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LE TEMPS DES «AIGLES»

par Belkacem Ahcene-Djaballah

Livres

Les assises de la Soummam, 60 ans après, quelles leçons ? Actes du Colloque international,Tiniri/ Akfadou, 25-26 août 2016 organisé par le Forum de Solidarité euro-méditerranéenne, Forsem (Publication coordonnée par Tahar Khalfoune). El Ibriz Editions, Alger 2018, 1.000 DA, 223 pages



1956 ! L'Algérie en guerre. Un combat à théoriser et à organiser. Des conditions de vie (et de survie) extraordinairement difficiles. Des questions de logistique, choix du lieu, finances, prise en charge et sécurité des congressistes... étant des préoccupations majeures, compte tenu du puissant quadrillage du territoire par l'armée française... l'une des plus puissantes armées dans les années 50, avec des milliers de soldats y compris les troupes que la France s'était engagée de mettre à la disposition de l'Otan.

D'abord, le contexte général du déroulement du Congrès. Quatre communications :

Gilbert Meynier (absent pour raison de santé) avec une intervention présentée par D. Aït El-Djoudi, intitulée : «Algérie 1956 : Enterrement du politique et paroxysme de la violence»... montrant que vont cœxister, souvent conflictuellement, un pouvoir des maquis (et une ALN maîtresse du terrain) avec un exécutif issu du Congrès... et, d'autre part, la Délégation extérieure installée au Caire.

Belaid Abane a présenté une communication sur «les primautés soummamiennes du politique et de l'intérieur : D'Ifri au Caire, une vie éphèmère». Des principes qui, selon lui, ont connu la mauvaise fortune et le même sort, la même trajectoire que ceux de Ramdane Abane : ascendante (1955), puis déclinante puis marginalisée puis éliminée pour l'un ou mise au rancart pour les autres, dès 1957 Gilles Manceron s'est, pour sa part, penché sur l'analyse de textes pour dégager les «conceptions, définitions et débats sur la Nation algérienne, en France et en Algérie, durant la période coloniale et la guerre d'indépendance»

Tahar Khalfoune, dans sa communication sur «l'impact de l'histoire commune, sur la construction de l'Algérie et la France», décrypte les relations particulières entre les deux pays, depuis 1962, relations oscillant entre tensions et détentes. Le poids du passé colonial, de la guerre, la recherche d'identité...

Ensuite le Congrès lui-même . Cinq communications: Jean-Charles Jauffret, abordant la question des «appelés français en guerre d'Algérie en 1956», année –tournant d'une guerre (devenue sanglante... et traumatisante pour des hommes engagés dans un conflit qu'ils ne comprenaient pas) non encore reconnue comme telle, confirme que l'ALN avait l'initiative sur le terrain.

Dalila Ait El-Djoudi a exploité les archives militaires du Shat (Vincennes/France) et ceux du musée de l'Armée d'Alger, pour présenter «l'ALN et ses transformations politico-administratives, après le Congrès de la Soumman».

Lahouari Addi (absent et son intervention présentée par Tahar Khalfoune ), est revenu sur son sujet favori : le principe de la primauté du politique sur le militaire posé par le Congrès de la Soummam ; principe rejeté au cours de la guerre... et banni après l'indépendance.

Hamou Amirouche (Colorado University/USA) a présenté «Abane, le rassembleur», s'appesantissant sur l'origine des conflits opposant Abane aux militaires et à la Délégation extérieure, avant d'évoquer les raisons de son assassinat en 1957.

Ali Guenoun a analysé –une assez courte intervention - la question sensible des «cadres kabyles de la wilaya III et la direction de la guerre, après le Congrès»... une rencontre «œuvre prépondérante des dirigeants originaires de Kabylie» dit-il... leur prétendue «hégémonie» et les conséquences fâcheuses de cette supposée domination

Neuf communications et des débats, au total, qui ont montré que les résolutions du Congrès ont incontestablement jeté un jalon fondateur dans l‘édification de l'Etat algérien... mais qui, aussi, ont insisté sur la réhabilitation nécessaire du politique sur le militaire... à compléter par sa primauté, aussi sur le religieux. Ils ont démontré aussi, que seule une approche critique de l'histoire (trop longtemps «sous contrôle») permettra aux jeunes, d'aujourd'hui, de ne plus ignorer (ou de ne plus mépriser) leur passé récent ou lointain. Pas seulement colonial. Il faudrait aussi, que l'Histoire à l'école ne soit plus la «mal-aimée» des matières.

Les Auteurs : C'est en partenariat avec l'Assemblée de wilaya de Bejaia, le Forsem de Lyon et l'Association Med Action d'Akbou que la Commune d'Akfadou a organisé un colloque avec la participation de chercheurs en histoire, de témoins et d'acteurs qui ont pris part au Congrès de la Soummam, le 20 août 1955. Une rencontre née d'une initiative citoyenne (Ardjoune Omar, Zenadji Yazid et Mehenni Haddadou)... et animée par Dalila Aït El Djoudi (Docteur en Histoire militaire et études de défense, enseignante en histoire-géographie) et Tahar Khalfoune (Juriste et universitaire à Lyon). Conférenciers programmés : Gilbert Meynier (Historien, spécialiste de l'histoire du monde arabe et particulièrement de l'Algérie), Belaïd Abane (Médecin et politologue), Gilles Manceron (Historien), Tahar Khalfoune, Jean Charles Jauffret (professeur des universités à l‘IEP d'Aix en Provence), Lahouari Addi, Dalila Aït El –Djoudi, Hamou Amirouche, Ali Guenoun...

Participation aux débats d'ancien officiers de l'ALN dont Si Meziane Asselate et Rachid Adjaoud.

Extraits : «Les combattants du 1er novembre 1954 avaient tout misé sur un recours à l'action armée à valeur libératrice et purificatrice définitive. Pendant les trois premières années de la guerre, l'idée d'un Dien Bien Phu algérien fut un fantasme répandu» (Gilbert Meynier, p 33), «Le droit colonial est... «indécolonisable», puisque l'Algérie demeure encore aujourd'hui, plus d'un demi-siècle après son indépendance, de tradition juridique française» (Gilles Manceron, p 107), «S'il est bien vrai que la langue et la culture française ont profondément pénétré la société algérienne, c'est sans la conquérir pour autant» (Tahar Khalfoune, p 109)

Avis : On n'arrêtera jamais de tenter –à n'importe quel prix... du livre- d'en savoir plus sur les héros de la guerre de Libération nationale, sur Novembre, sur leCcongrès de la Soummam, sur Abane, sur le Mouvement national... pour encore mieux saisir et comprendre les conséquences contemporaines des erreurs commises... L'écriture de l'Histoire en marche !

Citations : «Akfadou est plus qu'une commune, c'est de l'histoire» (Présentation, Dalila Aït El Djoudi et Tahar Khalfoune, p 7), «Tout regard sur l'histoire coloniale de l'Algérie est aussi un regard sur l'histoire de France» (Présentation, Dalila Aït El Djoudi et Tahar Khalfoune, p 7), «L'amnésie, aussi, est constitutive de mémoire» (Gilbert Meynier, p 37), «La violence française coloniale (en Algérie) y fut industrielle et massive ; la violence algérienne, artisanale et plus éparse, fut une violence réactionnelle, dans un contexte de domination, de violence (re)conquérante et répressive, de discrimination et de racisme portant la marque du colonial» (Gilbert Meynier, p 39), «Chercher à définir l' «identité» d'une nation est un leurre, car une nation n'est pas un individu, mais un ensemble d'individus divers qu'on peut regrouper de différentes façons... Où que ce soit, la polarisation des débats sur la notion d' «identité» nationale est toujours néfaste» (Gilles Manceron, p 95), «Sur les plans culturel et sociétal, il existe avec l'Algérie une histoire commune et conflictuelle qui fait que tout regard sur cette ancienne colonie est en même temps un regard sur la France» (Tahar Khalfoune, p 127)



L'Aigle du rocher. Une histoire d'un aigle du Djurdjura. Roman de Chabane Ouahioune. Enag Editions, Alger 2010, 490 DA, 261 pages



Connu pour son immense humanité, l'auteur qui s'est retiré «sur ses terres» assez tôt, nous livre, là, un roman assez original ; un roman qui relève de l'observation quasi-scientifique de la Kabylie centrale... mais à partir, non de l'étude des hommes et de la société, mais à travers la «vie» d'un Aigle du Djurdjura, «Ghist», un solitaire maître des cîmes (un célibataire, «Aazri», car il vivait seul). Une approche littéraire assez originale mais très instructive, car la société et la nature kabyles, vues de «ciel», nous apparaissent bien plus réelles. Un roman ?....Un conte aussi qui nous transporte (plutôt ce qui reste de nos âmes et de nos yeux d'enfant) dans une autre réalité, celle que l'on a rêvé de vivre ou de mieux connaître.

En fait, l'histoire est racontée par un grand-père à son petit-fils, Loulou, jeune écolier mais aussi apprenti berger quand cela s'impose. La guerre de Libération nationale n'est pas encore totale mais les coups de feu et des bombardements commencent, de temps en temps, à apparaître dérangeant une régionse consacrant alors, uniquement, à sa (sur-) vie et encore quelque peu éloignée de la pollution de la «modernité»

L'Aigle du rocher en question (iguidir b'vvcruf), a une envergure gigantesque. Peut-être le plus grand et on peut le reconnaître aux deux plumes lui manquant à l'aile droite . C'est le roi incontesté de la montagne, à la force et au pouvoir reconnus par tous les animaux de la région.

Il est le seul à avoir accès à des lieux inaccessibles aux hommes ordinaires, pics vertigineux des montagnes et grottes du majestueux Djurdjura. Il est, aussi, craint mais surtout respecté par les hommes car, comme la buse, «mesdherith», tabou. Intouchable ! Il dispense le bonheur et la force à ceux qui le respectent ou simplement ont la chance de le voir au petit matin. D'ailleurs, après une blessure par arme à feu, capturé par un paysan, il sera vite adopté et aimé par la famille. Hélas, la famille éloignée de sa terre, il reprendra son aventure mais il aura connu la communauté des hommes, leurs qualités et leurs défauts.

D'en «haut», il nous fait découvrir la beauté des paysages kabyles qu'il ne quittera, temporairement, qu'à contre-cœur. Presque tous les autres animaux, toutes les agglomérations, tous les champs, tous les arbres, les buissons et les ronces épineuses, toutes les sources et les rivières, toute la vie animale, le froid, la faim, la soif, les luttes quotidiennes entre groupes ou individus pour un «territoire» ou pour simplement un cadavre ou une proie... Il ira plus loin jusqu'aux Bibans et aux Portes de fer et il compare.

L'Auteur : Né en 1922 à Tassaft Ouaguemoun (Tizi Ouzou). Enseignant, avocat... écrivain et journaliste –chroniqueur. Un essai, plusieurs romans à son actif, entre 1979 et 2001, une pièce de théâtre en 2000, des récits en 1986 et 1992 «Itinéraires brûlants», Enal Editions et «Randonnées avec Ait Menguellet», Innayas Editions). Décédé le 4 avril 2016 à Tassaft Ouaguemoun.

Extraits : «A notre époque, la question est de se demander si les enfnats de la Berbèrie seront à la hauteur des enjeux de la modernité et des grands bouleversements du monde. S'adapteront-ils ou perdront-ils leur héritage et leur âme ? Pour l'heure, nous ne savons même pas de quoi sera fait demain.» (p 54), «Aucune bête ne cherche à s'attaquer à une autre, les pires ennemis respectent la trêve de la soif qui menace de les tuer tous. Seul le chacal, ce mécréant sans foi ni loi, profite, tant qu'il en a la force de la triste occasion, pour tuer quelque bête affaiblie et incapable de fuir» (p80), «Face au danger commun, les animaux s'unissent. Les pires ennemis se respectent, ou s'ignorent. Ils savent que l'union est nécessaire pour le salut commun» (p 177), «Jusqu'à nos temps modernes qui ont vu l'apparition d'engins efficaces et d'avions, les Kabyles ont pu vivre indépendants sur leurs territoires, tels des aigles farouches et invincibles sur leurs aires. Par la suite, ils ont préféré bâtir sur des pitons, des villages fortifiés» (p 258)

Avis : Un hymne à la nature... et vu d'en haut, l'humain est si petit, et l'animal si grand. En espérant voir certaines parties de l'ouvrage reprises dans les ouvrages scolaires du primaire et du secondaire.

Citations : «Quand un aigle est repu, il se repose et ne cherche pas à chasser.Quand un homme est riche, au lieu de se sentir comblé, de remercier la providence et de mener une vie normale, il cherche à s'enrichir encore davantage, le plus souvent au détriment de ses semblables» (p 65), «Aux hommes comme aux animaux, les mésaventures, lorsqu'on ne les oublie pas, donnent l'expérience profitable. Les malheurs peuvent instruire plus que les événements heureux et permettent de tirer des enseignements pour l'avenir» (p 101), «La vie est ainsi faite. Elle incite à la violence. Comme les hommes, les bêtes se jalousent et ne pensent qu'à leurs propres intérêts et n'admettent pas la concurrence de voisins.L'égoïsme se retrouve également chez les animaux. Chacun se croit supérieur aux autres, plus malin, plus intelligent, plus fort.Et instinctivement, l'un ou l'autre ressent le besoin de s'imposer, d'éprouver sa force, de démontrer ses capacités pour se faire craindre et respecter par les autres. Les hommes sont pareils.

Mais ces derniers sont surtout déterminés par le besoin de la richesse matérielle. Ce qui fait d'eux souvent des êtres cupides» (p 149), «C'est connu, les situations de batailles ou de troubles sont toujours mises à profit pour régler de vieux comptes. Les mêlées sont propices pour donner ou recevoir un coup vengeur» (p 186), «La terre tout entière souffre des procédés humains alors que le comportement animal procède de la régulation et des équilibres naturels indispensables à la pérennisation de la vie» (p 189), «Les animaux ne cherchent qu'à contenter deux besoins, se nourrir et défendre leurs petits. Même un lion, une fois repu, ne cherche pas autre chose. Il se repose pour digérer et dort. Les hommes, outre ces deux nécessités qu'ils ont en commun avec les bêtes, en ont une troisième qui les taraude et qui les pousse à des excès, la guerre. C'est le désir de se procurer de l'argent ou des ressources qui leur en font gagner. Le désir de gagner de l'argent peut leur faire oublier toute moralité, toute fraternité et toute pitié. L'argent construit le monde, assure l'existence des hommes, mais leur enlève trop souvent l'humanisme...» (p 261)

PS : Une belle polémique en cours. Il fallait s'y attendre car on s'y est habitué. Le conflit administration et créatifs ne date pas d'aujourd'hui, bien qu'au départ des projets, les concessions qui sont faites de part et d'autre, toujours après un échange d 'arguments aigres-doux, par le biais de la presse, laissent croire au consensus. Pour l'une, ne pas donner une image extérieure d'un pays fermé sur ses dogmes et pouvoir inscrire dans ses bilans annuels des «réalisations». Pour les autres, dans un marché culturel ressemblant à une «peau de chagrin», il faut, à tout prix, arracher une «subvention» ou décrocher une «participation» Entre les deux, ou au-dessus, les mille et une interventions de groupes de pression ou, souvent, d'individus «influents».

Et, puis, patatras ! Le travail terminé... ne voilà-t-il pas que des réserves sont formulées, bloquant la diffusion du produit et laissant le public sur sa «faim» (encore que chez nous, ce n'est pas si sûr, la «chose culturelle» étant peu prisée, les citoyens, même les plus cultivés, passant leur temps surtout à chercher des solutions à leurs problèmes d'approvisionnement en nourritures terrestres)... transformant assez vite l'«investissement» culturel en «dépense» superflue... et la simple «réserve ordinaire» ou «protestation technique» en déviation idéologique. La présence de médias sociaux pratiquant le «faking news» et de plateaux de télés sensationnalistes n'arrangent pas choses.

Il en est ainsi pour ce qui se passe autour du film de Bachir Derais consacré à «Ben M'hidi» qui se retrouve «bloqué» suite à des «réserves» émises par nos «gardiens –réglementaires- de la Révolution», en l'occurrence un ministère... ou deux, on ne sait plus. Dans ce cas de figure, le Centre national de recherches et d'études, sur le Mouvement national et la Révolution du 1er Novembre 1954 (Crmnr), représente le ministère des Moudjahidine pour ce qui est de l'application de la loi 11-03 sur le cinéma, publiée en février 2011. Pour lui, «l'exploitation des films et des supports de communications est soumise à un visa» et il veille, donc, à la «véracité des productions» vu l'interdiction par le même texte du financement et la production d'œuvres «portant atteinte aux religions ou à la Révolution de novembre et ses symboles.

Il paraît que, dans le film de Derais, il n'y a pas assez de scènes de violence et de tortures et qu' il y montre trop de «chamailleries» entre les militants du mouvement national... De plus, Ben Bella, pas touche ! Et pourtant, on en a lu (sur BB et sur bien d'autres «héros»)... des vertes et des pas mûres, dans bien des livres... édités et largement diffusés en Algérie. Décidément, l'Histoire de la Révolution algérienne n'est pas prête d'être «totalement» écrite et filmée. Pour l'instant, on ne fait que la «ra-conter». En attendant, à l'étranger, on s'en donne à cœur joie !

On comprend mieux, maintenant, pourquoi il y a peu de cinéastes qui acceptent de s'engager dans la réalisation d'œuvres portant sur les «personnalités» (toujours complexes, comme tous les héros de guerre ) de la Révolution. On comprend mieux la «harga culturelle» des meilleurs de nos créatifs : fuir des «censures» qui ne disent pas leur nom. Ahmed Rachedi, avec «Ben Boulaid» - je me souviens d'une rencontre au ‘Forum du journal El Moudjahid', avec des «anciens moudjahidine» qui n'arrivaient pas à comprendre la différence entre un film (historique) de fiction (qui peut faire place au rêve) et un film (historique) documentaire... qui n'est pas obligé d'aller dans les détails (ceci dit pour faire simple) - en a vu de toutes les couleurs. Bien sûr, on a vu pire... mais est-on obligé de, continuellement, jouer au «yo-yo» avec la liberté d'expression. Heureusement qu'il y a le Président qui va... trancher !

-A propos de Président, j'ai lu, dernièrement, in «El Watan» (quotidien) toute une page publicitaire ( page 2,... et en couleurs, svp, ce qui coûte la «peau des fesses») ! signée d'un «Dr en Pharmacie» (tél... et e-mail... certainement pour les éventuels contacts et «commandes» ) sous forme de «Lettre ouverte au président de la République...», dans laquelle il y affirmait avoir découvert, déjà en août 2010, «l'étiologie de la maladie de Behcet qui est la même cause de la sclérose en plaques» et il y demandait son intervention «pour instruire les départements concernés à l'assister...». Il y a, vraiment, quelque chose qui ne tourne plus rond, de gravement grippé, en ce bas-monde, où, pour n'importe quel problème, souvent personnel, on sollicite l'intervention du Chef de l'Etat.... la science médicale, la plus délicate, en principe la meiux organisée, n'échappant pas au phénomène. Il est vrai que depuis l'arnaque du «Rahmat Rabbi», avec la mode de la ««Roquia», d'une «Hidjama» pratiquée par des charlatans et la floraison de magasins d' «herbes et de végétaux» miraculeux importés d'on ne sait où (je ne parle pas des herboristes traditionnels)... l'Algérie est devenue, en un laps de temps très court, «le pays de tous les impossibles» .