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A Ghaza et au Liban: L'entité sioniste viole les accords de cessez-le-feu

par Mohamed Mehdi

L'ADN israélien ne peut pas s'empêcher de renier les engagements. A Ghaza et au Liban, l'entité génocidaire transgresse tous les jours les termes de l'accord de cessez-le-feu sur lesquels elle s'était engagée avec une garantie tripartite (Qatar, Egypte, Etats-Unis) dans le premier cas, et américaine dans le second.

A Ghaza, en ce dimanche, 8e jour de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, l'armée israélienne empêche, depuis samedi, les populations déplacées de regagner les gouvernorats du nord de Ghaza, et tire à balles réelles, faisant 2 martyrs et plusieurs blessés. Ces atteintes sont accueillies par un silence suspect, en particulier des Américains.

Au Liban, l'armée sioniste n'a pas cessé d'enfreindre l'accord de cessez le feu depuis sa signature, il y a deux mois, avec une garantie américaine de son respect par sa protégée l'entité sioniste. Jeudi dernier, à deux jours de la fin du délai de 60 jours stipulant le retrait de l'armée d'occupation des villages libanais frontaliers, Netanyahu annonce qu'il ne compte pas retirer ses troupes du sud du Liban. Là aussi, silence total de la part du garant américain sur cette transgression flagrante de l'accord de cessez-le-feu. Silence également du côté de la France qui se targuait d'avoir eu un rôle dans la signature de l'accord. Ainsi, lors des tentatives de la population du sud Liban de revenir à leurs maisons, après la fin de la période de 60 jours, l'armée israélienne installée dans plusieurs villages a tiré sur les populations faisant au moins 15 martyrs, dont deux soldats libanais, et 83 blessés. Le chef du gouvernement intérimaire du Liban, Najib Mikati, a déclaré que « les pays parrains de l'accord de cessez-le-feu doivent dissuader Israël et le forcer à se retirer des territoires libanais ». Il a ajouté que tout «non respect » des termes de l'accord et l'application de la résolution 1701 «aurait de graves conséquences».

Des centaines de milliers de déplacés attendent de revenir au nord de Ghaza

Plusieurs centaines de milliers de Ghazaouis, actuellement au sud et dans le centre de Ghaza, attendent de revenir aux gouvernorats du nord de l'enclave. C'est dans cette partie ouest de l'enclave que les Ghazaouis pourront regagner à pieds le nord, via le boulevard Er-Rasheed en passant par l'axe « Netzarim » dans le centre de l'enclave. Depuis samedi dernier, jour du deuxième échange de détenus, des dizaines de milliers de Palestiniens dans le centre de la bande de Ghaza attendent que l'armée d'occupation, stationnée sur l'axe Netzarim, les autorise à retourner sur leurs terres, leurs quartiers et leurs maisons, même détruites, dans le nord de Ghaza, conformément aux termes de l'accord de cessez-le-feu. Cependant, l'accord se heurte à des obstacles après que l'entité sioniste ait lié le retour des personnes déplacées vers le nord à la libération de la détenue Arbel Yehud, dont elle « attendait » la libération lors de la 2e vague.

Les médias israéliens ont rapporté, samedi, qu'Israël avait informé les médiateurs qu'il n'ouvrirait pas l'axe Netzarim jusqu'à la libération d'Arbel Yehud. Depuis samedi, les tentatives de résoudre ce problème par les médiateurs se poursuivent, pour permettre à environ 600.000 personnes déplacées du nord de Ghaza, actuellement à Khan Younes et Rafah, de revenir à leurs terres. Aux dernières nouvelles, les Brigades Al-Qods (la branche armée du Jihad islamique) et Brigades Al-Nasser Salah al-Din (l'aile militaire du Comité de résistance populaire), ont annoncé que «la prisonnière Arbel Yehud a été capturée avec son collègue par une unité conjointe» et qu'elle sera libérée en fonction de ce qui «aura été convenu entre les négociateurs (de la résistance) et les médiateurs».

Des commentateurs d'Al Jazeera n'excluent pas la libération de Arbel Yehud avant la troisième étape, prévue samedi prochain, en échange de prisonniers palestiniens, en fonction des termes de l'accord de cessez-le-feu. Vers 17h (localement), le Jihad islamique annonce, via Al Jazeera, que la libération de la détenue en question pourrait intervenir «avant samedi prochain».

Déplacer la population de Ghaza: l'autre bombe de Donald Trump

Après avoir ré-autorisé la vente de bombes d'une tonne, au premier jour de son investiture, le nouveau locataire de la Maison Blanche, Donald Trump a lancé, samedi, une nouvelle bombe.

Il s'agit d'une «proposition» de « transfert de la population de Ghaza vers la Jordanie et l'Egypte», n'excluant pas aussi de solliciter «d'autres pays arabes de la région». Sous une apparence humanitaire, Trump suggère que cet éloignement est nécessaire pour la «reconstruction de Ghaza» et que cela pourrait « prendre du temps».

Les factions de la résistance palestinienne ont immédiatement et unanimement dénoncé la « proposition » de Trump qui adhère totalement à la vision sioniste à savoir de continuer à vider la Palestine de sa population. Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) a déclaré que les « nouveaux plans de déplacement envisagés par Trump ne pourront jamais être adoptés », et que le peuple palestinien « y fera face par tous les moyens ». « Ce que Trump promeut aujourd'hui n'est pas une solution humanitaire, mais plutôt une extension des conspirations qui ont ciblé notre peuple depuis la Nakba de 1948, en passant par la défaite de 1967, jusqu'à la guerre d'extermination en cours contre Ghaza pour tenter d'achever le projet sioniste et imposer une nouvelle Nakba, à laquelle notre peuple fera face avec force, résilience, fermeté et sacrifice », ajoute le FPLP.

Pour le FPLP, cette proposition « révèle le vrai visage de l'administration américaine, qui est un partenaire clé dans les crimes commis contre notre peuple».

De son côté, le Mouvement de résistance islamique (Hamas), affirme lui aussi que «le peuple palestinien, qui a résisté aux pires opérations de génocide et a refusé de céder au déplacement, rejette catégoriquement tout projet visant à le déporter de ses terres». «Nous appelons l'administration américaine à mettre un terme à ces propositions qui sont conformes aux projets israéliens et qui vont à l'encontre des droits de notre peuple», ajoute la réaction du Hamas qui a appelé également «les pays arabes et islamiques, en particulier l'Égypte et la Jordanie, à affirmer leurs positions fermes de rejet du déplacement et de la déportation» de la population de Ghaza. Dans un communiqué, le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) a dénoncé «les appels du président américain Trump à déplacer les habitants de la bande de Ghaza vers la Jordanie et l'Égypte, sous prétexte de prévenir le chaos dans la bande de Gaza, où les destructions sont généralisées ». Le FDLP considère que l'appel de Trump est une « tentative malveillante d'exploiter l'état de dévastation généralisée qui prévaut à Ghaza, en plus d'ignorer la responsabilité d'Israël dans la destruction, ainsi que ses responsabilités morales et juridiques dans le projet de reconstruction». De son côté, le Jihad islamique a condamné «dans les termes les plus fermes» les déclarations du président américain Donald Trump. Des déclarations «conformes au pire programme de l'extrême droite sioniste et à la poursuite de la politique de négation de l'existence, de la volonté et des droits du peuple palestinien», affirme un communiqué du Jihad islamique, considérant que «cela s'inscrit également dans le cadre de l'encouragement à continuer de commettre des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité en forçant notre peuple à quitter ses terres ». Jusqu'à hier 17h30 (localement), aucune réaction n'a été enregistrée de la part de l'Autorité palestinienne, ni de la Jordanie et de l'Egypte.