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Sommet arabe: Les clarifications de Lamamra

par R. N.

«Contrairement aux contrevérités circulant sous le titre « report du Sommet » au moment où la date de sa tenue n'a pas été fixée ni aucune décision prise la concernant, et conformément aux mesures en vigueur dans le cadre du système arabe, le président de la République compte proposer une date alliant la symbolique nationale historique et la dimension arabe, une date qui consacre les valeurs de la lutte commune et de la solidarité arabe».

C'est qu'a déclaré en substance le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l'étranger, Ramtane Lamamra, samedi aux ambassadeurs de pays arabes accrédités en Algérie. Un communiqué du MAECNE a précisé au sujet de ce rendez-vous que «c'est une rencontre de concertation entrant dans le cadre des rencontres périodiques avec le corps diplomatique ». Ramtane Lamamra a fait ainsi une précision de taille au sujet de la date de la tenue du prochain Sommet de la Ligue des Etats arabes à Alger. « Le président de la République compte proposer une date alliant la symbolique nationale historique et la dimension arabe, une date qui consacre les valeurs de la lutte commune et de la solidarité arabe », a-t-il affirmé. Annoncé en novembre dernier par Abdelmadjid Tebboune pour le mois de mars prochain, le sommet pourrait ainsi se tenir alors soit le 5 juillet ou le 1er novembre, deux dates symboliques dans l'histoire nationale et d'une grande importance pour la mémoire collective ainsi que pour la Nation arabe et l'ensemble des peuples épris de liberté.

Il en est ainsi pour le 5 juillet, date à laquelle l'Algérie a arraché une libération de l'ensemble de ses territoires, un immense acquis salué par le monde entier avec beaucoup de respect pour les grands sacrifices que ses populations ont consentis face à une force coloniale atlantiste. Au même titre, le 1er novembre a été avant le 5 juillet, le déclencheur d'une guerre de libération nationale qui a duré sept longues années si on ne compte que depuis 1954 à 1962. La guerre de libération nationale a bénéficié d'une grande solidarité des quatre continents. Le monde arabe a été peut-être plus présent à ses côtés pour des considérations historiques, civilisationelles et culturelles.

La guerre de libération nationale et la solidarité arabe

L'Egypte de Djamel Abd-Nasser, pour ne citer que ce pays, a exprimé une très grande solidarité avec les combattants algériens pour la liberté de leur pays. Ceci étant, le chef de la diplomatie a cependant tenu à souligner aux ambassadeurs arabes accrédités à Alger que «cette date qui devrait être adoptée par le Conseil des ministres arabes lors de sa session ordinaire prévue en mars prochain, avec l'initiative de l'Algérie et l'appui du Secrétariat général de la Ligue arabe, permettra aussi de parachever le processus préparatoire dans la forme et dans le fond, découlant ainsi sur la réalisation des conclusions d'une politique confortant la crédibilité et l'efficacité de l'action arabe commune». Lamamra leur a fait part à cet effet de «l'engagement du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à poursuivre la concertation et la coordination avec ses frères, dirigeants des pays arabes et les responsables du Secrétariat général de la Ligue arabe, et ce, dans le cadre de la poursuite des contacts directs et périodiques avec nombre de ses homologues arabes ainsi que ceux de son envoyé personnel».

Le MAECNE a expliqué que «les objectifs escomptés de ce processus, entamé par l'Algérie selon une approche participative, consistent essentiellement à parvenir à des formules consensuelles sur les principales questions qui seront soulevées lors du prochain Sommet arabe, y compris la fixation d'une date propice pour sa tenue». Le communiqué rapporte, par ailleurs, que Lamamara a informé le corps diplomatique arabe « sur les efforts consentis par l'Algérie pour le renforcement de l'action arabe commune en vue de la mise en place d'un système de sécurité arabe avec toutes ses dimensions».

La cause palestinienne au centre du débat arabe

Il est noté qu'avant d'ouvrir le débat, le ministre a rappelé «la situation arabe actuelle et l'ampleur des défis qui s'imposent aux sociétés arabes, notamment en ce qui concerne les questions liées à la pandémie de coronavirus et aux enjeux de développement socio-économiques, voire aussi la solidarité et l'autonomie collective à même de garantir l'immunité de la nation arabe et la préservation de ses intérêts». La rencontre, est-il indiqué dans le communiqué, a été marquée par «un débat riche et un échange positif de vues, les participants ayant salué l'approche pratique et constructive adoptée par l'Algérie pour la préparation des conditions de la réussite de ce rendez-vous arabe important, ainsi que ses efforts inlassables pour unifier les rangs et créer un climat consacrant les valeurs de fraternité et d'unité et promouvant l'action arabe à des perspectives prometteuses». Lamamra a exprimé en dernier «son souhait de tenir périodiquement ce genre de rencontres aussi bien pour l'accompagnement des travaux préparatoires au Sommet arabe que dans le cadre de l'examen d'autres questions d'intérêt commun, en concrétisation de la tradition de concertation, de coordination et de la pratique diplomatique efficace de proximité en faveur des questions justes de la nation, en tête desquelles la cause palestinienne».