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Cessez-le-feu en vigueur à Ghaza: Entrée des premiers camions d'aide

par Mohamed Mehdi

Dimanche, 19 janvier 2025, 471e et dernier jour de l'agression contre Ghaza, l'armée d'occupation israélienne a tenu à mener des bombardements meurtriers après l'heure d'entrée en vigueur du cessez-le-feu annoncée, samedi soir, par le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, au nom des médiateurs des négociations indirectes entre la résistance palestinienne et l'entité sioniste.

Le cessez-le-feu (arrêt des bombardements israéliens), prévu dimanche à 8h30 (localement), a été transgressé et repoussé à 11h15 par l'entité sioniste, pour permettre à l'aviation de l'armée génocidaire de continuer à bombarder plusieurs régions de l'enclave, en particulier Khan Younes au Sud. Le bureau du Premier ministre sioniste a prétexté que cette démarche était liée à la «non remise» par le Hamas des noms des trois premières détenues devant être libérées, le jour même, vers 16h.

Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) a expliqué, dans un communiqué rendu public dimanche à 6h30, que ce retard était dû à des «raisons techniques liées au terrain», comprendre qu'il s'agissait de dispositions sécuritaires qui avaient retardé la transmission des trois noms.

Pour rappel, les négociateurs du Hamas avaient demandé un total cessez-le-feu et l'arrêt du survol des drones espions pour permettre de mettre en œuvre les dispositions de sécurité pour le regroupement des détenus israéliens concernés par la libération au premier jour de la première phase prévue par l'accord conclu mercredi dernier à Doha.

Moins de trois heures plus tard, c'est le porte-parole des Brigades Al-Qassam, Abou Obeida, qui a annoncé dans une publication sur Telegram, les noms des trois soldates israéliennes, deux parmi elles ont la double nationalité roumaine et britannique.

Ainsi, au 471e jour, le nombre de victimes de la barbarie israélienne, soutenue par les Etats-Unis, publié hier par le ministère de la Santé de Ghaza, est de 46.913 martyrs et 110.750 blessés. Ce bilan comprend les 14 martyrs et 25 blessés enregistrés lors des bombardements de samedi, a indiqué la même source.

A ce bilan, il faudra ajouter au moins 15 martyrs et plusieurs blessés, victimes des bombardements israéliens commis en moins de trois heures, dimanche entre 8h30 et 11h15.

Les Israéliens choqués par le redéploiement des services de sécurité de Ghaza

Avec la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu dans la bande de Ghaza à 8h30, heure locale, la police palestinienne s'est déployée dans les rues de l'enclave, pour prendre les informations de terrain afin d'organiser les mouvements de population attendus, notamment des déplacés, et se préparer à accueillir et sécuriser les quelques 500 à 600 camions d'aides humanitaires.

L'apparition publique des éléments de la police de Ghaza avec leurs uniformes, ainsi que celle des combattants d'Al Qassam, a suscité de nombreuses réactions, notamment dans les milieux israéliens qui ont exprimé clairement leur colère contre leurs dirigeants, s'interrogeant sur les «objectifs atteints» par plus de 15 mois de bombardements.

Pour le journaliste d'Al Jazeera, Tamer Al-Mes'hal, ce déploiement «représente un tournant important après le ciblage systématique par Israël des forces de sécurité palestiniennes pendant l'agression, entraînant le martyr de 723 policiers, dont le Directeur général de la police de Ghaza».

Al-Mes'hal a également souligné que le retour de la police palestinienne dans les rues met en évidence l'échec d'Israël à atteindre ses objectifs, notamment l'élimination du contrôle du Hamas, et exprime également une restauration progressive du travail des institutions gouvernementales de l'enclave.

Ce qui a également étonné les sionistes, ce sont les mouvements de population dans les zones où les mouvements sont autorisés, dans le cadre de l'accord durant les premiers jours suivant le cessez-le-feu.

Les images diffusées par Al Jazeera montrent des flux importants de la population de Ghaza entre Rafah et Khan Younes (au sud) et la ville de Ghaza et le nord de l'enclave.

L'armée sioniste interdit toute expression de joie à la libération des prisonniers

Hier, vers 15h (localement), le journal Yedioth Ahronoth, cité par Al Jazeera, a rapporté que l'administration pénitentiaire israélienne avait entamé le «transfert de 90 prisonniers palestiniens de diverses prisons vers le centre de détention d'Ofer» avant leur libération conformément à l'accord. De son côté, le journal «Israël Hayom» a précisé que parmi les 90 prisonniers palestiniens, 78 seront libérés en Cisjordanie et 12 à Al-Qods-Est.

En outre, le service pénitentiaire israélien a annoncé «qu'une fois que la Croix-Rouge aura identifié les prisonniers palestiniens», l'organisation internationale les «transférera vers les points de libération» une fois que les trois détenues israéliennes seront libérées par le Hamas. La même source a indiqué avoir «reçu une liste de prisonniers de sécurité (condamnés à des peines importantes) qui devraient être libérés des prisons».

A noter que l'armée israélienne a interdit formellement, sous la menace de représailles, aux familles et à la population d'exprimer de la joie après la libération des 90 prisonniers palestiniens.

Selon Al Jazeera, le Hamas a exigé que la libération des 90 détenus se déroule d'abord quelque part à Ghaza, avant qu'ils ne soient transférés par la Croix-Rouge vers la Cisjordanie et Al-Qods.

Al Jazeera ajoute sur les 90 prisonniers, 69 sont des femmes, dont la militante Khalida Jarrar membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et deux journalistes, et 21 enfants (moins de 18 ans).

Par ailleurs, le processus de libération des trois prisonnières a été entamé aux environs de 16h (localement), par l'entrée de quatre véhicules de la Croix-Rouge internationale vers une destination dans le centre de Ghaza désignée à la dernière minute par le Hamas, pour des raisons de sécurité.

A 17h, des médias israéliens confirment le début de l'opération de transfert des trois détenues, sans donner d'autres détails.

A 17h40 (localement), Al Jazeera affirme que la libération des trois détenues israéliennes se déroulera à la Place des Brigades, dans le centre de la ville de Ghaza, au milieu de centaines de Ghazaouis. Les images diffusées en direct par la chaîne qatarie montre l'arrivée, dans le centre de Ghaza, de véhicules de l'Unité d'Élite, la branche des Brigades d'al-Qassam spécialisée dans la gestion des détenus, en attendant le cortège de la Croix-Rouge internationale.

Sur Telegram, les Brigades Al-Qassam annoncent que Abou Obeida, le porte-parole de la branche militaire du Hamas, prononcera une allocution à la fin des deux opérations de libération des prisonniers de part et d'autre.