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Ghaza: Des milliers de tentes de déplacés inondées

par Mohamed Mehdi

Mardi, 135e jour du cessez-le-feu, Israël continue ses violations de l'accord de Charm Al-Cheikh, faisant des centaines martyrs et davantage de blessés depuis la signature du « plan de paix », dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

Dans son rapport statistique publié hier, le ministère de la Santé a fait état de 7 blessés à la suite des attaques israéliennes survenues lors des précédentes 24h (lundi).

Le bilan des victimes, depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025 (respecté uniquement par la partie palestinienne), passe ainsi à 615 martyrs et 1.658 blessés, ainsi que 726 corps retirés des décombres. Le nombre cumulé des victimes du génocide israélien à Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, passe à 72.073 martyrs et 171.756 blessés.

Mardi, l'armée génocidaire israélienne a ciblé un groupe de citoyens palestiniens dans la région de Beit Lahia, dans le nord de la bande de Ghaza. L'agence palestinienne Wafa a rapporté que l'attaque a fait un martyr et plusieurs blessés à la suite d'une attaque menée par un drone israélien.

Appels de détresse

Les pluies torrentielles enregistrées lundi et mardi « ont inondé des milliers de tentes de personnes déplacées dans la bande de Ghaza », a indiqué Wafa.

L'agence palestinienne Shehab News a rapporté, pour sa part, que la Protection civile du gouvernorat de Rafah a reçu plusieurs appels de détresse dans la nuit de lundi à mardi, concernant des inondations de tentes appartenant à des personnes déplacées, suite aux fortes pluies.

« Plusieurs familles dont les tentes avaient été inondées ont été secourues dans la zone d'al-Mawasi, à Khan Younes, dans le sud de la bande de Ghaza », affirme encore l'organisation, rappelant que des « milliers de personnes déplacées dans la bande de Ghaza vivent dans des tentes totalement délabrées, privées des biens de première nécessité », en raison du « refus persistant » de l'occupation israélienne d'autoriser l'entrée des caravanes et des abris temporaires.

Cité par Shehab News, le maire de Khan Younes, Alaa al-Din al-Batta, a déclaré que « les récentes pluies ont une fois de plus mis en lumière la situation humanitaire catastrophique des habitants de la ville, à l'instar d'un contexte déjà très difficile dans l'ensemble de la bande de Ghaza ». Il a également expliqué que la distribution de tentes et de l'aide humanitaire aux personnes sinistrées « a considérablement ralenti », aggravant les souffrances de milliers de familles.

Il a affirmé que la municipalité, en coopération avec diverses institutions, s'efforce de trouver des solutions alternatives et d'urgence pour atténuer la gravité de la crise.

La pénurie d'eau atteint 90% des besoins dans la ville de Ghaza

L'agence de presse Shehab a également rapporté les propos de Tariq Shehab, ingénieur responsable du service des eaux de la municipalité de Ghaza, qui a déclaré que la crise de l'eau potable dans la ville « continue de s'aggraver », atteignant « environ 90% des besoins quotidiens d'avant-guerre ».

Tariq Shehab a également expliqué que la municipalité « tente d'atténuer la crise en exploitant ses propres puits afin de fournir un minimum de quantités d'eau à certains quartiers de la ville », précisant que les équipes municipales « attendent toujours l'autorisation d'accéder aux zones orientales de Ghaza pour inspecter et réparer la conduite Mekorot ».

L'intervenant a ajouté que la municipalité a un besoin urgent de quantités de ciment, de tuyauterie et d'autres matériaux nécessaires à la maintenance, ainsi que des machines, des pièces de rechange et des pompes ». Il a souligné que l'occupation continue de restreindre l'acheminement de matériaux pour la réparation des infrastructures dans la bande de Ghaza, ainsi que l'aide humanitaire et le carburant.

L'agence Shehab News rappelle que des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch et Oxfam, accusent l'occupation israélienne d'utiliser l'eau comme une arme en empêchant les habitants de Ghaza d'accéder aux quantités minimales de survie (15 et 20 litres par jour) recommandée par l'OMS, considérant que de telles pratiques pourraient constituer un génocide au regard du droit international.

Un rapport publié par le Bureau central palestinien des statistiques et l'Autorité palestinienne de l'eau, indique une chute de 97% de la disponibilité de l'eau potable par habitant, passant de 84,6 litres par jour avant la guerre à seulement 3 à 15 litres actuellement, rapporte la même source. Les données indiquent que la quantité disponible aujourd'hui ne représente pas plus de 10 à 20% de l'approvisionnement total de Ghaza avant la guerre génocidaire israélienne.