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Le président du Hamas dans
la bande de Ghaza et le Chef de la délégation de
négociation, Dr Khalil Al-Hayya, a annoncé dimanche,
que le mouvement a accepté de «libérer le soldat Edan
Alexander, ayant la double nationalité américaine et israélienne», dans le
cadre des « efforts visant à parvenir à un cessez-le-feu, à ouvrir les points de
passage et à permettre à l'aide et aux secours d'atteindre notre peuple dans la
bande de Ghaza ».
Cette décision, explique Al-Hayya, a été prise «dans le cadre des efforts déployés par nos frères médiateurs pour parvenir à un cessez-le-feu» et des contacts directs entre le Hamas et l'administration américaine «au cours des derniers jours». «Le mouvement affirme sa volonté d'entamer immédiatement des négociations intensives et de déployer des efforts sérieux pour parvenir à un accord final visant à mettre fin à la guerre, à échanger des prisonniers par consentement mutuel et à administrer la bande de Ghaza par un comité indépendant et professionnel, garantissant ainsi le calme et la stabilité pendant de nombreuses années, ainsi que la reconstruction et la fin du blocus», affirme encore le chef du Hamas. Au lendemain de cette décision, Abou Obeida, le porte-parole des Brigades Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, a annoncé, sur la plateforme Telegram, que la libération du soldat sioniste de nationalité américaine, Edan Alexander, allait avoir lieu le jour même (lundi 12 mai 2025). Al Jazeera, citant des médias israéliens, a affirmé qu'après sa libération, prévue à Khan Younes, «Edan Alexander devait se rendre au Qatar, où il rencontrerait l'émir du Qatar et le président américain». Lundi, 584e jour de l'agression sioniste et 72e jour de blocus humanitaire total, l'armée sioniste poursuit ses massacres contre la population civile de Ghaza. Le nouveau bilan statistique quotidien du ministère palestinien de la Santé de l'enclave, publié hier, indique que le nombre de victimes de la barbarie israélienne durant les précédentes 24h (dimanche) est passé à 33 martyrs (dont 4 corps retrouvés sous les décombres) et 94 blessés, portant le nombre global des victimes depuis le 7 octobre 2023 à 52.862 martyrs et 119.648 blessés. Le document ajoute que le nombre de victimes recensées depuis la reprise des bombardements, le 18 mars dernier, s'élève à 2.749 martyrs et 7.607 blessés. Insécurité alimentaire «La bande de Ghaza est toujours confrontée à un risque critique de famine dans un contexte de conflit et de blocus humanitaire persistants», selon une nouvelle édition de la «classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire» (IPC), publiée lundi. «L'ensemble de la population est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë de haut niveau, un demi-million de personnes (une personne sur cinq) étant menacées de famine», indique l'IPC qui note que «plus de 60 jours se sont écoulés depuis que toute aide humanitaire et tout approvisionnement commercial ont été bloqués sur le territoire (de Ghaza)». «Du 11 mai à fin septembre 2025, l'ensemble du territoire est classé en situation d'urgence (Phase 4 de l'IPC), et la totalité de la population devrait être confrontée à une situation d'insécurité alimentaire aiguë de crise, voire pire (Phase 3 ou supérieure de l'IPC)», ajoute le document. Pas moins de «470.000 personnes (22% de la population de Ghaza) (sont) en situation de catastrophe (Phase 5 de l'IPC)», et «plus d'un million de personnes (54%) en situation d'urgence (Phase 4 de l'IPC)», alors que «le demi-million restant (24%) (est) en situation de crise (Phase 3 de l'IPC)» précise la même source. Il s'agit, relève le document, d'une «détérioration significative» depuis «la précédente analyse IPC (publiée en octobre 2024)» et en raison des «conditions déjà désastreuses détectées entre le 1er avril et le 10 mai 2025». «Durant cette période, 1,95 million de personnes (93%) étaient classées en situation de crise ou pire (phase 3 ou supérieure de l'IPC), dont 244.000 personnes (12%) en phase 5 de l'IPC (catastrophe) et 925.000 (44%) en phase 4 de l'IPC (urgence)», rappellent encore les rédacteurs de l'analyse. «Entre le 1er avril et le 10 mai, la malnutrition aiguë (MAA) atteignait des niveaux d'alerte et de gravité (phases 2 et 3 de l'IPC). Cependant, l'expérience a montré que la malnutrition aiguë peut s'aggraver rapidement» ( ) et que la MAA «atteindra probablement des niveaux critiques (phase 4 de l'IPC), entre le 11 mai et fin septembre, dans les gouvernorats de Ghaza-Nord, de Ghaza et de Rafah». Réagissant à la publication de ces nouvelles données, l'organisation Oxfam a dénoncé «le silence sur la famine à Ghaza», qualifiant l'attitude de «complicité». «La famine à Ghaza est délibérée et planifiée, et a créé le plus grand bloc de population au monde confronté à la famine. Notre personnel à Ghaza voit des familles souffrant de la faim et des enfants mal nourris et si faibles qu'ils ne peuvent pas pleurer», ajoute Oxfam. |
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