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Oran :
Les solutions parcellaires ont prouvé leurs limites: Nécessité d'un schéma global pour fluidifier le trafic
par Houari Saaïdia A défaut d'étude globale et
efficiente, intégrant tous les paramètres de croissance démographique,
économique et urbaine de la région, des opérations ont été souvent réalisées
sur le réseau routier sans trop se préoccuper des impacts et des effets à moyen
et à long terme sur tout le trafic routier. Là où l'on implante un ouvrage
d'art, par exemple, la situation s'améliore certes localement dans un petit
rayon autour du point ciblé, mais par une sorte d'effet de vases communicants,
la congestion s'empire sur des axes en amont ou en aval.
C'est le cas de le dire après la mise en service de la trémie dite de la Pépinière, où la fluidité relative de la circulation sur l'axe routier Oran-Bir El Djir-Arzew semble entraîner, sur d'autres ronds-points un peu plus loin, dont celui dit «El Morchid» et celui des «Trois Cliniques», un surencombrement presque persistant. Aux heures de grande circulation, ces anciens giratoires, y compris celui de la Cité Djamel, deviennent à leur tour au fil du temps de nouveaux points noirs redoutés par les automobilistes. Fatalement, on se retrouve à rechercher des solutions aux problèmes persistants générés ici et là par le manque de projection dans les études du schéma global de développement du réseau routier. Cet état de fait rend en tout cas plus pressante que jamais la nécessité de passer à la concrétisation des nœuds résiduels du réseau routier Oran-Est, au premier rang desquels figure le rond-point d'El-Morchid. Non que ce point soit le plus problématique en termes de fluidité du trafic - d'aucuns s'accordent que le rond-point de Cité Djamel est de loin le plus compliqué dans ce maillon du circuit - mais c'est parce qu'il est en fait le plus avancé en termes de procédures de projet. En effet, à peine la trémie de la Pépinière est-elle mise en service qu'un projet similaire localisé dans le même arrondissement est annoncé. LES RONDS-POINTS DE CITÉ DJAMEL, TROIS CLINIQUES ET EL-BAHIA SUR LA LISTE D'ATTENTE Il s'agit du projet de la trémie du rond-point El Morchid dans le secteur urbain Es-Seddikia, lequel carrefour giratoire dessert plusieurs axes névralgiques, parmi lesquels l'USTO via rond-point des Trois Cliniques, les HLM, Gambetta via le rond-point de la Résidence El Bahia, entre autres directions. Une enveloppe budgétaire de 40 milliards de centimes est consacrée à ce projet qui vise, localement, à résorber le point noir de cette grande intersection et, par effet d'interconnexion routière, désengorger tout le périmètre urbain adjacent. Ce projet relève en fait d'une ancienne liste de propositions d'inscription visant la résorption des trois « gros » points noirs des ronds-points de la Pépinière, El Morchid et Cité Djamel, qui revenait en boucle au gré des Assemblées populaires de wilaya successives, et qui figurait en tête de la nomenclature du secteur des Travaux publics. Une démarche qui intervenait à répétition sur fond d'accentuation de la situation au niveau de ces nœuds « problématiques» du circuit routier du centre-ville. Il faut dire qu'Oran a raté le coche en n'ayant pas pu - par manque de volonté ou par erreur de priorité a priori - convaincre les décideurs centraux lors des années fastes de la « bahbouha » de l'intérêt d'inclure ces trois projets - ou à tout le moins le plus pressant d'entre eux - à la nomenclature des trois trémies ayant reçu l'aval alors. Il s'agit, pour rappel, des ouvrages en trémie réalisés entre 2011 et 2014 à hauteur du rond-point de la cité Emir Abdelkader, au niveau du giratoire de l'ENSET sur la route reliant Oran et Es-Sénia et à Bir El Djir près du complexe olympique de Belgaïd sur la rocade, pour lesquels un montant global de 1,2 milliard de DA avait été dégagé. Et ce d'autant que les études des trémies de la Pépinière, El Morchid et Cité Djamel étaient fin prêtes alors (une trémie à deux étages pour ce dernier point). UN PROJET QUI ATTEND SON FINANCEMENT DEPUIS 15 ANS La DTP table plus que jamais sur cette trémie pour résorber les points noirs au niveau de cette intersection en question et permettre ainsi une fluidité du trafic sur ces axes à grand flux. Ce type d'ouvrage d'art s'impose aujourd'hui comme quasiment la seule solution pour désengorger l'embouteillage dans les grands centres urbains à l'instar d'Oran, où cette variante est de plus en plus utilisée pour remplacer celle désuète consistant en l'aménagement de giratoires dans l'intersection de voies d'important flux. Une tendance perceptible à travers le nombre de trémies dont devait disposer (si les choses avaient marché comme prévu) le groupement urbain d'Oran à court terme. Décidément, Oran n'arrive toujours pas à résoudre le problème de la circulation automobile et des embouteillages qui empoisonnent le quotidien de ses habitants. Depuis les années fastes et de l'implantation des différentes marques en Algérie, le parc automobile oranais s'est très sensiblement agrandi alors que le réseau routier urbain n'a pas évolué. Ou si peu. Certes, les autorités locales ont conçu des routes de contournement, imaginé des voies de dégagement, élargi des rues étroites, réalisé des trémies mais tous ces efforts ne sont pas parvenus à absorber la densité de la circulation automobile ni à désengorger la ville d'Oran, dont les points noirs se multipliaient progressivement. Jusqu'à se propager à des zones relativement éloignées du centre-ville, où d'impressionnants embouteillages se forment à certaines heures de la journée pour interdire toute circulation. Le carrefour dit de la Pépinière, situé à la sortie est d'Oran sur la nationale 11, constituait jusque-là l'un des points noirs les plus redoutés des automobilistes, avant l'ouverture en tout cas de la trémie au grand soulagement des usagers. Il en est de même pour le rond-point El Morchid. |
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