Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Ghaza: Le veto américain, un «feu vert au génocide israélien»

par Mohamed Mehdi

Samedi 714e jour de l'agression sioniste contre la population civile de Ghaza et 201e jour du siège total de l'enclave, l'armée génocidaire d'Israël poursuit ses massacres contre les femmes, les enfants, et les personnes à la recherche d'aide alimentaire. Le rapport statistique publié, hier, par le ministère de la Santé, fait état de 234 victimes lors des précédentes 24h (vendredi), dont 34 martyrs et 200 blessés transférés vers les hôpitaux de Ghaza, précisant qu'un certain nombre de victimes est encore dans les rues ou sous les décombres et que les services des ambulances et de la protection civile ne peuvent pas atteindre en raison des bombardements. Le nouveau bilan passe 65.208 martyrs et 166.271 blessés, le nombre total de victimes palestiniennes depuis le 7 octobre 2023.

Quant au bilan des victimes depuis la rupture unilatérale du cessez-le-feu par Israël et la reprise des bombardements, le 18 mars 2025, il passe à 12.653 martyrs et 54.230 blessés, ajoute le document. Dans les centres de la Fondation « GHF », l'armée d'occupation et les mercenaires américains continuent de tuer des demandeurs d'aide alimentaire faisant 4 martyrs et 18 blessés, lors des précédentes 24h, portant le nombre total des victimes parmi les demandeurs d'aide alimentaire à 2.518 martyrs et 18.449 blessés.

Le ministère de la Santé a également annoncé le décès de 2 personnes affamées, dont un enfant, portant le nombre total de victimes de la famine et de la malnutrition imposées par Israël avec le soutien des Etats-Unis à 442 martyrs, dont 147 enfants.

Le directeur de l'hôpital pour enfants du Complexe médical Nasser à Ghaza a déclaré à Al Jazeera que ses services ont reçu des « patients en très mauvais état de santé en raison de la famine ».      «Le danger de la malnutrition réside aussi dans ses répercussions catastrophiques pour l'avenir des personnes affamées, en affectant négativement les capacités mentales des enfants, même s'ils se rétablissent », a-t-il expliqué. Samedi, des sources hospitalières ont indiqué à Al Jazeera que les bombardements israéliens ont fait « 51 martyrs, dont 43 dans la ville de Ghaza », depuis l'aube jusqu'aux environ de 13h (localement).

Un porte-parole de la Protection civile a déclaré à Al Jazeera « les bombardements et les tirs des forces d'occupation ciblent tout rassemblement de citoyens dans la ville de Ghaza ».

Amnesty International: une campagne d'extermination sans précédent à Ghaza

Réagissant au veto américain de jeudi dernier au projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU exigeant un cessez-le-feu immédiat à Ghaza, la levée de toutes les restrictions à l'entrée de l'aide humanitaire, et la libération inconditionnelle de tous les otages, la secrétaire générale d'Amnesty International, Agnès Callamard, a déclaré que la décision américaine aura des conséquences « particulièrement dévastatrices » et un « feu vert au génocide israélien contre les Palestiniens à Ghaza ».

« Pour la sixième fois, les États-Unis ont opposé leur veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU visant à mettre fin aux souffrances insupportables de plus de deux millions de Palestiniens à Ghaza qui luttent pour survivre au génocide israélien qui se déroule cruellement sous les yeux du monde entier. Il est moralement répréhensible qu'au lieu d'user de leur influence pour mettre un terme à l'interminable catalogue d'horreurs, les États-Unis aient – une fois de plus – abusé de leur droit de veto pour donner le feu vert au génocide israélien contre les Palestiniens à Ghaza », a déclaré Mme Callamard, considérant qu'il appartient désormais à l'Assemblée générale de « prendre des mesures décisives ».

Pour la SG d'Amnesty International, les conséquences du veto « sont particulièrement dévastatrices » pour les habitants de la ville de Gaza, « où Israël a lancé une campagne d'extermination sans précédent » poussant « brutalement des centaines de milliers d'habitants vers des zones dangereuses et inhospitalières » au sud de l'enclave.

La déclaration ajoute que ce veto est « d'autant plus répréhensible » qu'il intervient « deux jours seulement après la publication par la Commission d'enquête indépendante des Nations Unies (COI) d'un rapport concluant que les autorités et les forces israéliennes commettent un génocide contre les Palestiniens de Ghaza ». Amnesty souligne que « l'histoire ne pardonnera pas aux États-Unis d'avoir fait front seul face à la communauté internationale, d'avoir encouragé Israël dans son génocide en cours contre les Palestiniens de Ghaza et d'avoir encore davantage érodé un système juridique mondial fragile censé protéger les droits humains, mais dont les normes et la légitimité même ont été anéanties par l'impunité généralisée et le mépris du droit international ».

Par ailleurs, cité par Al Jazeera, l'Expert indépendant sur l'ordre international (de l'ONU) a déclaré qu'« Israël viole le droit international et commet un génocide à Ghaza sans être tenu responsable ». « Israël a franchi les lignes rouges et le veto américain l'aide à échapper à la responsabilité. Il faut envisager de suspendre l'adhésion d'Israël aux Nations Unies en raison de son génocide », a-t-il ajouté, appelant « les pays à ne pas reconnaître tout changement sur le terrain en Cisjordanie et à Al-Quds ».