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Violence (s)... Sportive (s)?

par Belkacem Ahcene Djaballah

Dimanche 8 février 2026 à Zanzibar, le CR Belouizdad était opposé au club local de ‘Singida Black Stars', pour la cinquième journée de la phase de groupes de la Coupe de la CAF. En effet, après le coup de sifflet final et malgré la victoire des leurs (0-1), synonyme de qualification pour les quarts de finale, les supporters ayant fait le déplacement en Tanzanie envahissent le terrain. Ils ont pris à partie le coach, Sead Ramovic, qu'ils ont copieusement insulté, réclamant son départ immédiat de la barre technique des ‘Rouge et Blanc'. Le technicien en question n'a dû son salut qu'à l'intervention de ses joueurs qui l'ont protégé et aidé à rejoindre le vestiaire, sous le regard étonné du public tanzanien et des officiels, chargés d'officier lors de cette empoignade. A noter que des faits similaires s'étaient produits la veille à San Pedro, où des individus, présentés comme des fans usmistes, avaient fait irruption dans le lieu de résidence de leur équipe durant son séjour en terre ivoirienne. Le directeur sportif général, Saïd Allik, aurait été la cible d'agressions verbales et d'insultes de la part de « supporters », tandis que certains joueurs auraient également été pris à partie. Deux incidents, graves à mon avis, qui se sont déroulés non en Algérie, comme cela est de coutume mais à quelques milliers de km d'Alger. Loin, bien loin. Etrange, non ? On sait les jeunes Algériens fous de foot' grands voyageurs mais jamais, au grand jamais, nous n'avions assisté à de tels débordements aussi loin du pays.

Bien sûr, on nous dit que ce sont des supporters algériens qui ont fait le déplacement. Des supporters lesquels, étrangement, ne se sont pas exprimés par la suite, soit pour confirmer leur participation soit pour rejeter les accusations. Etrange, non ? Comme par hasard, tout cela est venu juste après les « incidents » connus lors de la finale de la dernière Coupe africaine des nations s'étant déroulée au Maroc, finale qui avait vu le Sénégal décrocher le trophée au grand dépit du pays d'accueil. Juste avant le début des négociations sur le Sahara occidental. Juste avant la 35e session du Sommet du Forum des chefs d'Etat et de Gouvernement du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP), à Addis-Abeba. Juste avant. Et, même après. Je ne suis pas un « complotiste », loin de là. Mais je crois savoir qu'en politique internationale, de nos jours, pour ne pas dire depuis toujours, les actions parallèles, soft ou violentes, sont considérées comme les plus payantes.

Du moins, le pense-t-on, jusqu'au scandale inattendu qui met tout à nu. Encore des coups (« fourrés à la haine, à la rancune et à l'envie ») de ceux, surtout d'ailleurs, qui ne nous portent pas dans leur cœur et qui font feu de tout bois, afin de ternir l'image extérieure de notre pays. Suivez mon regard ! A l'Ouest, à l'Est et au Nord et, même au Sud.

Ps: Je pense qu'il est temps que les supporters de nos clubs s'organisent en associations locales agrées. Certes, pour « encadrer», mais aussi et surtout pour contrecarrer toutes les mauvaises intentions manipulatoires («astroturfing»), d'ici et d'ailleurs.