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Perturbations dans le transport routier: L'organisation des transporteurs appelle au calme, Naftal avertit

par M. Aziza

En dépit des engagements pris par les pouvoirs publics en vue de la prise en charge des revendications des transporteurs, des grèves partielles et des perturbations ont été enregistrées, hier, dans le transport routier.

Cette situation a poussé l'Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA) à lancer un appel au retour au calme, à la sagesse et au sens de la responsabilité. Parallèlement, le groupe Naftal est monté au créneau, brandissant la menace de sanctions à l'encontre des transporteurs de carburants et de gaz de pétrole liquéfié (GPL), sous contrat et en grève. Dans un communiqué rendu public hier, l'Organisation nationale des transporteurs algériens a appelé l'ensemble des transporteurs (propriétaires de bus de transport de voyageurs, transporteurs de marchandises ainsi que chauffeurs de taxi en grève) à reprendre leur activité professionnelle. L'organisation les exhorte à « accorder du temps et de la confiance au syndicat afin de régler la situation actuelle, dans le cadre du dialogue et dans un esprit de responsabilité ». Elle précise également avoir une entière confiance dans les autorités publiques, à leur tête le président de la République, pour trouver une solution juste et définitive à la situation en cours. L'ONTA appelle, en outre, l'ensemble des chauffeurs à faire preuve de sagesse et de vigilance, tout en mettant en garde contre « toute tentative de récupération de la situation au détriment des transporteurs ou son exploitation au profit de parties ne servant pas l'intérêt national », lit-on dans le communiqué.

À noter que certaines directions des transports ont ouvert leurs portes au dialogue afin de contenir la situation. Des réunions de concertation se sont tenues samedi en fin de journée, au siège de la direction ainsi que dans les daïras de Sidi Aïch, Amizour et Souk El Tnine, avec les représentants des transporteurs desservant les lignes urbaines, intercommunales, inter-wilayales et rurales. C'est ce qu'a été publié par la direction des transports de la wilaya de Bejaia sur sa page Facebook. Ces rencontres visaient à sensibiliser les transporteurs publics de voyageurs à la nécessité de reprendre l'activité et d'assurer la continuité du service public.

À l'issue de ces réunions, il a été réaffirmé que « le projet de loi portant code de la route est toujours en cours d'étude dans le cadre du processus législatif et demeure ouvert aux amendements et enrichissements sur la base des propositions présentées ». Le dossier de la tarification des transports a également été abordé.

De son côté, la Société nationale de commercialisation et de distribution de produits pétroliers (Naftal) a adopté un ton plus ferme à l'égard des chauffeurs de poids lourds. Dans une note rendue publique samedi, l'entreprise a appelé les transporteurs de carburants et de GPL, sous contrat, à reprendre immédiatement le ravitaillement des dépôts et la distribution des produits. Elle les a avertis d'une possible résiliation de leurs contrats et de poursuites judiciaires en cas de non-reprise de l'activité.

Naftal déplore un « manquement aux obligations contractuelles », suite au refus des transporteurs d'assurer, depuis le 31 décembre 2025, le ravitaillement des dépôts de carburants et de GPL ainsi que la distribution des produits.

L'entreprise publique souligne que cette interruption a engendré « une perturbation de sa mission de service public ».

Qualifiant la situation de « violation des clauses contractuelles », Naftal affirme que les transporteurs sont tenus d'assumer immédiatement leurs obligations, faute de quoi elle se réserve le droit de résilier les contrats de transport à leurs torts exclusifs, sans exclure l'engagement d'actions civiles et pénales à leur encontre « en raison de leurs fautes », conclut la même source.

A noter que plusieurs voix de personnalités publiques et politiques sont intervenues, à travers les médias et les réseaux sociaux, pour expliquer que le nouveau code de la route, jugé par certains transporteurs trop sévère et contraignant, n'est pas encore entré en vigueur. Elles ont précisé que ce texte demeure en cours d'examen et reste ouvert aux enrichissements dans le cadre du processus législatif.