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Cisjordanie occupée: 12.000 enfants en situation de déplacement forcé

par Mohamed Mehdi

Lundi, 88e jour du cessez-le-feu, Israël continue de transgresser unilatéralement l'accord de Charm Al-Cheikh, en commettant, depuis le 11 octobre 2025, plus de 960 violations du cessez-le-feu, et de ne pas respecter le volet des aides humanitaires préconisé par le «plan de paix», dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

Les attaques israéliennes à Ghaza se poursuivent dans le silence total des puissances occidentales et des pays intermédiaires dans l'accord de cessez-le-feu. Dans son dernier rapport statistique, publié lundi, le ministère de la Santé a fait état de 7 nouvelles victimes, dont 2 martyrs et 5 blessés, lors des précédentes 24h (samedi), et ajoute que le bilan depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025 est de : 422 martyrs et 1189 blessés, et 684 corps de martyrs exhumés des décombres des bâtiments bombardés depuis le début du génocide. Quant au bilan cumulatif des victimes du génocide israélien à Ghaza depuis le 7 octobre 2023, il passe à 71.388 martyrs et 171.269 blessés.

Hier, la Protection civile de la bande de Ghaza a annoncé que ses équipes de secours du gouvernorat central « ont réussi à extraire 5 personnes des décombres, dont une grièvement blessée, après l'effondrement de la maison de la famille Al-Shanna dans le camp d'Al-Maghazi », ajoutant que « les opérations de dégagement des autres personnes piégées sous les décombres se poursuivent ».

« Nos équipes ont également retrouvé les corps d'Ibrahim Mohammed Al-Shanna (29 ans) et de son fils, Mohammed Ibrahim Al-Shanna (8 ans), sous les décombres d'un bâtiment adjacent à la maison effondrée dans le camp d'Al-Maghazi ».

De son côté, l'agence Wafa a rapporté le martyre d'un Palestinien, Naji Suleiman Ibrahim Qdeih, «des suites de ses blessures suite à un bombardement israélien antérieur ayant visé la zone d'Al-Mawasi, à l'ouest de la ville de Khan Younes, dans le sud de la bande de Ghaza». La même source ajoute qu'un «enfant de 14 ans a été blessé, dans un état jugé modéré, après avoir été pris pour cible par un drone israélien de type quadcopter à proximité du rond-point de Bani Suheila, à l'est de Khan Younes», lundi après-midi.

«Par ailleurs, des avions de combat israéliens ont mené plusieurs frappes aériennes aux abords de l'hôpital indonésien, dans le nord de la bande de Ghaza, provoquant un climat de peur et de panique parmi les habitants et le personnel médical», ajoute Wafa.

L'agence de presse rapporte également, citant Croissant-Rouge palestinien, que « deux jeunes hommes, âgés de 30 et 34 ans, ont été blessés dimanche soir, par les forces d'occupation israéliennes dans la ville d'Al-Ram, au nord de d'Al-Quds-Est occupée ».

L'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a déclaré que plus de 12.000 enfants palestiniens vivent en situation de « déplacement forcé » en Cisjordanie occupée, en raison de l'opération militaire israélienne en cours dans les gouvernorats du nord, rapporte Wafa.

L'agence de presse palestinienne rappelle que « depuis le 21 janvier 2025 » l'armée sioniste a lancé l'« Opération Mur de fer », « qui a débuté dans le camp de Jénine avant d'être étendue aux camps de Nur Shams et de Tulkarm ». L'agence onusienne a fait état, dans une déclaration sur la plateforme X, que « plus de 12.000 enfants vivent toujours en situation de déplacement forcé en Cisjordanie ».

L'UNRWA affirme avoir lancé en février 2025, « un programme d'éducation d'urgence pour environ 48.000 enfants déplacés du nord de la Cisjordanie, afin d'assurer la continuité de leur éducation, grâce à des espaces d'apprentissage temporaires, à l'enseignement à distance et à la fourniture d'un soutien psychologique et social », ajoute Wafa.

Sept pays européens condamnent une législation israélienne anti-UNRWA

«Sept pays européens ont condamné, ce lundi, la législation israélienne récemment adoptée, qui prévoit notamment la coupure de l'approvisionnement en eau, en électricité et en moyens de communication des installations relevant de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA)», a rapporté l'agence de presse Wafa, citant un communiqué conjoint de «l'Islande, l'Irlande, le Luxembourg, Malte, la Norvège, la Slovénie et l'Espagne».

Les sept pays estiment que les mesures israéliennes «portent atteinte au mandat des Nations unies, violent le droit international et contreviennent aux conclusions de la Cour internationale de Justice (CIJ) », en plus des « graves répercussions humanitaires » qu'elles auront sur la population civile palestinienne et les réfugiés, tout en rappelant le « rôle essentiel » joué par les Nations unies, en particulier l'UNRWA, ainsi que par les autres organisations humanitaires et ONG, pour faire face à la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Ghaza.

La déclaration appelle aussi Israël à « garantir que les organisations non gouvernementales internationales établies sur le terrain puissent continuer à opérer à Ghaza», soulignant que « toute mesure de radiation ou de restriction de leurs activités devait être immédiatement suspendue », ajoute la même source.

« Nous réaffirmons l'obligation de garantir un accès humanitaire complet, sûr et sans entrave, et d'assurer la continuité des opérations humanitaires des Nations unies et de leurs partenaires, conformément au droit international humanitaire et aux obligations juridiques internationales pertinentes », souligne le texte.