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La diffusion d'initiatives
caritatives durant le mois de Ramadhan à travers les médias audiovisuels doit
impérativement s'inscrire dans le respect de la dignité des bénéficiaires, de
la transparence financière et du cadre légal en vigueur. Si ces actions
traduisent un élan de solidarité louable, elles ne doivent en aucun cas être
détournées à des fins de promotion personnelle ou de manipulation émotionnelle.
Dans ce contexte, l'Autorité nationale indépendante de régulation de l'audiovisuel (ANIRA) a mis en garde les médias audiovisuels contre toute activité caritative ou campagne de collecte de dons relayée avec des visées dissimulées. Exploitant ainsi la souffrance ou la précarité de certaines personnes à des fins médiatiques. L'Autorité a insisté, dans un communiqué rendu public, sur la nécessité de préserver la dignité des personnes concernées par les actions de solidarité et de ne pas exploiter médiatiquement leur situation ». Elle rappelle également que ces campagnes ne doivent en aucun cas être utilisées « à des fins de promotion personnelle ou d'exploitation de la dimension religieuse ou émotionnelle pour réaliser des gains au détriment de l'intérêt général ». L'ANIRA a réagi après avoir constaté « la diffusion, par certaines chaînes, de programmes et de campagnes de solidarité au cours desquels des dons ont été collectés sans préciser la destination des fonds ni les mécanismes de gestion et de transparence nécessaires ». Elle rappelle que « l'exercice des actions de solidarité via les médias audiovisuels demeure soumis à un cadre légal et réglementaire contraignant, garantissant la transparence et la préservation de l'intérêt général ». À ce titre, l'Autorité souligne les dispositions de l'article 32 de la loi 23-20, selon lesquelles les services de communication audiovisuelle sont tenus de s'abstenir de diffuser ou de publier des contenus mensongers, y compris dans le cadre de campagnes médiatiques, afin de garantir l'objectivité de l'information et de protéger le public contre toute forme de manipulation. Elle précise également que toute activité caritative relayée par les médias doit être menée dans la transparence et l'intégrité, exclusivement par des organismes légalement habilités, conformément à la réglementation en vigueur. L'Autorité prévient que ces pratiques restent soumises au contrôle légal et réglementaire, dans le respect des règles déontologiques du travail médiatique. En prévenant qu'elle se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires contre d'éventuels dépassements afin de protéger l'intérêt général et de préserver le caractère sacré de ce mois béni. Cette prise de conscience progressive commence à se manifester, visant ainsi à mieux encadrer l'action solidaire et à préserver la dignité des bénéficiaires. Parce que, tout simplement, certaines initiatives humanitaires ont parfois dérivé vers des mises en scène diffusées également sur les réseaux sociaux, où les opérations de distribution sont filmées et les personnes aidées exposées, soulevant des interrogations sur les limites éthiques de ces pratiques. Dans cette optique, le wali d'Oran, Ibrahim Ouchene, a donné des instructions strictes interdisant de filmer les opérations de distribution des couffins de Ramadhan. Il a souligné que ces aides doivent soutenir les familles nécessiteuses dans le respect de leur dignité, sans transformer leur situation en contenu médiatique ou numérique. |
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