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Qualifiant sa position à l'égard de l'Algérie de manœuvre de diversion: Ségolène Royal fustige le Président français
par A. Z. La lettre du président
Macron, envoyée à son Premier ministre, dévoilée le 6 août par un média
français, dans laquelle il réclame à son gouvernement «plus de fermeté et de
détermination» face à l'Algérie, n'a pas eu l'impact souhaité sur le plan
interne. De quelque côté qu'on la prenne, la manœuvre politique se retourne
contre. Au sein de la classe politique française, la droite et l'extrême-droi te, largement représentée au sein du gouvernement
n'arrivent pas à saisir son sens, tant les représentants de cette classe
politique ont orienté leur boussole de leur propre chef dans le sens de ce que
réclame le président français dans sa lettre. Il y en a même parmi cette
tendance qui, saisissant cette sortie du président qui verse dans le même
courant de leur navigation, veulent le pousser à aller plus loin encore,
estimant que les mesures auxquelles appelle la lettre du président «sont encore
bien trop faibles». Alors que du côté de la gauche, on ne pouvait que
s'attendre à une dénonciation de cette voie qu'on n'a pas cessé de rejeter à la
face des extrémistes ces derniers mois. Dans ce sillage, fidèle à ses positions
sur ce dossier des relations entre l'Algérie et la France, l'ancienne ministre
française, Ségolène Royal, a fustigé le Président Emmanuel Macron dans la
politique menée envers l'Algérie, dénonçant notamment sa «carte polémique» dans
la gestion des relations entre les deux pays. Dans un message publié vendredi
soir sur les réseaux sociaux, Ségolène Royal a dénoncé les dernières sorties
d'Emmanuel Macron à l'égard de l'Algérie comme une «diversion» visant à «détourner
l'attention des graves enjeux internes auxquels la France fait face, notamment
les incendies dévastateurs dans l'Aude et les carences de la sécurité civile».
«Donc la carte polémique avec l'Algérie est ressortie, comme à chaque fois
qu'il faut faire diversion, pour que nous regardions ailleurs:
Incendies terribles dans l'Aude et l'on découvre la grave négligence des
promesses non tenues sur les équipements avion et la baisse énorme du budget de
la sécurité civile», a-t-elle souligné. Elle dénonce ainsi l'incapacité du
gouvernement à répondre efficacement à des crises internes majeures, préférant
se focaliser sur des tensions diplomatiques. Et, elle ne s'arrête pas à ce
stade. Elle alerte également sur une «rentrée sociale à hauts risques» et
l'absence de mesures concrètes pour prévenir une nouvelle explosion sociale
dans un pays déjà fragilisé par des conflits sociaux persistants. L'ancienne
ministre a également dénoncé dans son message la gestion des relations
diplomatiques «avec un pays majeur de la région», accusant le Président
français d'avoir confié ce dossier à un ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, perçu comme nostalgique de la colonisation et
qui incarne des «postures destructrices». Jugeant que cette gestion est
d'autant plus problématique que Retailleau est un
défenseur de la loi de Nicolas Sarkozy sur «les bienfaits de la colonisation»,
elle fait constater que le tout «est incompatible avec les intérêts à long
terme de la France». «Avoir confié les relations avec l'Algérie à quelqu'un qui
défend ce type de loi, c'est une erreur fondamentale», insiste-t-elle. «On veut
du sérieux, du maîtrisé et du respect et de la compétence. Et au sujet de
l'Algérie, pour rétablir de bonnes relations, il faudrait se poser cette question: avoir confié les relations diplomatiques avec ce
grand pays à un ministre de l'Intérieur nostalgique de la colonisation et qui a
voté et défendu la loi indigne de Sarkozy sur «les bienfaits de la
colonisation», est-ce compatible avec les intérêts de la France, quand on sait que
par définition aucune solution n'en sortira, que des postures destructrices»,
conclut Mme Royal dans son message.
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