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Ghaza: Les crimes de guerre israéliens n'épargnent personne

par Mohamed Mehdi

Vendredi, 720e jour de l'agression sioniste contre la population civile de Ghaza et 207e jour du siège total de l'enclave, l'armée génocidaire d'Israël poursuit ses massacres contre les femmes, les enfants, et les personnes à la recherche d'aides alimentaires.

Le rapport statistique publié, hier, par le ministère de la Santé, fait état de 189 victimes lors des précédentes 24h (jeudi), dont 47 martyrs et 142 blessés transférés vers les hôpitaux de Ghaza, précisant qu'un certain nombre de victimes est encore dans les rues ou sous les décombres et que les services des ambulances et de la protection civile ne peuvent pas atteindre en raison des bombardements. Le bilan des victimes depuis le 7 octobre 2023 passe à 65.549 martyrs et 167.518 blessés. Quant au bilan des victimes depuis la rupture unilatérale du cessez-le-feu par Israël et la reprise des bombardements, le 18 mars 2025, il passe à 12.956 martyrs et 55.477 blessés, ajoute le ministère.

Pour la catégorie de victimes parmi les demandeurs d'aide alimentaire, le document rapporte également que les tirs des soldats de l'armée d'occupation et des mercenaires américains de la Fondation «GHF» ont fait, lors des précédentes 24 heures, 5 martyrs et 33 blessés, portant le nombre total à 2.543 martyrs et 18.614 blessés.

Humanitaires ciblés à Ghaza

Les crimes de guerre israéliens n'épargnent personne à Ghaza, même une psychologue qui travaillait avec une humanitaire, tuées avec ses enfants, a déclaré, jeudi, l'organisation caritative britannique Oxfam, faisant état de la destruction de locaux, dont une clinique, de partenaires locaux.

«Oxfam est profondément choqué et pleure la mort de Tasneem, 27 ans, et de ses deux enfants, Sham (5 ans) et Suleiman (3 ans), tués lors d'une frappe aérienne israélienne le (samedi) 20 septembre. Tasneem était psychologue auprès de l'organisation partenaire d'Oxfam, Juzoor for Health and Community Development», annonce l'organisation dans un communiqué. «Tasneem était enceinte au moment de sa mort et avait déjà perdu son fils Muslam lors d'une précédente attaque l'an dernier. Son mari reste grièvement blessé à la suite de cette dernière attaque», précise la même source.

Les locaux de deux autres partenaires d'Oxfam ont été détruits lors d'attaques de l'armée Israël. Lundi, 22 septembre, «les bureaux d'Al Ataa, une association de femmes qui œuvre pour l'autonomisation et la protection des groupes vulnérables, ainsi qu'une clinique de la Palestinian Medical Relief Society (PMRS), ont été détruits», affirme encore Oxfam. Deux jours plus tard, une autre attaque a ciblé «le siège administratif et principal centre médical de la PMRS qui a été rasé par Israël, portant à dix le nombre total de centres PMRS détruits : neuf dans le nord de Ghaza et un à Khan Younis, dans le sud», ajoute le communiqué.

Pour Ruth James, coordinatrice humanitaire régionale d'Oxfam pour la région MENA, «ce ne sont là que quelques exemples parmi les centaines d'attaques contre des travailleurs humanitaires tués chez eux ou dans l'exercice de leurs fonctions durant l'offensive quasi ininterrompue d'Israël sur Ghaza depuis près de deux ans, toutes commises en toute impunité». «Israël doit être tenu responsable des près de 1600 meurtres confirmés de travailleurs humanitaires et de santé depuis le début de la guerre», a ajouté Ruth James.

Liens avec les colonies sionistes : L'ONU ajoute 68 entreprises à sa liste noire

Un nouveau rapport des Nations Unies, publié vendredi, a ajouté 68 entreprises supplémentaires à une liste noire d'entreprises de 11 pays pour complicité de violations des droits humains des Palestiniens par leurs liens avec les colonies sionistes en Cisjordanie occupée.

Le document a été soumis au Conseil des droits de l'homme en application de la résolution 31/36 du Conseil, intitulée «Colonies de peuplement israéliennes dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé», et de la résolution 53/25 du Conseil, intitulée «Application de la résolution 31/36 du Conseil des droits de l'homme», indique le communiqué de l'ONU. Cette nouvelle liste vient s'ajouter à celle adoptée en février 2020, portant ainsi à 158 le nombre total d'entreprises et après le retrait de 7 autres figurant dans l'ancienne liste. Si la majorité des 158 entreprises sont israéliennes, les autres proviennent des États-Unis, du Canada, de Chine, de Grande-Bretagne, de France, d'Allemagne, d'Espagne, du Portugal, des Pays-Bas et du Luxembourg. Parmi les 68 nouvelles entreprises, figurent l'entreprise allemande de matériaux de construction Heidelberg Materials, le fournisseur portugais de systèmes ferroviaires Steconfer et la société espagnole d'ingénierie des transports Ineco, ou encore les sociétés américaines du secteur des voyages : Expedia, Booking Holdings et Airbnb. Selon les termes de la résolution 31/36, les «activités répertoriées» concernent, entre autres, la fourniture : «d'équipements et de matériaux facilitant la construction et l'expansion des colonies…», «matériel de surveillance», «équipements de démolition», les «opérations bancaires et financières contribuant au développement des colonies», «l'utilisation des ressources naturelles, notamment l'eau et les terres, à des fins commerciales», «la pollution et le déversement ou le transfert de déchets dans les villages palestiniens».