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Encore des diabétiques qui s'ignorent

par Houari Barti

  La campagne d'information et de conseil, lancée en début du mois de Ramadan, par l'Etablissement public de santé et de Proximité (EPSP), Front de mer, auprès des fidèles de la Mosquée ‘Ibn Badis' vient d'être clôturée, cette semaine, avec des « résultats fort satisfaisants », a-t-on appris, hier, auprès de source proche de la direction de la Santé.

«La prière des ‘Tarawih' attirant, chaque nuit, des centaines de fidèles, a été une occasion de choix pour les personnels de santé, mobilisés par l'EPSP Front de mer, pour s'approcher du public ciblé et prodiguer conseils pratiques et informations utiles sur les modes alimentaires durant le mois de jeûne. Ces rendez-vous quotidiens avec les fidèles, dont un nombre important de personnes âgées (de plus de 50 ans), a également été une occasion de choix pour procéder à des dépistages, tous azimuts, ce qui nous a «permis de déceler, parmi ces fidèles, même parmi les jeunes, un nombre important de diabétiques qui ne se savaient même pas malades».

Menée sous l'égide de la direction de la Santé et de la Population de la wilaya d'Oran, en collaboration avec la direction des Affaires religieuses et la Mosquée Ibn Badis, la campagne a visé un dépistage grand public, contre les pathologies chroniques telles que le diabète mais aussi l'hypertension artérielle. Cette campagne d'information et de conseils qui a entamé, cette année, sa quatrième édition, est de plus en plus efficace, vu le fort taux d'adhésion de la population qui ne cesse de prendre de l'ampleur, année après années, affirment ses promoteurs. Parmi les objectifs qu'on s'était assignés, cette année, expliquent-ils, «encourager les jeûneurs à adopter des modes alimentaires sains et adaptés, donner des conseils pratiques pour assurer un jeûne sans danger sur la santé et faire des dépistages grand public pour certaines maladies chroniques comme le diabète et l'hypertension.» Si le mois sacré est, à la base, un mois de privation, de spiritualité et de partage, il est aussi, pour beaucoup, le mois des délices, des excès de tous les excès. Sur le plan nutritionnel, le mois de Ramadan entraîne, en effet, des changements trop importants dans les habitudes alimentaires pour être négligés. Une vigilance alimentaire et une hygiène de vie appropriées sont, particulièrement, exigées afin de préserver notre bonne santé, particulièrement si on est malade chronique. Pour un diabétique, par exemple, le jeûne pourrait être d'une gravité lourde de conséquences sur la santé. Premier impératif : les malades présentant des risques de complications élevés, doivent s'abstenir, impérativement, de jeûner. En revanche, pour les cas moins graves, le jeûne pourrait être autorisé par le médecin traitant, dans le strict respect de certaines règles. Il est très important, aussi, que le jeûneur diabétique boive de l'eau, en grandes quantités. En cas de non-observance desdites recommandations, le malade s'expose aux risques d'hypo et d'hyperglycémie, est-il encore souligné.