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Pr. Samia Targhit, chef de service pneumologie au CHU «Mustapha Bacha»: La grippe et le Covid sous surveillance

par El-Houari Dilmi

L'Algérie fait-elle face à une épidémie de grippe saisonnière ? Pour le Professeur Samia Targhit, chef de service pneumologie au CHU «Mustapha Bacha» et présidente de la Société algérienne de pneumo-phtisiologie, «le pays vit actuellement une augmentation des cas de grippe, avec une recrudescence des consultations pour des cas d'infections respiratoires aigües.

S'exprimant, hier, sur les ondes de la Radio nationale, le Pr Samia Targhit, a néanmoins tenu à rassurer que ces cas de grippe qui interviennent en période hivernale «ne sont pas tous sévères, même si des cas graves peuvent être diagnostiqués chez certaines catégories de la population, essentiellement chez les personnes dites fragiles comme les enfants de moins de 2 ans, les personnes âgées, les malades chroniques et tout sujet présentant une comorbidité», a-t-elle souligné.

Au sujet des cas grippe virulents dont se plaignent de nombreux citoyens, l'invitée de la Radio a expliqué «qu'il est vrai que beaucoup de fièvre, des douleurs musculaires et une asthénie importante sont constatées chez de nombreux sujets, parmi eux ceux qui ont gardé des séquelles d'une ancienne infection au Covid-19». «Un réseau sentinelle de surveillance de la grippe durant la période automno-hivernale est mis en place depuis 2006, sous la coordination de l'Institut national de Santé publique et l'Institut Pasteur, avec la publication de rapports chaque fin d'année», a encore indiqué le Pr Samia Targhit, ajoutant que la surveillance a été étendue au Covid-19.

Depuis le début de cette année, on a enregistré 17% de cas de grippe contre 4% de Covid-19», a révélé l'hôte de la Radio, précisant que les mutations des virus respiratoires sont surveillées à l'échelle mondiale sous l'égide de l'OMS.

Au sujet de la campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière, le Pr Samia Targhit, a expliqué que c'est surtout les personnes à risque et les personnels de santé qui doivent être prémunis en premier, rappelant que les citoyens peuvent toujours se faire vacciner jusqu'à la fin de l'hiver.

La chef de service Pneumologie au CHU ‘Mustapha Bacha', a également rappelé la nécessité d'observer des mesures de prévention comme le port du masque dans les endroits clos, le lavage des mains avec une solution hydro-alcoolique, et surtout la vaccination des personnes à risque. L'invitée de la Radio a, par ailleurs, mis en garde contre le recours excessif à l'antibiothérapie «qui n'est pas indiquée dans le traitement des infections virales», a-t-elle conclu.