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Palestine: La vague de soutien à Francesca Albanese s'élargit

par Mohamed Mehdi

Mardi, 128e jour du cessez-le-feu, Israël continue ses violations de l'accord de Charm Al-Cheikh, faisant des centaines martyrs et davantage de blessés depuis la signature du «plan de paix», dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

Les attaques israéliennes se poursuivent à Ghaza. Dès l'aube de mardi, des bombardements d'artillerie et des démolitions de maisons ont été signalés à l'est de Khan Younes, dans le sud de l'enclave.

L'agence Shehab News a rapporté que des vedettes israéliennes ont arrêté deux pêcheurs, répondant aux noms de Ahmed Sobhi Saadallah et Mohammed Khamis Saadallah, au large des côtes à l'ouest de la ville de Ghaza après avoir ouvert le feu sur leur embarcation. La même source a indiqué qu'un blessé a été transféré à l'hôpital Al-Awda de Nuseirat après qu'un drone israélien a largué une bombe sur un groupe de civils à Al-Maghraqa, dans le centre de la bande de Ghaza.

Une source de l'hôpital Al-Shifa a confirmé à Shehab News le martyr d'un enfant, Youssef Asaliya, visé par des tirs israéliens près de la ligne jaune à Jabalia, dans le nord de l'enclave.

En outre, un citoyen palestinien, Jaber Ali Suleiman Baraka, est décédé des suites de blessures par des tirs israéliens il y a deux mois, près du rond-point de Bani Suheila, à l'est de Khan Younès, ajoute l'agence palestinienne.

La Protection civile récupère les restes de 24 martyrs sous les décombres

La Protection civile de Ghaza a annoncé, lundi sur son canal Telegram, que ses équipes de recherche du Gouvernorat Nord «ont retrouvé 24 corps au domicile de la famille Al-Nasr, dans le complexe immobilier de Beit Lahia». Les équipes de la Protection civile ont également retrouvé le corps de Hamza Ashour (25 ans) dans une fosse qu'il creusait pour un puits près de l'école Hamama, à Sheikh Radwan. Dans son rapport annuel 2025, «la Direction générale de la Protection civile révèle le décès de trois personnes alors qu'elles tentaient de creuser des puits d'eau potable dans différentes zones de la bande de Ghaza». Le rapport indique que «les équipes de secours sont intervenues à 19 reprises suite à des effondrements de sablières profondes qui ont piégé des citoyens venus chercher de l'eau», précisant que parmi les nombreuses victimes, trois sont décédées après leur transfert à l'hôpital.

Le document appelle les autorités compétentes à trouver des solutions alternatives viables pour fournir de l'eau aux citoyens et à les empêcher de creuser leurs propres puits, mettant ainsi leur vie en danger.

Campagnes de désinformation virulentes

Les expressions de soutien à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens, se poursuivent après les appels à sa démission émanant des ministres des Affaires étrangères d'au moins trois pays européens qui ont repris, sans les vérifier, des propos attribués à l'experte en droits de l'homme, manipulés par des mouvements pro-sionistes. Dans une lettre ouverte publiée lundi, «plus de 100 personnalités du monde des arts et du spectacle», initiée par le collectif Artists for Palestine, ont exprimé leur «soutien total à Francesca Albanese, défenseure des droits humains et, par conséquent, du droit à l'existence du peuple palestinien», rapporte Middle East Monitor (MEMO).

La publication cite parmi les signataires «les acteurs Mark Ruffalo et Javier Bardem, l'écrivaine Annie Ernaux, prix Nobel de littérature, et la musicienne britannique Annie Lennox, les réalisateurs nommés aux Oscars Yorgos Lanthimos et la Tunisienne Kaouther Ben Hania qui a obtenu le Grand prix du jury, à la Mostra de Venise 2025, pour son film «La Voix de Hind Rajab».

En outre, dans un message publié sur son compte X officiel, Philippe Lazzarini, Commissaire général de l'UNRWA, a déclaré, lundi, que les «récentes attaques» contre Francesca Albanese «visent à la faire taire et à saper les quelques mécanismes indépendants de surveillance des droits humains qui subsistent». «À maintes reprises durant la guerre à Ghaza, nous avons constaté comment des campagnes coordonnées cherchent à discréditer et à réduire au silence celles et ceux qui dénoncent les atteintes aux droits humains et les violations du droit international humanitaire», a-t-il rappelé. S'adressant, sans les nommer, à ceux qui appellent à la démission de Mme Albanese, M. Lazzarini ajoute : «Notre réaction face aux fausses informations et aux campagnes de désinformation virulentes est révélatrice de notre sens moral». De son côté, le Conseil des organisations palestiniennes de défense des droits humains (PHROC, un groupe d'ONG palestiniennes) a exprimé «son soutien et sa solidarité à la Rapporteuse spéciale Francesca Albanese» et a «condamné fermement les campagnes de diffamation et les appels à sa destitution lancés par des États européens».

«Ces campagnes à motivation politique cherchent à remonter le temps et à réduire au silence toute voix de la vérité qui place les États au-dessus de leurs responsabilités et leurs obligations juridiques concernant le génocide en cours contre le peuple palestinien dans la bande de Ghaza et les violations en Cisjordanie», ajoute le Conseil.