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Déplacement forcé de 40.000 Palestiniens : L'entité sioniste intensifie son agression en Cisjordanie
par Mohamed Mehdi Lundi
37e jour de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, Ghaza
continue de compter ses martyrs et en enregistre de nouveaux. Dans son bilan
statistique publié hier, le ministère de la Santé a indiqué que le nombre de
victimes du génocide israélien a atteint 48.346 martyrs et 111.759 blessés. Ce
nouveau bilan comprend 7 martyrs, dont 5 corps retrouvés sous les décombres et
2 nouveaux martyrs, ainsi que 6 blessés enregistrés durant les précédentes 24
heures.
L'entité sioniste continue de transgresser les termes de l'accord de cessez-le-feu. Les 620 Palestiniens qui devaient quitter les geôles de l'occupation samedi dernier, le jour de la libération de 6 Israéliens à Ghaza, sont toujours maintenus en otage. En outre, à Ghaza, l'armée d'occupation continue de cibler des Palestiniens et de détruire le peu qui reste de leurs habitations. Hier, le correspondant d'Al Jazzera a rapporté que des bâtiments résidentiels ont pris feu à la suite de tirs de chars et de drones israéliens près de la place Al-Awda, dans le centre de Rafah. Et comme d'habitude, aucune voix internationale ne rappelle à l'entité sioniste la nécessité de respecter ses engagements, ni ne condamne les propos du député sioniste, Nissim Vaturi qui considère que «tous les adultes à Ghaza ne sont pas innocents et devraient être tués». A Ghaza, malgré des circonstances très difficiles, un retour progressif à l'enseignement et aux activités pédagogiques, après la perte de l'année scolaire 2023-2024 et, déjà, la moitié de la suivante (2024-2025). Le ministère de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur a annoncé, dimanche, la reprise progressive de l'enseignement dans la bande de Ghaza dans des dizaines de points d'enseignement, malgré la destruction généralisée de son siège et des écoles de l'enclave assiégée. «A la lumière des circonstances exceptionnelles que traverse l'enclave, la nouvelle année universitaire 2024/2025 commence malgré les graves défis imposés par la guerre génocidaire à Ghaza, les destructions massives qu'elle a provoquées et la grande pénurie de ressources et de capacités», lit-on dans le communiqué. Les responsables du ministère affirment qu'ils sont «pleinement conscients des difficultés auxquelles sont confrontés nos élèves et nos enseignants», mais affirment leur «plein engagement à garantir le droit à l'éducation pour tous nos enfants, que ce soit à travers les écoles existantes ou celles qui ont été restaurées et équipées, ou à travers les écoles alternatives et les points éducatifs qui ont été créés dans de nombreuses régions», ajoute la même source. Pour les élèves qui n'ont pas pu atteindre ces écoles pour «recevoir un enseignement en présentiel», le ministère affirme qu'il offrira «la possibilité d'un enseignement à distance», à travers «les plateformes virtuelles Teams et Wise School», afin d'assurer la «poursuite de leur parcours éducatif». En outre, le ministère appelle les institutions internationales concernées par les droits de l'homme, notamment le droit à l'éducation, à accomplir leur devoir envers le secteur éducatif, et à faire pression sur l'occupation pour permettre l'entrée des matériaux de reconstruction, de la papeterie, du mobilier scolaire et de bureau, et de tous les matériaux nécessaires au secteur éducatif». La résistance répond Les forces d'occupation israéliennes poursuivent leur agression généralisée dans plusieurs villes de Cisjordanie occupée. Après l'entrée, dimanche, des chars pour la première fois depuis 23 ans à Jénine, l'armée d'occupation a pris d'assaut la ville d'Al Khalil et de Ramallah, a mené des opérations de destruction à Qabatiya et dans le camp de Nour Shams. Le Bureau d'information des prisonniers a rapporté que les forces d'occupation ont arrêté les deux frères Muhannad et Izz Aqouba après avoir perquisitionné leur domicile lors de leur assaut sur la rue Al-Mamoun, dans la ville de Nablous. «Après le déplacement forcé de 40.000 Palestiniens dans le nord de la Cisjordanie, l'armée sioniste a annoncé l'évacuation des camps de Jénine et de Tulkarem et l'interdiction pour les Palestiniens d'y retourner», selon l'agence Palestine Infos. En outre, selon Al Jazeera, la municipalité de Jénine a fait état de la «démolition totale de 120 maisons, ainsi que des dizaines de maisons et d'installations partiellement endommagées à l'intérieur du camp de Jénine» par les forces d'occupation sionistes qui continuent leurs vastes campagnes d'arrestation dans le camp et dans les villages du gouvernorat. Par ailleurs, le Comité du camp Nour Shams à Tulkarem a fait état de la «démolition de plus de 10 maisons depuis le début de l'agression il y a environ un mois» et de l'expulsion d'environ 9.000 citoyens. Le Club des prisonniers palestiniens a rapporté, hier lundi, que les forces d'occupation israéliennes ont arrêté 365 Palestiniens des gouvernorats de Jénine et de Tulkarem depuis le début de l'agression actuelle, dans le nord de la Cisjordanie occupée. La résistance palestinienne a, de son côté, mené plusieurs opérations en faisant exploser des engins lors de l'assaut des forces d'occupation contre la ville de Silat al-Harithiya, à l'ouest de Jénine. Les Brigades Al-Qods (bataillon de Jénine) ont annoncé hier matin que leurs combattants «ont pu faire exploser une bombe sur une patrouille militaire à l'entrée de Silat al-Harithiya et faire des victimes confirmées», ajoutant aussi que de violents combats ont eu lieu dans la même zone. Amnesty : l'Europe «doit cesser de soutenir le génocide» «Lundi 24 février, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) accueilleront Gideon Sa'ar, ministre israélien des Affaires étrangères, à Bruxelles à l'occasion du Conseil d'association UE-Israël», a déclaré Amnesty International (AI) dans un communiqué rendu public dimanche. Le communiqué note que c'est «la première fois» que les dirigeants de l'UE «recevront le ministre des Affaires étrangères d'un État dont le Premier ministre et l'ancien ministre de la Défense sont visés par des mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité». Tout en appelant l'UE à ne pas dérouler le «tapis rouge» à Gideon Sa'ar, Amnesty estime que les discussions sur les «futures relations» avec Israël «devraient avant tout insister sur la nécessité de traduire en justice Benjamin Netanyahu et Yoav Gallant devant la CPI pour leurs crimes présumés, ainsi que sur le respect du droit international par Israël et la fin de l'apartheid». «Les dirigeants de l'UE doivent faire passer leurs engagements en faveur du droit international, des droits humains et de la CPI avant des conférences diplomatiques soigneusement chorégraphiées avec Israël», a déclaré Eve Geddie, directrice du Bureau européen d'Amnesty International. Le communiqué d'AI dénonce également le «silence honteux de l'UE face aux menaces pesant sur la CPI, et l'absence de mesures d'atténuation concrètes qu'elle aurait déjà dû prendre en urgence après les sanctions choquantes annoncées par le président Trump contre la CPI». Pour AI, ce silence donne la «nette impression» que l'UE «accorde la priorité à ses relations avec un gouvernement impliqué dans un génocide et des crimes de guerre, au lieu de soutenir une institution qui s'efforce d'établir les responsabilités individuelles pour ces crimes». Les dirigeants de l'UE «devraient décider des mesures à prendre pour empêcher l'UE de contribuer au génocide, à l'apartheid et à l'occupation illégale dont Israël se rend coupable, au lieu de faire comme si de rien n'était pour une poignée de main diplomatique à Bruxelles», conclut le document. |
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