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Palestine: Les pires sévices dans les prisons israéliennes

par Mohamed Mehdi

Samedi, 132e jour du cessez-le-feu, Israël continue ses violations de l'accord de Charm Al-Cheikh, faisant des centaines martyrs et davantage de blessés depuis la signature du « plan de paix », dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

Dans son rapport statistique publié, samedi, le ministère de la Santé a fait état de 11 nouvelles victimes des attaques israéliennes, dont 1 martyr et 10 blessés, lors des précédentes 48h (jeudi et vendredi).

Le bilan des victimes, depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025 (respecté uniquement par la partie Palestinienne), passe ainsi à 612 martyrs et 1.640 blessés, ainsi que 726 corps retirés des décombres. Le nombre cumulé des victimes du génocide israélien à Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, passe à 72.070 martyrs et 171.738 blessés.

Le complexe médical Nasser a rapporté samedi le martyr d'un Palestinien par des tirs d'un drone israélien à proximité des zones de déploiement des forces d'occupation au sud de Khan Younes, a indiqué Al Jazeera.

En outre, un correspondant de la chaine a fait état de frappes aériennes d'avions de combat tôt dans la matinée d'hier sur des zones situées à l'est de Khan Younes, et que des vedettes de la marine de guerre sioniste ont pris pour cible des bateaux de pêche au large de la ville. Ces attaques font suite à de nouvelles opérations de démolition menées vendredi soir par les forces d'occupation dans des zones où elles sont déployées à l'est du camp de réfugiés d'al-Bureij, dans le centre de la bande de Ghaza.

De son côté, l'UNRWA a appelé à la nécessité d'une application stricte du cessez-le-feu qui « reste fragile » puisque les Palestiniens continuent d'être des victimes d'attaques israéliennes. « La persistance des violences, des déplacements de population et des restrictions d'accès humanitaire entravent la fourniture de l'aide essentielle », a écrit vendredi l'UNRWA sur la plateforme X. « Un cessez-le-feu véritable et durable est nécessaire de toute urgence », ajoute l'agence onusienne.

Mesures fermes contre les commerçants indélicats

La Direction générale de la police de Ghaza a annoncé, hier dans un communiqué, avoir pris des « mesures strictes à l'encontre des commerçants et vendeurs qui ne respectent pas les prix administrés » durant cette période de Ramadan. «Les services de police compétents ont entamé l'application de mesures strictes à l'encontre des commerçants et vendeurs qui manipulent les prix et se livrent à des pratiques abusives et monopolistiques durant le mois sacré du Ramadan », indique le communiqué. En outre, la police a exhorté « tous les vendeurs, commerces, chauffeurs et citoyens » au respect de la décision « d'accepter tous les billets usagés », rappelant que « toute personne contrevenant à cette règle s'expose à des poursuites judiciaires ». « À cet égard, la police invite les citoyens à signaler les cas de monopole et de manipulation des prix, ainsi que les personnes refusant d'accepter les billets (usagés, ndlr), quelle que soit leur valeur, en appelant des numéros d'urgence ou en déposant une plainte au commissariat le plus proche ». Pour rappel, Ghaza fait face depuis plusieurs mois à une importante crise de cash en raison des restrictions imposées par l'entité sioniste de laisser entrer de l'argent liquide dans les territoires palestiniens pour renouveler les shekels en très mauvais état.

Des journalistes palestiniens témoignent

Dans un rapport publié, jeudi, par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), des journalistes palestiniens « décrivent avoir été systématiquement maltraités, battus et affamés dans les prisons israéliennes». Intitulé « Nous sommes revenus de l'enfer », le rapport « documente les allégations de sévices systématiques infligés à des journalistes palestiniens par leurs geôliers israéliens lors de leur détention entre octobre 2023 et janvier 2026 ». «Sur les 59 journalistes libérés par Israël durant cette période et interrogés par le CPJ, tous sauf un ont déclaré avoir subi ce qu'ils ont décrit comme de la torture, des sévices ou d'autres formes de violence pendant leur détention », affirme le Comité, qui affirme avoir « examiné les preuves fournies par les détenus, notamment des photographies, des rapports médicaux et des documents juridiques ». Pour Jodie Ginsberg, directrice générale du CPJ, les témoignages révèlent un « schéma clair dans la manière dont les journalistes palestiniens ont été traités en détention israélienne», ajoutant que ces récits dévoilent « bien plus que de simples fautes isolées ». Les journalistes décrivent des « passages à tabac, parfois graves, la famine, la négligence médicale, ainsi que des violences sexuelles, y compris des viols », ainsi que des « menaces psychologiques, de positions de stress infligeant des douleurs prolongées et d'une exposition prolongée à des niveaux sonores élevés, notamment à de la musique en continu ».

« Le CPJ a recensé la détention d'au moins 94 journalistes palestiniens et d'un employé de médias durant la période couverte par le rapport : 32 journalistes et un employé de médias originaires de Gaza, 60 de Cisjordanie et deux en Israël. Au 17 février 2026, trente personnes restaient en détention », écrit le Comité. Selon la même source, « plus de 80% (48 sur 58) des journalistes palestiniens interrogés n'ont jamais été inculpés et ont été placés en détention administrative ». Les journalistes affirment également avoir été empêchés de consulter leurs avocats. « Au moins 21 d'entre eux ont affirmé s'être vu refuser une représentation juridique adéquate, et 17 ont déclaré n'avoir pas été autorisés à parler à un avocat du tout », note le CPJ. Le CPJ a recensé 27 cas de négligence médicale, aggravant souvent les blessures subies lors de passages à tabac ou d'interrogatoires, et, dans plusieurs cas, la complicité de personnel soignant dans les violences perpétrées contre les détenus, souligne le document. Parmi les 59 journalistes interrogés, « 55 ont fait état de faim extrême ou de malnutrition », alors que deux « ont déclaré avoir été violés en détention ». « Les témoignages font état de violences sexuelles répétées, les journalistes décrivant des agressions visant à les humilier, les terroriser et les traumatiser à vie », lit-on dans le rapport.