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Fayçal Chettah, inventeur d'une immobilisation à distance de véhicules volés… cherche partenaire sérieux

par Yazid Ferhat

Rencontré dans son stand à la clôture du Salon de l'invention et de l'innovation, organisé cette semaine à Alger, Fayçal Chettah, un inventeur algérien d'un système de commande à distance des véhicule, par un simple appel téléphonique, utile notamment pour immobiliser et traquer les véhicule volés, nous raconte son aventure d'inventeur.

Fayçal Chettah, est un jeune de Sidi Moussa au sud d'Alger. Signe distinctif ? Aucun. Sauf qu'il est inventeur. Et il l'a été depuis l'âge de 23 ans. Aujourd'hui il a 38 ans et à son palmarès deux inventions majeures et plusieurs titres honorifiques. C'est un homme habité par la modestie que nous avons rencontré au Salon de l'invention et de l'innovation qui s'est tenu cette semaine aux palais des expositions aux Pins maritimes d'Alger. «Pour ce genre de Salon, je suis un habitué», dit-il. Pour cette énième édition il est encore parmi les vétérans : son invention a été présentée durant les trois jours qu'a duré le Salon a été brevetée en 2008 à l'INAPI. On lui fait encore appel, «parce qu'on juge que mon invention mérite qu'elle développée», ironise-t-il. Fayçal Chettah, se présente comme un inventeur de système de commande à distance. Avec modestie. «C'est le résultat de l'abnégation», explique-t-il. Ses études ? il les a faites dans la localité de Bougara, dans la wilaya de Blida (sud d'Alger), sans dépasser le niveau de la terminale. Sa branche d'étude est l'électronique qui est aussi sa passion. «J'ai arrêté mes études en 1993, après avoir raté mon baccalauréat technique, spécialité électronique. Je n'ai pas eu la chance de poursuivre mes études et entrer à l'université. Mais c'était au fond, une motivation pour moi pour atteindre mes objectifs», raconte-t-il.

L'obsession du contrôle à distance

Fayçal Chettah témoigne : «Cette année-là, j'ai passé un examen dans le domaine de l'électronique où il était question de concevoir un système qui ressemble à celui que j'ai réussi à mettre au point à présent. Il s'agit du système d'allumage et d'extinction des lumières en tapant des mains. La distance de fonctionnement du système était de 150 mètres. Durant cet examen, j'ai essayé de le résoudre et j'ai réussi. Depuis j'ai mené mes recherches et des travaux dans des projets similaires jusqu'en 1997 où j'ai abouti à l'idée de réaliser un système de commande à distance via le téléphone fixe du domicile familial. Chose qui a été faite durant la même année, où j'ai réussi à travers mon dispositif à faire immobiliser un véhicule en marche à Alger depuis Béchar». Depuis, il a développé une sorte d'obsession pour tout ce qui est contrôle à distance. Lui-même le reconnait : «J'adore le contrôle à distance. C'est pour moi, le summum de la technologie». Depuis cet examen qu'il a réussi, Fayçal a mené des recherches et développés des projets par ses propres moyens, à son domicile familial. Après l'arrivée de la téléphonie mobile en Algérie en 2001, le jeune inventeur redouble d'effort pour le développement du système pour qu'il soit opérationnel en utilisant le téléphone portable. Il a réussi son pari. Cette invention est simple, nous explique-t-il, placidement. «Mon système de commande à distance se compose de deux boitiers, équipé chacun de puce de téléphone mobile, installés sur un véhicule, l'un pour recevoir le signal émis par un appel téléphonique. L'autre, renvoie un autre signal dès que le véhicule s'arrête. C'est tout !». «Pour un véhicule équipé de ce système je peux l'arrêter où il se trouve sur le territoire national et même en dehors. J'attends 3 secondes, un signal m'est envoyé m'informant que le véhicule est immobilisé», explique-t-il encore.

Invention cherche partenaire sérieux

Passé le temps des défis et l'assouvissement de la passion, viendra après l'étape de la « valorisation ». Le dispositif n'est pas coûteux. Selon la valeur des pièces qui le composent, « il coûtera entre 5000 DA et 6000 DA », dit-il, « très loin de celui construit par les Chinois, entré récemment sur le marché algérien pour un coût d'environ 45.000 DA ». De plus, il sert de « tracker » de véhicule volé, avec les puces intégrées. Mais, jusqu'à présent, Fayçal n'est pas parvenu à industrialiser son «prototype». Il est encore le réparateur du coin. Aujourd'hui, il travaille «encore et toujours» dans le domaine de l'électronique, la réparation des démodulateurs et autres gadgets, en suivant un stage d'installateur d'alarmes automobiles, lui qui a inventé un système non seulement d'alarme mais aussi de contrôle à distance de véhicule. «J'ai eu des propositions de personnes et de petites sociétés. Leurs offres n'ont pas été satisfaisantes. C'était pour la plupart des gens dont le souci principal est le gain d'argent sans une contrepartie notamment en ce qui concerne le développement et l'optimisation du système. Mon souhait est d'optimiser le dispositif, de le miniaturiser avant d'entrer dans une phase de fabrication à grande échelle. Et pour cela, je cherche des partenaires sérieux», souhaite-t-il. A bon entendeur.