Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Halte à suivre

par El-Guellil

Nous cultivons l'immobilisme. Nous pratiquons en permanence l'accommodement quotidien avec les caprices du temps et de la météorologie du Pouvoir. Nous avons appris à ruser, à tricher, pour essayer, chacun de son côté, de tirer un avantage, un bénéfice. A mesure que nous le faisons, nous nous haïssons chaque jour davantage parce que nous savons que ce comportement n'est guère glorieux. Surtout, nous avons sans doute intégré dans notre inconscient le fait que, ce faisant, nous participons collectivement au naufrage de notre pays.

Il y a un espoir, je crois. Il réside précisément dans le fait que, bien que beaucoup d'entre nous arrivent à tirer un avantage de cette situation de non-droit et d'amoralité, nous n'en sommes pas satisfaits. Nous pratiquons la ruse et la triche et nous nous en voulons inconsciemment. Il y a sans doute de la place pour un discours nouveau qui propose une pratique nouvelle, un retour à la vertu et aux valeurs traditionnelles qui ont fait la force naguère de notre société. Ce discours répondra sans aucun doute à une attente, l'attente d'un peuple qui désire ardemment retrouver du sens, redevenir acteur de son destin. La morale s'effondre, la rapine se développe et ses fruits s'exposent sans vergogne. On a le droit de se demander si la convocation du religieux ne sert pas in fine à absoudre par avance des comportements délictueux !

Un nouveau discours doit en appeler au sens du devoir et de l'intérêt commun. Il doit naturellement s'adosser aux valeurs de notre pays, la générosité, l'altruisme qui sont les marques de fabrique de l'Algérie de toujours. Il doit convoquer la mémoire partagée des épreuves subies en commun, des succès d'hier. Il doit appeler à la construction d'une Algérie nouvelle sur des bases totalement différentes de celles sur lesquelles elle chancelle aujourd'hui…

Oui, une Algérie nouvelle, celle de citoyens convaincus d'une communauté de destin, tendus vers l'établissement d'une Nation débarrassée des spectres de la corruption généralisée et de son corollaire, le renoncement !