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ES Sétif: Autopsie d'une chute programmée

par M. Zeggai

Alerte rouge du côté de l'Entente de Sétif qui se trouve, plus que jamais, sous la menace d'une relégation en deuxième division. Une situation préoccupante qui suscite une vive inquiétude au sein du public et de l'entourage du club. Les derniers résultats ont fini par enfoncer l'ESS. La dernière défaite concédée à Constantine a débouché sur la résiliation du contrat de l'entraineur Milutin Sredojevic « Mitchou », qui a été limogé sur une décision du directeur sportif, Azzedine Arab, à la suite d'une série de contre performances.

Cette décision intervient dans un contexte particulièrement délicat, marqué par une chute au classement et une pression grandissante des supporters. Ainsi donc, les échecs répétés ont fini par convaincre les responsables du club des Hauts Plateaux à un changement à la barre technique dans l'espoir de provoquer le fameux choc psychologique. La direction devrait désormais s'activer pour désigner un nouvel entraineur capable de redresser la barre rapidement et de rassurer un public qui commence à s'inquiéter sérieusement de l'avenir de son équipe.

Selon plusieurs observateurs, la difficulté actuelle de l'Entente ne réside pas tant dans le choix de l'entraineur que dans la gestion globale du club durant l'intersaison. Là, il faut dire que le nouveau directeur sportif, Azzedine Arab, a hérité d'un cadeau empoisonné et d'une situation désastreuse avec un effectif limité sur tous les plans. La direction est pointée du doigt pour ses décisions, jugées non conformes avec la grandeur de l'ESS, notamment dans le recrutement de joueurs incapables d'atteindre le niveau attendu pour un club de la stature de l'Entente de Sétif, qui ont contribué ainsi à la crise sportive que traverse l'équipe.

A cela s'ajoute l'attitude de certains anciens dirigeants qui, au lieu d'appeler à une prise de conscience collective pour sauver le club, multiplient les interventions télévisées ou dans les réseaux sociaux.

Des apparitions perçues par de nombreux observateurs comme des tentatives de règlement de comptes, contribuant davantage à ternir l'image de l'Entente qui leur a pourtant offert de la notoriété. Ne dit-on pas que « les grandes paroles ne font pas les grandes actions »? Ceci dit, même la direction de l'actionnaire majoritaire n'est pas exempte de tout reproche dans cette situation pour avoir confié la responsabilité technique à des profils qui ne répondent aux ambitions de l'ESS, qui ont d'ailleurs failli à leur mission par manque de vision stratégique, une gestion approximative. Dans un contexte où les moyens financiers engagés sont conséquents et où les attentes des supporters sont légitiment élevées, ces choix techniques apparaissent aujourd'hui comme l'un des facteurs déterminants de la crise actuelle. Dommage d'en arriver là, car l'ESS avait, il n'y a pas si longtemps, écrit l'une des plus belles pages de l'histoire du football algérien.