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Agression américano-sioniste contre l'Iran: Les marchés énergétiques s'affolent

par Mohamed Mehdi

Lundi, 2 mars 2026, l'agression américano-sioniste contre l'Iran se poursuit pour le 3e jour consécutif. La riposte iranienne, qui a débuté dès les premières heures suivant l'attaque, continue sur plusieurs fronts.

D'abord sur le sol de la Palestine occupée ciblant des bâtiments du gouvernement, de l'armée et des services secrets israéliens, mais également des bases américaines et des résidences de soldats US dans plusieurs pays du Golfe, ainsi que des navires de guerre ou des pétroliers battant pavillon des Etats-Unis.

Les explosions à Téhéran et d'autres villes iraniennes, suite à de multiples vagues de bombardements américains et sionistes, ont été entendues à différents moments de la journée d'hier.

Vers 14h (localement) le correspondant d'Al Jazeera sur place, Abdel Fattah Fayyad, a rapporté une importante explosion qui a secoué le centre de la capitale iranienne, alors que des images montraient des panaches de fumée s'élevant du lieu de l'attaque. L'agence de presse iranienne Mehr a rapporté que plusieurs gardes-frontières ont été tués lors d'un bombardement d'un poste de garde-frontières naval dans le port de Jask.

Des médias iraniens ont également fait état de «deux explosions dans les villes de Nahavand et Hamadan, dans l'ouest du pays». L'agence de presse Tasnim a rapporté le martyr de «l'épouse du Guide suprême iranien, décédée des suites de ses blessures» après l'attentat ayant visé son époux.

Plus tôt dans la journée, le Croissant-Rouge iranien a publié le bilan des victimes depuis le début de l'agression américano-sioniste. La même source fait état de «555 personnes tuées depuis samedi dernier à travers le pays à la suite des attaques américano-israéliennes».

En outre, l'ambassadeur iranien auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a déclaré, lundi, que les États-Unis et Israël «ont ciblé les installations nucléaires de Natanz». Le directeur général de l'AIEA s'est empressé de dire que «rien n'indique que les installations nucléaires iraniennes aient été détruites ou endommagées».

Plusieurs vagues de missiles et drones iraniens ciblent l'entité sioniste

Depuis la nuit de dimanche à lundi, la riposte iranienne n'a presque pas arrêté. Des images diffusées par Al Jazeera ont montré des missiles s'écraser sur plusieurs régions de Tel-Aviv durant la nuit. Plusieurs vagues d'attaques iraniennes ont également visé des bâtiments dans les territoires palestiniens occupés, y compris la ville d'Al Quds.

A partir de Téhéran, Fatima Alsmadi, chercheuse jordanienne spécialiste de l'Iran, a fait état, très tôt sur la plateforme X (anciennement Twitter) de «l'entrée en scène de chasseurs «Khaibar Shaken» et «Sukhoi»«, avant de commenter : «La confrontation prend une dimension stratégique». Vers 12h (localement), elle annonce une «attaque en cours de missiles menée par les Gardiens de la révolution contre Israël».

De son côté, l'agence d'information Tasnim, citant les «Relations publiques au sein des Gardiens de la révolution» affirme que «les forces armées (iraniennes) ont ciblé le bureau du Premier ministre de l'entité criminelle et le site du commandant de l'armée de l'air israélienne par des attaques surprises et précises utilisant des missiles «Khaibar».

Trois chasseurs F-15 abattus et des soldats américains tués

La télévision iranienne a rapporté, citant le quartier général du Commandement unifié des forces armées iraniennes (Khatam al-Anbiya), la destruction d'un avion de chasse américain F-15 à la frontière koweïtienne.

Quelques heures plus tard, le Commandement unifié annonce un bilan plus lourd de trois chasseurs F-15 américains abattus par la défense aérienne iranienne. Le CENTCOM américain a confirmé l'information, avant de l'attribuer aux défenses aériennes du Koweït, précisant que les équipages s'étaient éjectés sains et saufs.

Trois soldats américains ont été tués dans les attaques iraniennes sur le Koweït. Selon CNN «le président Donald Trump a reconnu qu'il pourrait y avoir d'autres victimes américaines».

Dans le sud de la Palestine occupée, une frappe d'un missile iranien tiré sur Bir Sab'a, a fait au moins 17 blessés, a rapporté Al Jazeera.

Un haut responsable iranien a déclaré à Al Jazeera que les opérations «vers les territoires occupés vont s'intensifier en profondeur et en nature», ajoutant : «A l'avenir, nous nous efforcerons d'intercepter les navires liés à l'entité sioniste».

Vers 14h30, Al Jazeera rapporte le déclenchement des sirènes dans la baie de Haïfa, à Al Djalil, dans la vallée du Jourdain et à Tabariya.

Côté presse israélienne, le site «YNet News», du groupe Yediot Aharonot, a publié, à la mi-journée, des «instructions du commandement du front intérieur (applicables à l'échelle nationale)». Valables du «lundi 2 mars à 12h00 au mercredi 4 mars à 20h00», ces instructions annoncent l'interdiction totale des «activités éducatives, de divertissements, et professionnelles (...) sauf pour les services essentiels».

Flambée des prix du gaz naturel en Europe

L'agression américano-sioniste, à laquelle pourraient se joindre la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France, est en train d'aggraver les conséquences économiques mondiales.

Après la hausse de 50% des coûts des polices d'assurance pour les navires qui traversent la région, c'est au tour des prix du gaz naturel d'enregistrer une hausse fulgurante en quelques heures.

Dans la matinée de lundi, The Wall Street Journal (WSJ) a rapporté que les prix du gaz naturel ont augmenté d'environ 25% en Europe. Quelques heures après, les prix du gaz s'envolent de 50% après la décision du Qatar de la suspension de sa production de GNL. Qatar Energy a annoncé, hier, la suspension de sa production de gaz naturel liquéfié (GNL) suite à une attaque militaire contre ses installations de Ras Laffan et Mesaieed, au Qatar.

Cette importante hausse des prix du gaz naturel intervient aussi après celle des cours du brut qui ont augmenté d'au moins 7% en une journée passant à 72 dollars le baril à la reprise des échanges dimanche soir, écrit WSJ. Les deux ont été également impactées par l'arrêt du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz depuis dimanche.

The Wall Street Journal n'exclut pas une hausse à la pompe des prix de l'essence aux Etats-Unis.

Par ailleurs, selon Al Jazeera, la compagnie Gulf Keystone Oil Company a également annoncé la suspension de ses activités sur le champ de Shaikan, au Kurdistan irakien, par mesure de précaution en raison du conflit en cours.