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Ghaza: L'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa menacé de fermeture

par Mohamed Mehdi

Samedi, 125e jour du cessez-le-feu, Israël continue ses violations de l'accord de Charm Al-Cheikh, faisant des centaines martyrs et davantage de blessés depuis la signature du « plan de paix », dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

Dans son rapport statistique publié samedi, le ministère de la Santé a fait état de 15 blessés, lors des précédentes 48h (jeudi et vendredi), ainsi que la récupération des restes de 2 martyrs sous les décombres.

Le bilan des victimes, depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025 (respecté uniquement par la résistance Palestinienne), passe ainsi à 591 martyrs et 1.598 blessés, ainsi que 726 corps retirés des décombres. Le nombre cumulé des victimes du génocide israélien à Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, passe à 72.051 martyrs et 171.706 blessés.

La vie de centaines de personnes en danger

L'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa est menacé de fermeture définitive suite à la panne de ses deux principaux groupes électrogènes et à l'épuisement des réserves d'huile et de pièces détachées nécessaires à leur fonctionnement.

Dans un communiqué publié vendredi, l'établissement a alerté sur une « menace imminente pesant sur son fonctionnement en raison de la panne de son deuxième groupe électrogène principal, trois mois après la défaillance du premier ». « L'huile et les pièces détachées nécessaires à leur réparation et à leur fonctionnement sûrs et durables sont actuellement indisponibles », ajoute le document publié sur Telegram.

«L'hôpital fonctionne actuellement avec seulement deux petits groupes électrogènes dans des conditions extrêmement précaires», note la direction de l'hôpital, soulignant que cette situation «ne garantit ni la stabilité ni la continuité des services médicaux» et «met gravement en danger la vie de centaines de patients, de blessés et de personnel médical, notamment dans les unités de soins intensifs, les unités néonatales, les blocs opératoires et autres services vitaux».

Si cette situation perdure, l'hôpital pourrait cesser définitivement ses activités à tout moment, constituant une nouvelle catastrophe humanitaire et sanitaire qui viendrait s'ajouter aux graves difficultés auxquelles est déjà confronté le secteur de la santé, explique-t-on. Le communiqué demande une « intervention urgente et immédiate » pour éviter le pire.

Le PNUD entame le déblaiement d'une immense décharge à Ghaza ville

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a entamé, mercredi dernier, le déblaiement d'une immense décharge, conséquence de la guerre génocidaire d'Israël, située dans le marché de Fras, un des plus anciens quartiers commerçants de la ville de Ghaza, et qui représente un risque environnemental et sanitaire majeur, a rapporté Reuters.

Alessandro Mrakic, chef du bureau du PNUD à Ghaza, a déclaré dans un communiqué transmis à Reuters que le volume de la décharge est estimé « à plus de 300.000 mètres cubes et sa hauteur à 13 mètres ». « Cette décharge s'est formée après que les équipes municipales ont été empêchées d'accéder à la principale décharge de Ghaza, située dans la zone de Juhr al-Dik, adjacente à la frontière avec Israël, au début de la guerre de Ghaza en octobre 2023 », souligne l'agence.

Selon la même source, « au cours des six prochains mois, le PNUD prévoit de transférer les déchets vers un nouveau site temporaire aménagé dans la zone d'Abu Jarad, au sud de la ville de Ghaza, et construit conformément aux normes environnementales ».

Le nouveau site, qui s'étale sur une superficie de 75.000 mètres carrés, permettra également une collecte quotidienne, a déclaré M. Mrakic, ajoutant que le projet est financé par le Fonds humanitaire et la Direction générale de la protection civile et des opérations d'aide humanitaire de l'Union européenne.

La municipalité de Ghaza a confirmé le lancement de l'opération de relocalisation en collaboration avec le PNUD, la qualifiant de mesure urgente pour endiguer la crise croissante des déchets solides, après l'accumulation d'environ 350.000 mètres cubes d'ordures au cœur de la ville. Le PNUD a indiqué avoir collecté plus de 570.000 tonnes de déchets solides à travers Ghaza depuis le début de la guerre.