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Une histoire de coups !

par Abed Cherifi

La bibliothèque «Abdelkader Alloula » d'Oran ferme ses portes. A tout jamais. Au moment où l'on apprend l'arrivée d'une nouvelle ministre de la Culture. Quoi dire sinon que c'est désormais plus qu'une certitude, plus rien ne peut ni ne pourra faire mal aux Algériens, comme habitués à encaisser les mauvais coups. Et tous les coups tordus. Et avec tout le peuple, le pays est, lui aussi, bougrement résistant, capable de plier sans jamais se casser un traître osselet.

Un peu comme si on voulait laisser le passé dans l'oubli et l'avenir à la providence ; la marche du pays s'apparente à cet homme qui, arrivé au milieu du tunnel, avance vers le faisceau de lumière le plus proche de son centre de gravité. L'on savait aussi que le peuple, vachement « poreux » et héroïque jusqu'à se faire hara-kiri, a, depuis longtemps reçu le sérum le prémunissant contre la douleur des coups du sort, les coups plus bas que la ceinture, et autres coups de Jarnac, portés dans son dos, transformé en une véritable passoire. Et comme l'argent aide à supporter la pauvreté, le peuple a appris que le meilleur moyen de prendre un train à l'heure, c'est de s'arranger pour rater le précédent. Mais comme rien n'est plus sérieux que la politique, Dieu créa le sens de l'humour chez le commun des politicards pour penser, mordicus, qu'on ne peut gagner et dépenser de l'argent en même temps, d'où le choix difficile à faire. Parce qu'un traître, c'est aussi un homme politique qui quitte son parti pour s'inscrire à un autre. Un peu comme les jambes, il y en a qui les utilisent pour marcher et d'autres pour faire leur propre chemin. Un politicien honnête étant, selon la légendaire vox populi, celui qui reste fidèle à celui qui l'a acheté, il faut croire que ça arrive que la vérité sorte de la bouche d'un politicien. Mais c'est toujours parce qu'un journaliste, à la plume érodée, a dû mal comprendre! Et comme on entre en politique avec un bel avenir devant soi et on en sort avec un terrible passé, la seule explication qui vaille vraiment pour apprendre à ne jamais déprimer du « sérieux apoplectique» de nos hommes politiques est celle de croire que cette « engeance » pas comme les autres, ne fait, au mieux, que quelques années de Droit, puis toute une vie de travers..!