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La clémence du ciel, qui fait le bonheur
des agriculteurs, se conjugue également à la volonté des plus hautes autorités
visant à assurer la souveraineté alimentaire du pays. La pluviométrie
exceptionnelle enregistrée ces derniers mois tombe à pic, pour ainsi dire, avec
la mise en œuvre d'un ambitieux programme d'amélioration et de stockage des
récoltes.
Dans ce cadre, le professeur Ibrahim Mouhouche, expert en économie et gestion de l'eau et spécialiste en sécurité alimentaire et hydrique, a fait le constat d'une augmentation du niveau d'eau dans plusieurs barrages à l'échelle nationale, laissant présager une production agricole plus rentable que l'année dernière, a-t-il relevé. Intervenant sur les ondes de la radio nationale, M. Mouhouche a indiqué que les précipitations importantes enregistrées cette année par rapport aux années précédentes constituent un signe très positif, en particulier pour le secteur agricole. Il a expliqué que même si les précipitations sont abondantes, il est préférable qu'elles ne soient pas concentrées sur un seul mois ou quelques jours, mais qu'elles soient réparties sur toute l'année. M. Mouhouche a précisé dans ce sens que le sol absorbe environ 300 litres par mètre carré et que, lorsqu'il est saturé, l'eau suit deux voies: la première est le ruissellement vers les récifs et les vallées, puis vers les barrages, et la seconde est l'infiltration en profondeur, qui alimente les réserves d'eau souterraines. En ce qui concerne le remplissage des barrages, l'expert a révélé que huit à dix barrages ont débordé, dont celui de Beni Haroun, et que 58 barrages ont dépassé 50% de leur capacité, tandis que 15 barrages ont un taux de remplissage inférieur à 50%. Cependant, l'Algérie aspire toujours à augmenter le niveau de remplissage des barrages au-delà des niveaux actuels. Nécessité de développer les techniques de collecte de l'eau Mouhouche a souligné également qu'il existe une grande différence entre les besoins en eau des plantes dans le sol et l'ambition de remplir les réservoirs de surface ou souterrains. Car l'humidité du sol incite les agriculteurs à ne pas rechercher d'eau supplémentaire, tandis que les spécialistes en hydraulique préfèrent des précipitations abondantes qui garantissent un écoulement de surface plus important permettant de remplir les barrages et de renforcer les réserves d'eau. Sans manquer d'appeler à une gestion rigoureuse de l'eau et à une utilisation optimale de celle-ci, en particulier dans le Nord, révélant que le secteur agricole utilise environ 2,5 milliards de mètres cubes d'eau souterraine, en plus des quelque 10 milliards de mètres cubes stockés dans les barrages, ce qui nécessite une utilisation rationnelle. Il a également souligné la nécessité de développer les techniques de collecte de l'eau, l'Algérie pouvant exploiter ses nombreuses montagnes pour construire de petits barrages afin de retenir les eaux de pluie et éviter qu'elles ne se perdent dans les vallées et les mers, affirmant que la collecte de l'eau est une solution d'avenir efficace. De son côté, le professeur Abdelhadi Amari, de l'École nationale supérieure d'irrigation, a souligné l'importance des dernières précipitations qui ont touché plusieurs régions du nord du pays et qui ont enregistré, entre septembre et mi-janvier, une augmentation de 21% et 90% par rapport à la même période l'année dernière. Intervenant également sur la Radio nationale, le professeur a ajouté que les précipitations récentes ont dépassé 100 millimètres dans certaines régions du pays, ce qui est particulièrement encourageant pour le secteur agricole. Il a souligné que la plupart des barrages ont reçu des précipitations variables, en particulier dans l'est du pays, où le taux de remplissage a atteint 100%, comme c'est le cas pour le barrage de Beni Haroun, le plus grand barrage du pays. L'intervenant a relevé un autre fait qui n'est pas de moindre importance, à savoir que notre pays dépend en grande partie de ces précipitations pour l'eau potable. Car, a-t-il expliqué, nous disposons de 12 milliards de mètres cubes de ressources en eau renouvelables et, avec les stations de dessalement, tout cela constitue un équilibre et une garantie pour la population d'un été sans fluctuations, tout en sensibilisant, pour sa part, à l'économie dans l'utilisation de l'eau. Enfin, il a souligné que ces précipitations constituent un facteur incitant à l'extension des surfaces irriguées, qui sont aujourd'hui de l'ordre de 2 millions d'hectares, et que nous pourrions aller au-delà de cette superficie grâce à cette abondance en eau. |
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