Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Tiaret: Le maître horloger n'est plus

par El-Houari Dilmi

On l'appelait «El Hadj Missoum Souaâdji» : le plus ancien maître horloger sur la place de Tiaret et de tout le pays, a tiré sa révérence jeudi à l'âge de 96 ans. Fort connu partout dans Tiaret et même dans plusieurs wilayas voisines. Qui n'a pas réparé une montre à gousset, une horloge murale, une montre-bracelet ou même un vieux réveil auquel on voulait prolonger la vie ? Tout Tiaret gardera en mémoire ce respectable et pieux personnage qui tenait boutique en plein cœur de la ville de Tiaret, au niveau de la rue « Ali Benkhettou », depuis l'aube des années soixante.

Né le 13 janvier 1925, El Hadj Missoum, pour lequel la mécanique de ces petits instruments à mesurer le temps n'avait aucun secret, continuera avec une fidélité au poste légendaire à exercer son métier de maître horloger, même frappé par le malheur quand il perdra ses deux fils, Abdelkrim et Khaled, auxquels il avait appris le métier, en voie de perdition. Il se réconfortera avec son petit-fils pour continuer à faire son travail d'orfèvre, défiant l'âge et la maladie qui l'a emporté jeudi. Tous les fidèles de la mosquée « Sidi Adda » connaissent ce célèbre personnage à l'allure fière et débonnaire, qui officiait comme muezzin volontaire, mais aussi et surtout pour cette vieille horloge incrustée dans un meuble vertical située dans un angle de la mosquée et qui continue à marcher à ce jour, avec une précision jamais prise à défaut, El Hadj Missoum assurant son entretien et son réglage régulièrement… jusqu'à son dernier soupir.

El Hadj Med Missoum était également un ancien membre de l'Association des oulémas musulmans algériens et membre de l'APC de Tiaret en 1963, quelques mois à peine après le recouvrement de l'indépendance. Il a été inhumé jeudi dans l'intimité au cimetière de Tiaret, en présence des membres de sa famille et quelques vieux amis.