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Oran :
Une 2e tranche sur 17 km et mise à niveau des 2 rocades: La pénétrante portuaire attend encore son parachèvement
par Houari Saaïdia A tout point de vue, la
connexion entre le port et l'autoroute Est-Ouest est le plus grand projet
routier qu'a connu Oran. En termes de technicité, ce chantier est sans commune
mesure. Audacieux, il marche sur l'eau par enrochement sur mer, transperce le rocher
par tunneliers, asservit une topographie des plus hostiles, repoussant ainsi
les limites terrestres d'une ville qui ne veut plus tourner le dos à sa mer.
Cette desserte autoroutière, mise en service en août 2024, qui a bravé tous les obstacles naturels, physiques et géologiques qui se dressaient sur son passage : mer, rivage, milieu poreux, éboulis rocheux, dépôt sédimentaire, falaise abrupte, terrain en pente raide, sol instable..., ouvre peu à peu les horizons d'une ville qui veut vivre et s'épanouir, avoir un pied dans l'eau qui lui était longtemps interdite. Cette route, avant même qu'elle n'ait été ouverte, on la voyait déjà apporter la délivrance, l'émancipation, la vie, l'effloraison, le développement, le raz-de-marée en sens inverse. Car, oui, la ville s'arrêtait au seuil de son port. Une frontière, une barrière, une impasse. Jusqu'à l'arrivée de cette route. Ce ruban d'espoir. En jetant un coup d'œil du haut de la frange marine, extension urbaine du Front de mer côté est, on voit déjà s'effriter pierre à pierre ce vieux rempart ville-mer. Cet interminable brise-lame érigé sur terre ferme. On voit cet étendu grillage surélevé de fil barbelé se démanteler, panneau à panneau, au fur et à mesure que prend corps le tracé de la pénétrante portuaire. Celle-là, bien plus qu'un corridor autoroutier déviateur de trafic vers l'extra-muros et une voie de transit excentrique à effet soulageant sur le réseau urbain et suburbain, est un trait d'union entre deux espaces adjacents, la ville et le port, qui ne se communiquaient que par l'intermédiaire d'un débarcadère. Mais aussi une veine qui apportera du sang neuf et insufflera un nouveau souffle à la zone portuaire sur le point d'inaugurer son nouveau terminal à conteneurs, les pôles économiques, les zones industrielles et d'activités qu'elle aura à interconnecter. C'est par-dessus tout le déclencheur potentiel d'une métamorphose de la façade maritime de la ville côté est, pratiquement du centre-ville jusqu'à Kristel. MISE À NIVEAU DU 4e PERIPH, RACCORDEMENT AVEC LE 5e ET LA CORNICHE Quoi qu'il en soit, il est clair que les pouvoirs publics ne sont plus au stade des intentions et ont déjà, au moins, un plan d'actions pour la reconfiguration de tout l'espace adjacent et sous-jacent, appelé forcément à se métamorphoser pour être à jour avec la nouvelle vocation de cette bordure maritime de la métropole sous l'effet de la grande boucle côtière qui pointe déjà son nez. Cependant, si la route est déjà opérationnelle, il est impératif de finaliser trois autre opérations d'une extrême importance qui lui sont annexées, et sans lesquelles cette liaison autoroutière autant laborieuse que coûteuse ne donnera pas tous les résultats et ni ne satisfera les objectifs pour lesquels elle a été conçue à l'origine. Primo : la 2e tranche du projet sur 18 km qui consiste en la mise à niveau de la Rocade (4e périphérique) jusqu'à l'échangeur de la RN4 et du tronçon de la RN4 à l'échangeur de l'autoroute Est-Ouest. Secundo : le raccordement de la pénétrante portuaire avec l'autoroute Est-Ouest via deux variantes, dont la première concerne selon l'étude d'avant-projet définitif (APD) la mise à niveau sur 18 km de la 1re Rocade jusqu'à l'AEO et la seconde entre l'échangeur de Canastel et la 2e Rocade (5e périphérique en cours d'achèvement) sur un linéaire de 5 km. Tertio : le raccordement de la pénétrante portuaire avec la ville d'Oran, côté ouest. Il faut savoir par ailleurs cette 1re tranche (la plus difficile et compliquée) de 8,4 km sur un linéaire total de 26 km, consistant en un million de m3 de terrassement, 10 ouvrages d'hydraulique, un ouvrage d'art (viaduc) long de 1,2 km, 2 échangeurs, 2 tunnels en tubes dont un sur 3,1 km et l'autre en tranchée couverte de 2,5 km, ainsi qu'un ouvrage maritime sous forme de digue sur 1,7 km. |
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