
L'Algérie s'apprête à
rejoindre neuf autres pays africains reconnus officiellement par l'Organisation
mondiale de la Santé (OMS) comme ayant atteint le niveau de maturité 3 (ML3),
qui désigne un système réglementaire national stable et fonctionnel, capable
d'assurer la conformité, la sécurité et l'efficacité des médicaments, selon les
normes de l'OMS, et qui représente une étape clé pour la souveraineté vaccinale
et l'exportation.
Les
dernières démarches ont été entamées dimanche, à travers l'organisation d'un
atelier de travail par le ministère de l'Industrie pharmaceutique, en
coordination avec le bureau de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour
l'évaluation du système national adopté dans le domaine de la fabrication des
médicaments et des vaccins, visant au bout de la démarche l'obtention du
certificat de maturité de niveau 3 «ML-3», souvent requis pour exporter des
produits pharmaceutiques vers d'autres marchés, y compris au sein de l'Afrique. Le niveau de maturité 3
est défini par l'OMS comme un système réglementaire stable, bien rodé et
intégré. Les pays qui atteignent ce niveau sont reconnus pour leur capacité à
autoriser les produits médicaux, à effectuer une surveillance du marché et à contrôler
efficacement les événements liés à la sécurité. Selon un communiqué du
ministère, les travaux de cet important atelier ont connu la participation des
cadres du ministère de l'Industrie pharmaceutique et du ministère de la Santé,
ainsi que des représentants de l'Agence nationale des produits pharmaceutiques
(ANPP) et du Centre national de la pharmacovigilance et de la matériovigilance
(CNPM) concernant les médicaments et le matériel médical. Il s'agit « d'un
objectif stratégique à même de consolider la crédibilité du système
organisationnel national, de soutenir l'activité de l'Industrie pharmaceutique
et de faciliter l'accès des produits pharmaceutiques aux marchés internationaux
», précise la même source. Pour l'OMS, cette étape importante reflète
l'engagement à ce que les médicaments et les vaccins produits ou importés,
disponibles dans le pays, répondent aux normes internationales de qualité, de
sécurité et d'efficacité suite à une évaluation complète de l'OMS à l'aide de
son outil de référence mondial, qui évalue les systèmes réglementaires en
fonction de plus de 250 indicateurs. Notons que les pays qui atteignent les
niveaux ML3 peuvent également se qualifier en tant qu'autorités inscrites sur
la liste de l'OMS après d'autres évaluations de leurs performances, ce qui leur
permet de jouer un rôle plus important dans l'orientation des normes
réglementaires mondiales. Le niveau de maturité 3 constitue une preuve
d'engagement pour protéger la population, renforcer son système de santé et
contribuer aux efforts régionaux et mondiaux visant à améliorer l'accès à des
produits médicaux de qualité, selon les principes de l'OMS. Dans une allocution
à cette occasion, lue par le secrétaire général du ministère, le ministre du
secteur, Ouacim Kouidri, a mis en avant l'importance
de cette rencontre qui est « en phase avec les orientations des autorités
publiques visant à renforcer les capacités des structures relevant du secteur
de l'Industrie pharmaceutique et à consacrer la culture de la planification
stratégique, de l'évaluation et de l'amélioration continue, suivant les normes
et les spécifications adoptées par l'OMS. Le ministre a également affirmé que «
les réformes structurelles engagées par le ministre, en sus du cadre
réglementaire qui connaît une évolution continue, ont contribué à insuffler une
nouvelle dynamique au secteur de l'industrie pharmaceutique, à encourager
l'investissement et à renforcer l'intégration progressive des techniques
sanitaires nouvelles », a ajouté le communiqué. Et le succès des démarches
engagées dans le cadre de cet atelier de travail permettra d'améliorer la
surveillance post-commercialisation des médicaments et des vaccins, ainsi que
la gestion des risques.