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Dire
que la promesse n'est pas une simple impulsion. Elle doit être un sacerdoce si
elle est bien réfléchie et mature. Sinon ,c'est à la
déception et à la méfiance de l'accueillir. Que demander au bon Dieu ? Sinon
clémence et absolution en ce mois béni et sacré. Que demander à l'Etat ? Que
paix, pain et gîte. Que demander au peuple, à nous, à vous, aux autres? Que patienter et espérer. C'est insignifiant, voire
burlesque et résigné d'attendre, dans une patience qui aveugle nos lendemains,
qu'un miracle étatique se réalise pour nous voir installés dans le confort
souhaité. C'est de longue haleine que tout progrès peut surgir. Ce n'est pas à
l'Etat de venir semer l'éducation dans les yeux des enfants qui courent les
rues entre une école et une récréation, qui s'agglutinent dans les cages
d'immeubles pour goûter le voyage du nirvana. La famille assume la primeur de
tout rôle éducatif. C'est dire que l'Etat est loin de pouvoir se confondre dans
le pouvoir du foyer parental.
Le pouvoir factuel s'habille toujours des tuniques de l'Etat. Seulement l'un et l'autre portent des couleurs différemment successives, les unes pour l'un sont pérennes, les autres pour l'autre sont circonstancielles. La responsabilité quant aux promesses de l'Etat est une chose, celle des autres est tout autre. L'Etat, ses promesses se légifèrent, se réglementent. Elles sont sensées ainsi être solennelles et expresses. L'on s'en souvient à l'infime détail. Parfois elles se contiennent dans des discours ,et c'est où le hiatus, l'improbabilité le peut-être s'installent. L'ennemi des promesses est la fluctuation des délais. Le pire, est l'oubli. Loin de toute étude draconienne de faisabilité, des dirigeants sous l'euphorie de l'effet d'annonce, tombent dans l'erreur de vérité. Celles des autres importent peu. Ce sont juste des vœux, des désirs que l'on souhaiterait voir se faire par ce sésame de inchallah. Ils oublient qu'une promesse de faite est une dette qui vacille entre l'espoir et la frustration. Dire que la promesse n'est pas une simple impulsion. Elle doit être un sacerdoce si elle est bien réfléchie et mature. Sinon, c'est à la déception et à la méfiance de l'accueillir. Ils nous ont promis un pays nouveau, un autre horizon, nous vivons dans de nouvelles paroles qui savent bien dessiner les nouveaux pays et miroiter de parfaits horizons. La grammaire parolière est populairement correcte, la concordance des temps est articulée à un difficile futur imparfait. Ils ont fait les institutions, reste la restauration des mœurs, des conduites et des réflexes. Dans ce genre d'imbroglio, l'on ne peut trouver un unique responsable, ni culpabiliser la collectivité. Les lois applaudies à mains chaudes demeurent otages dans la froideur de certaines mains et somnolent dans la tiédeur de têtes inaptes d'aller au champ de l'application. Aussi, est-il hasardeux de déléguer à n'importe qui une promesse que l'on ne fait pas à n'importe qui. Le peule. Une promesse lancée et non tenue est comme une capitulation au lancement d'un assaut guerrier. Dans une élection législative, que peut promettre un candidat à la députation ? L'on a vu, dans un passé, l'un dire inscrire la réalisation d'un stade, l'autre d'un hôpital. L'on a vu, en finalité des promotions immobilières s'élever des minoteries se reconstruire et des réseaux se constituer. Le pauvre électeur se désillusionne et se rabat pour toute attente vers l'Etat et ses démembrements. L'on a tout le temps à oublier la quintessence des promesses. Une promesse de faite est une sorte de bouée de sauvetage lancée en plein roulis à une âme en phase d'agonie par noyade. Un sérum vital injecté dans les veines d'un mourant. Et si rien n'arrive à destination, la frustration meurtrière tiendra à faire suffoquer le dernier espoir. Si faire promesses est donner espoir, ne pas la tenir, c'est tuer sa parole. Il ne faut pas promettre le paradis quand on n'a pas les attributs du bon Dieu, comme il ne faut pas promettre de belles chansons quand on a un mauvais orchestre. Un ami m'avait promis, un certain jour, de prendre en ma compagnie un café sur une belle terrasse algéroise. Il n'est pas venu à l'heure convenue, soit dans le délai fixé pourtant par ses soins et voté par les miens dans la constitution et la loi amicales qui nous lient. Je n'en ai pas vu là une promesse non tenue, juste tardive et savamment argumentée par sa propagande. Dois-je être pour autant bouleversé, remué? Non, me disais-je, j'ai pris goût aux promesses non tenues, alors les tardives m'ébahissent. Une promesse dans un quartier, ça peut s'apparenter à une rue que l'on gratte, sous le coup d'envoi du wali pour la recouvrir en bitume et qu'elle reste dans cet état de nudité des mois et des mois. Le wali tient,croit-il, se suffire juste à secouer un chiffon de démarrage et le reste l'on s'en fout. Les pneus et les semelles en ont pris goût. Quand un gouverneur, un maire ou tout autre agent public ou détenteur d'une parcelle de prorogative de puissance publique promet, rend immédiatement son institution débitrice de quelque chose, c'est comme s'il vient de contracter une dette d'honneur qu'il faudrait honorer en tous cas. C'est dire de se convaincre intensément de ne promettre que ce que l'avenir allait nous permettre de tenir, sinon ça sera comme le passage d'une lampe sans luminescence, un soleil sans chaleur ou un beau rivage sans plages. Les promesses ne sont pas toutes à caractère politique. Celles-là sont d'un niveau supérieur et qui ne poussent que dans le champ des campagnes. Électorales, bien entendu. Les autres sont d'ordre souvent administratif. Quelle promesse politique fait un wali quand il s'engage à bâtir des milliers de logements sociaux ou autres en extra muros et veiller à suivre aux fins fonds de leur détails techniques? Pas de mauvaise maçonnerie, pas de dol, tranquillité, école,dispensaire, transports eau ,électricité et gaz garantis. Voilà ce dont il a la charge fonctionnelle et éthique. Et le maire, n'a pas besoin de qui que ce soit pour changer une lampe d'éclairage public ou assurer la salubrité des cités. Là, il n'y a rien de politique, ni de promesses à faire. C'est une mission citoyenne, indéterminée, sans partis,ni aucune idéologie. La valeur d'un homme, s'accorde-t-on à affirmer collégialement se niche dans sa parole. Parole d'homme. Ceci s'exerce, s'apprécie ou se déprécie à tout niveau. Du sommet au bas de l'échelle organique politique ou sociétale. Donner sa parole pour faire quelque chose, doit devenir une obstination acariâtre à la réaliser. Sinon, le silence, le black-out, l'évitement serraient la meilleure issue de sauvegarder et son rang et son honneur, si son sens reste bien perçu. Heureusement que face à de nombreuses failles de promesses émises et restées sans lendemain pour une raison ou une autre, subsiste la résilience. L'éloignement du désespoir. Espérer, par contre, est un douceâtre antalgique face aux soupirs des attentes. Ça finira par nous faire croire, à la longue, que ce qui a été promis surviendra ? un jour. Au moins, ceci nous rassure et nous fixe dans nos bottes. Toutes les croyances ne sont pas en finalité toutes inutiles. Car chaque croyance rajoute du temps à la longévité de l'espérance. |
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