre vécu et circonvolutions cérébrales creuses. Cette belle prestation de la
troupe « Sada El Masrah »,
a été une autre occasion pour appeler à la relance du projet du théâtre
régional qui attend de voir le jour. L'ex-Tingartia
le mérite amplement. Parce qu'il Il faut croire que le théâtre s'éveille dans
la capitale des Hauts plateaux de l'ouest. Une belle soirée en somme dans une
salle émerveillée par la qualité du spectacle. Au fait, qui a dit qu'au
théâtre, tout est dans l'acte ?