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Industrie automobile: Vers l'élaboration d'un référentiel national d'intégration
par M.Aziza Les pouvoirs publics
affichent une volonté claire de rompre avec les dérives du passé dans le
secteur automobile, en dépassant le simple assemblage pour s'orienter vers une
véritable production locale fondée sur un taux d'intégration significatif,
notamment à travers le développement de la sous-traitance nationale.
Dans ce cadre, le Premier ministre Sifi Ghrieb a présidé mardi dernier une réunion ministérielle consacrée à l'installation d'un groupe de travail chargé d'élaborer un référentiel national d'intégration dans l'industrie des véhicules, des autobus et des motocycles, indique un communiqué des services du Premier ministre. Ce référentiel constituera le document de référence pour le calcul des taux d'intégration réalisés par les constructeurs, condition essentielle pour bénéficier des avantages préférentiels prévus par le cadre législatif et réglementaire régissant cette activité. Il servira également de socle à la mise en place d'un réseau national intégré de sous-traitants spécialisés dans la fabrication de pièces et composants automobiles. L'objectif est d'augmenter progressivement le taux d'intégration nationale, de jeter les bases d'une industrie automobile durable et de favoriser une insertion effective dans les chaînes de valeur internationales. Selon le communiqué, cette initiative devrait contribuer à la création d'emplois durables dans les filières connexes, au renforcement du transfert de technologie, au développement des compétences nationales, ainsi qu'à la réduction de la facture d'importation des pièces détachées et composants. Il convient de rappeler que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a été clair sur cette orientation en affirmant, lors d'une rencontre avec la presse l'an dernier, que tout constructeur souhaitant opérer en Algérie doit atteindre un taux d'intégration locale d'au moins 40%. Le dernier cahier des charges de l'industrie automobile en Algérie impose, en effet, une industrialisation réelle, avec un taux d'intégration progressive visant entre 30 et 40% à l'issue de la cinquième année d'activité. Dans cette optique, les autorités misent notamment sur le secteur de la sous-traitance encore émergent, mais qui commence à s'imposer sur le marché automobile. À titre d'illustration, en marge du Salon « Méchanica Algérie » récemment tenu à Oran, près de 35 accords ont été conclus entre opérateurs privés, constructeurs automobiles et fabricants de pièces de rechange. Parmi eux, quatre conventions ont été signées par Stellantis pour la production de véhicules Fiat, en partenariat avec des sous-traitants spécialisés dans les équipements et composants automobiles, selon les déclarations du commissaire du salon, Sofiane Kahil, à l'APS. Par ailleurs, lors de la 18e édition du Salon « Equip Auto Algérie » tenu au Palais des Expositions à Alger, plusieurs fabricants locaux ont mis en avant leurs capacités dans la production de pièces de rechange automobiles. Parmi les 60 exposants nationaux, une trentaine d'entreprises se sont distinguées dans la fabrication de pièces, d'huiles, de pneus et de batteries, avec des taux d'intégration appréciables. D'ailleurs, un réseau national regroupant les producteurs locaux de pièces de rechange automobiles a été annoncé par les hautes autorités. Et ce, afin de dynamiser la sous-traitance industrielle et soutenir la montée en puissance de l'industrie automobile locale. |
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