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Deux enfants tués en Cisjordanie: L'Autorité palestinienne à l'index

par Mohamed Mehdi

Lundi, 127e jour du cessez-le-feu, Israël continue ses violations de l'accord de Charm Al-Cheikh, faisant des centaines martyrs et davantage de blessés depuis la signature du «plan de paix», dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

Dans son rapport statistique publié, lundi, le ministère de la Santé a fait état de 13 nouvelles victimes des attaques israéliennes, dont 2 martyrs et 11 blessés, lors des précédentes 24h (dimanche).

Le bilan des victimes, depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025 (respecté uniquement par la partie palestinienne), passe ainsi à 603 martyrs et 1.618 blessés, ainsi que 726 corps retirés des décombres.

Le nombre cumulé des victimes du génocide israélien à Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, passe à 72.063 martyrs et 171.726 blessés.

Par ailleurs, dans un communiqué publié dimanche, le ministère de la Santé alerte sur la nécessité d'une large ouverture du point de passage de Rafah pour permettre à un plus grand nombre de malades et de blessés de se faire soigner hors de Ghaza.

«Plus de 20.000 patients et blessés attendent de pouvoir se faire soigner à l'étranger. La réouverture partielle du point de passage de Rafah est insuffisante pour faire face à l'ampleur de la catastrophe humanitaire», a déclaré le ministère.

Le communiqué ajoute qu'il existe de nombreux «cas critiques de personnes atteintes de cancer, de maladies cardiaques, d'insuffisance rénale et de blessures graves nécessitant des interventions chirurgicales complexes qu'il est impossible à réaliser dans la bande de Ghaza en raison du blocus et des attaques répétées contre le système de santé».

Le document relève que depuis l'annonce de la réouverture partielle du point de passage de Rafah le 2 février 2026, «le nombre de personnes autorisées à voyager demeure extrêmement limité et totalement disproportionné face à l'ampleur de la crise sanitaire qui s'aggrave». «Cette réouverture partielle est insuffisante et ne répond en rien aux obligations humanitaires minimales dues aux malades et aux blessés».

«Nous appelons les organisations internationales et humanitaires compétentes à intervenir immédiatement afin de faire pression pour garantir le droit des patients aux soins et à la liberté de circulation, car il s'agit d'un droit humain fondamental consacré par le droit international et les conventions internationales», ajoute le communiqué.

Deux enfants tués : Les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne dénoncées

Les factions de la résistance Palestinienne ont dénoncé, lundi, le meurtre des deux enfants du militant Samer Samara, recherché par l'occupation israélienne, par les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne, et qui a bouleversé la ville de Tammoun, dans le nord de la Cisjordanie occupée, provoquant une vive indignation et colère parmi la population, les factions de la résistance et la famille des victimes.

Le site Shehab News rapporte que «l'incident s'est produit lors d'une poursuite de leur père, lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur un véhicule civil transportant la famille». «Selon des témoignages et des sources locales, le véhicule a été pris pour cible dans un lieu public près du carrefour d'Al-Asharin à Tammoun, entraînant la mort des deux enfants de Samer, Ali et Ronza, et blessant d'autres membres de la famille. Samer a été arrêté, blessé», ajoute la même source.

Le Hamas a condamné ce crime, déclarant que «le meurtre d'enfants innocents s'inscrit dans la politique de répression menée par l'Autorité palestinienne contre le peuple palestinien». Le Hamas a exigé que les responsables soient traduits en justice», mettant en garde contre «la poursuite des politiques répressives visant le peuple palestinien et exigeant la libération des prisonniers politiques ainsi que l'unité des rangs pour faire face à l'occupation».

Le Jihad islamique, les Fronts populaire et démocratique de libération de la Palestine (FPLP et FDLP) et les Comités de résistance ont également condamné ce crime, insistant sur le fait que cibler des civils et des enfants est injustifiable et exigeant une enquête indépendante et la fin de ces pratiques dangereuses.

«Ce bain de sang exige une enquête approfondie et une obligation de rendre des comptes pour tous ceux qui sont impliqués dans cet incident. Cet événement ne peut être traité sans procédures légales et responsables», affirme le FPLP. De son côté, le FDLP «observe avec une vive inquiétude ce tournant dangereux dans la politique de l'Autorité palestinienne et de son appareil sécuritaire, ainsi que son approche fondée sur la coordination sécuritaire et la traque des résistants pour apaiser l'occupation» au moment où «l'occupation et ses colons en Cisjordanie occupée mènent une offensive féroce contre les citoyens palestiniens et leurs biens».