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Dans le cadre du
renforcement de la prise en charge des patients atteints de cancer, le ministère
de la Santé poursuit ses efforts de modernisation et d'extension des structures
sanitaires spécialisées à travers l'ensemble du territoire national. À cet
effet, le ministre de la Santé, M. Mohamed Seddik Aït
Messaoudene, a annoncé, lundi dernier, la mise en
service prochaine de 25 nouveaux services de radiothérapie, destinés à
améliorer la qualité et l'efficacité de la prise en charge des patients
cancéreux.
Le ministre a précisé que le secteur s'attelle à une exploitation optimale des ressources mises à disposition par l'État, dans l'objectif d'assurer une prise en charge plus efficiente des malades. Dans ce contexte, il a fait état du renforcement du dispositif national par la réalisation de cinq établissements hospitaliers spécialisés dans le traitement du cancer, implantés dans les wilayas de Chlef, Tiaret, Béjaïa et Oran, dont les travaux sont actuellement en voie d'achèvement. Lors d'un exposé présenté devant la commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle à l'Assemblée populaire nationale (APN), M. Aït Messaoudene a indiqué qu'un ensemble de mesures a été engagé, notamment l'ouverture de ces services au niveau des nouveaux établissements hospitaliers, des hôpitaux en cours de réalisation, ainsi que de certains établissements existants. Cette démarche sera accompagnée par l'acquisition de 11 générateurs de rayons X. Dans ce même contexte, le ministre a insisté sur l'importance de la maintenance et de l'entretien préventif des accélérateurs de rayons X, afin de garantir leur sécurité et d'éviter les pannes. Il a souligné la nécessité de mobiliser les dotations financières requises pour ces opérations, prises en charge par le compte d'affectation spéciale dédié à la lutte contre le cancer, en plus de la formation spécialisée des utilisateurs des équipements de radiothérapie. Il convient de rappeler que le ministre de la Santé avait déjà évoqué la problématique de l'entretien et de la maintenance des équipements médicaux lors d'une plénière au Conseil de la nation, le 8 janvier dernier. Devant les sénateurs, il avait affirmé que « le bon fonctionnement des équipements médicaux constitue une priorité du secteur », faisant état d'un programme national en cours d'élaboration visant à réduire les pannes récurrentes. Il avait expliqué que ces dysfonctionnements sont dus notamment aux retards dans la conclusion et le renouvellement des contrats de maintenance, aux difficultés d'approvisionnement en pièces de rechange, ainsi qu'au manque de formation et à la mauvaise utilisation de certains appareils médicaux. Le ministre avait également précisé que son département œuvre à la simplification des procédures d'importation des pièces de rechange, à l'inventaire périodique du parc des équipements médicaux et à la mise en place d'un cadre réglementaire adapté. Il avait, en outre, annoncé la mise en service d'une plateforme numérique dédiée à la gestion et à la maintenance des équipements médicaux. Revenant sur ces déclarations devant la commission de la santé de l'APN, M. Aït Messaoudene a rappelé la mise en service de nouvelles plateformes numériques destinées à la gestion de plusieurs opérations, notamment le transfert des patients, l'organisation des rendez-vous de radiothérapie et la gestion des pharmacies privées. Dans le même contexte, il a annoncé l'achèvement des préparatifs en vue du lancement d'une plateforme numérique permettant la lecture à distance des images radiologiques médicales grâce aux technologies de l'intelligence artificielle. Il a également fait état du développement d'une application mobile permettant au citoyen d'accéder à son dossier médical, de prendre rendez-vous avec les spécialistes et de bénéficier de consultations et d'examens médicaux à distance, dans des délais raccourcis. La Fédération des patients appelle à des solutions d'urgence De son côté, la présidente de la Fédération algérienne des associations de patients atteints de cancer, Mme Hamida Kettab, a affirmé, dans une déclaration au « Quotidien d'Oran », que les nouveaux centres de radiothérapie et les accélérateurs, une fois acquis et mis en service, permettront de combler les insuffisances en matière de radiothérapie, mais uniquement à moyen et à long terme. Mme Kettab a insisté sur le caractère urgent de la situation actuelle, soulignant que les délais de rendez-vous en radiothérapie peuvent atteindre, dans certains cas, entre six et huit mois, voire une année dans certaines régions du pays, en raison de l'augmentation constante du nombre de patients atteints de cancer. Elle a rappelé que le processus d'acquisition et d'installation d'un accélérateur de radiothérapie nécessite au minimum une année, citant à ce titre l'exemple du Centre anti-cancer de la wilaya de Djelfa, qui demeure non fonctionnel en raison de difficultés liées au marché d'acquisition des accélérateurs. Face à cette situation, la présidente de la Fédération a appelé à la mise en place de solutions urgentes et transitoires pour répondre à la forte demande en radiothérapie. Elle se dit disposée à engager un dialogue avec les autorités compétentes afin de trouver ensemble comment appréhender ce problème et trouver des solutions transitoires, dans l'attente de la mise en service des nouveaux équipements. Mme Kettab a, par ailleurs, reconnu les efforts consentis par les pouvoirs publics pour équiper les structures spécialisées de lutte contre le cancer. Elle a rappelé que plusieurs centres ont déjà été dotés d'accélérateurs et a indiqué que les autorités envisagent la création de services de radiothérapie au niveau des établissements publics hospitaliers (EPH) disposant de 240 lits, citant notamment ceux de M'sila, Boumerdès, Rouiba et Béni Messous à Alger. |
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