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Ghaza: L'entité sioniste veut provoquer un changement démographique permanent

par Mohamed Mehdi

Lundi, 591e jour de l'agression sioniste et 79e jour de blocus humanitaire total, l'armée génocidaire d'Israël intensifie ses massacres contre la population civile de Ghaza.

Le bilan statistique quotidien du ministère palestinien de la Santé publié hier, indique que le nombre de victimes arrivés dans les hôpitaux, durant la journée les précédentes 24 heures s'est élevé à 136 martyrs et 364 blessés.

Ce bilan porte le nombre de victimes à 53.486 martyrs et 121.398 blessés, depuis le début de l'agression contre Ghaza, et à 3.340 martyrs et 9.357 blessés depuis la reprise des bombardements le 18 mars 2025.

Hier, l'aviation sioniste a bombardé «l'entrepôt des réactifs, de solutions et de fournitures médicales à l'intérieur du complexe médical Nasser», a annoncé le ministère de la Santé.

A 14h, le nombre de victimes des bombardements sionistes depuis l'aube avait atteint 46 martyrs et des dizaines de blessés dans plusieurs régions de Ghaza, rapporte Al Jazeera citant des sources médicales.

Pour le Bureau des droits de l'homme des Nations Unies (OCHA), «l'escalade des attaques israéliennes à Ghaza force les habitants à fuir sous les bombardements», dans une «tentative claire de provoquer un changement démographique permanent».

«La volonté d'Israël de provoquer un changement démographique permanent à Gaza équivaut à un nettoyage ethnique», affirme encore l'OCHA.

Dimanche, dans une publication sur la plateforme X, le commissaire général de l'UNRWA, Philippe Lazzarini, a fait état d'un bilan de «300 morts parmi le personnel» de l'agence depuis le 7 octobre 2023. «Tout au long de cette guerre, l'une des informations les plus alarmantes que je reçois régulièrement concerne le nombre de morts parmi le personnel de l'UNRWA. Aujourd'hui, ce bilan a dépassé le cap effroyable des 300 morts», écrit Lazzarini, précisant que la «grande majorité ont été tués par l'armée israélienne avec leurs enfants et leurs proches. Des familles entières ont été anéanties».

«Plusieurs ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions, au service de leurs communautés. Les victimes étaient principalement des agents de santé et des enseignants des Nations Unies, qui soutenaient leurs communautés» a-t-il expliqué, appelant à ce que les responsables de ces massacres «rendent des comptes».

Echec d'une opération commando israélienne à Khan Younes

Un commando des forces spéciales israéliennes a assassiné Ahmed Sarhan, un chef des Brigades Nasser Salah Eddine, la branche militaire des Comités de résistance populaire (un des principaux acteurs populaires de la seconde Intifada en 2000), à Khan Younes, dans le sud de la bande de Ghaza.

L'opération est un échec puisque initialement elle devait mener au kidnapping du martyr Ahmed Sarhan (44 ans), explique un communiqué des Brigades Nasser Salah Eddine. « Le commandant Ahmed Kamel Sarhan, officier des opérations spéciales des brigades, est tombé en martyr après avoir participé à un affrontement héroïque contre les forces spéciales sionistes», confirme le communiqué.

Cité par Al Jazeera, le journal israélien Yedioth Ahronoth a confirmé «l'échec de l'opération spéciale», expliquant que « l'objectif était d'arrêter le dirigeant palestinien pour l'interroger et de lui soutirer des informations sur les prisonniers israéliens à Ghaza».

Selon Al Jazeera, citant des sources sécuritaires et des témoins oculaires l'opération a eu lieu «lundi à 6 heures du matin», par des «raids aériens intensifs et simultanés sur plusieurs zones de Khan Younes», afin de couvrir «l'infiltration du bus transportant le commando de forces spéciales israéliennes, composé de 9 membres déguisés en femmes». Déjà utilisée auparavant, cette manière de faire a suscité l'attention des combattants des Brigades Nasser Salah Eddine qui «ont immédiatement engagé des affrontements directs avec l'unité des forces spéciales».

Les Brigades ont déclaré dans un communiqué que le martyr Sarhan « s'est engagé dans un affrontement héroïque avec une force des forces spéciales sionistes qui tentait de l'arrêter à son domicile à Khan Younes», confirmant l'échec de l'opération.

Sous un feu nourri, notamment des bombardements aérien, le bus a pris la fuite après avoir kidnappé la femme et l'enfant de Ahmed Sarhan pour les utiliser comme boucliers humains pour se retirer des lieux.