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Crimes de guerre et d'apartheid en territoire palestinien: Les présidents de la FIFA et de l'UEFA accusés de complicité

par Mohamed Mehdi

Vendredi, 131e jour du cessez-le-feu, Israël continue ses violations de l'accord de Charm Al-Cheikh, faisant des centaines martyrs et davantage de blessés depuis la signature du «plan de paix», dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

Dans son rapport statistique publié, jeudi, le ministère de la Santé a fait état de 6 nouvelles victimes des attaques israéliennes, dont 2 martyrs et 4 blessés, lors des précédentes 24h (mercredi).

Le bilan des victimes, depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025 (respecté uniquement par la partie palestinienne), passe ainsi à 611 martyrs et 1.630 blessés, ainsi que 726 corps retirés des décombres. Le nombre cumulé des victimes du génocide israélien à Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, passe à 72.069 martyrs et 171.728 blessés.

Le Ramadhan dans les geôles sionistes : «Quand la faim devient le quotidien»

Avec l'arrivée du Ramadhan, «plus de 9300 Palestiniens sont détenus dans les prisons d'occupation israéliennes, dont 70 femmes et 350 enfants», lit-on dans une publication du Bureau des médias des prisonniers, qui rappelle que les autorités pénitentiaires rendent les conditions d'incarcération davantage catastrophiques pendant ce mois sacré du jeûne.

En réalité, «le jeûne est devenu une pratique quotidienne depuis le 7 octobre 2023, conséquence de la politique de famine imposée» par l'administration pénitentiaire, explique la publication qui se base sur des témoignages de prisonniers palestiniens.

Pendant le Ramadhan, l'heure de l'Iftar est retardée, et la nourriture est encore de plus mauvaise qualité que d'habitude : «maigre, froide et parfois avariée». Même les exemplaires du Coran sont confisqués durant ce mois, tout comme les couvertures et les ustensiles de cuisine. Les détenus sont soumis à un sévère rationnement de l'eau pour les ablutions, et l'électricité est coupée à l'heure de l'Iftar et du S'hour.

Outre l'interdiction des prières collectives, des raids sont menés dans les cellules surpeuplées, les détenus soumis à des passages à tabac, et privés de douches, ajoute le document du Bureau des médias des prisonniers sur son canal Telegram.

Plainte devant la CPI

«Le président de la FIFA, M. Infantino, et le président de l'UEFA, M. Èeferin, sont accusés de complicité de crimes de guerre (notamment le transfert de populations civiles vers les territoires occupés) et de crimes contre l'humanité (notamment l'apartheid) en vertu du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI)», a indiqué Euro-Med Human Rights Monitor, une des organisations ayant déposé la plainte auprès du Bureau du Procureur de la CPI le 16 février 2026.

Selon le communiqué, la plainte porte sur «l'inclusion, par la FIFA et l'UEFA, de clubs de football israéliens basés dans des colonies illégales en territoire palestinien occupé, construites sur des terres volées au peuple palestinien».

Autres accusations portées contre la FIFA et l'UEFA : les autorisations qu'elles accordent aux clubs israéliens «à participer aux championnats organisés par la Fédération israélienne de football et à disputer des matchs sur les terres saisies», ainsi que le «soutien financier et structurel» accordé par les deux Fédérations à ces clubs. Outre le fait «qu'elle enfreint les statuts de la FIFA et de l'UEFA», cette pratique : «normalise la vie dans les colonies et légitime l'occupation illégale de la Palestine par Israël, contribuant ainsi au transfert de population civile vers les territoires occupés», «favorise l'apartheid».

Dans leur déclaration, les plaignants soulignent que «les Palestiniens ne sont pas autorisés à assister aux matchs en tant que spectateurs, à jouer pour les clubs des colonies illégales, ni à en devenir les dirigeants», alors que «les colonies font partie intégrante du projet colonial du gouvernement israélien».

Les présidents de la FIFA et de l'UEFA sont accusés d'avoir «agi en toute connaissance de cause», et d'avoir «ignoré de nombreux rapports et courriers qui leur ont été adressés par des experts des Nations Unies en matière de droits humains, Human Rights Watch, Amnesty International et des membres du Parlement européen, entre autres».

Il est également reproché au président de la FIFA d'avoir usé de son pouvoir pour «réprimer tous les efforts de la Fédération palestinienne de football pour recouvrer son autorité juridique et politique sur son territoire», rejetant la «recommandation du Comité de suivi Israël-Palestine de la FIFA d'exclure les clubs des colonies ou de sanctionner la Fédération israélienne de football».

«Sous la direction politique de M. Èeferin, l'UEFA a de facto étendu son territoire et sa juridiction administrative à la Palestine occupée, c'est-à-dire aux zones relevant de la Fédération palestinienne de football et, par conséquent, de la Confédération asiatique de football», explique encore le communiqué.

«Les parties accusatrices ont déposé un dossier de 120 pages, accompagné de preuves, auprès du Bureau du Procureur de la CPI le 16 février», lit-on dans le document, précisant que parmi les plaignants figurent des footballeurs et des clubs palestiniens, des propriétaires fonciers, une organisation de défense des droits de l'homme en Palestine et des groupes de plaidoyer : Irish Sport for Palestine, Scottish Sport for Palestine, Just Peace Advocates, Sport Scholars for Justice in Palestine et Euro-Med Human Rights Monitor.