Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

«Un peu prématuré pour en parler», selon la Commission de la fetwa: Plaidoyer pour l'annulation du sacrifice de l'Aïd El-Adha

par M. Aziza

La Commission ministérielle de la fetwa, relevant du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs ne s'est pas, encore, penchée sur la question de la célébration de l'Aid El Adha, prévu le 31 juillet, en cours. Un rituel religieux qui intervient cette année dans un climat sanitaire assez tendu, notamment avec la recrudescence des cas de coronavirus en Algérie, ces derniers jours. Les contaminations quotidiennes au coronavirus qui enregistrent, de jour en jour, des records, avec une moyenne de 400 cas par jour, a poussé un sénateur du FLN, à demander l'annulation de la célébration de l'Aïd El Adha. Et de proposer de récolter l'argent du sacrifice religieux pour le mettre au service de la lutte contre le Covid 19, en Algérie. Le sénateur Abdelouaheb Benzaim, a appelé, en effet, à annuler le rituel du sacrifice de la fête de l'Aïd El Adha, sur sa page ‘Facebook'. Motivant cette demande par la propagation inquiétante de la pandémie du coronavirus en Algérie. Il a même invité la Commission de la fetwa, relevant du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs d'envisager la possibilité d'abandonner la célébration du rite religieux, le jour de l'Aïd El Adha.

Contacté par nos soins, le président de la Commission ministérielle de la fetwa, Mohand Idir Mechnane a affirmé que ladite commission n'a pas encore débattu l'option ou pas de l'annulation de Aid El Adha. «C'est encore trop tôt pour mettre ce dossier sur la table des discussions», a-t-il indiqué en estimant «qu'il est encore prématuré de parler de cette option». Selon notre interlocuteur «nous suivons de près la situation sanitaire, dans notre pays, en précisant que toutes les fetwas émises par la Commission se basent et obéissent aux recommandations du Comité scientifique de suivi de l'évolution de la pandémie, et ce pratiquement sur le sort de toute circonstance religieuse ou pratique religieuse». Et de rassurer que la commission est sommée d'éclairer l'opinion publique sur toutes les questions qui suscitent des interrogations, au moment opportun.

Pour rappel, le gouvernement avait décidé de limiter les mouvements et la circulation de la population et d'astreindre les citoyens à un confinement général pendant les deux jours de l'Aïd El Fitr dernier. Les choses apparemment se compliquent pour l'Aid El Adha, avec la montée alarmante du nombre des personnes contaminées et des responsables locaux ont déjà procédé à la fermeture des marchés à bestiaux, dans certaines wilayas du pays. Comment les Algériens vont-ils passer l'Aid El Adha, en cette période d'exception ? La question reste posée. Sachant que l'abattage rituel d'Aid El Adha peut bien causer des problèmes sanitaires, selon le sénateur qui a évoqué sur son compte Facebook que «l'abattage des moutons se fait généralement, collectivement, notamment dans les cités regroupant une grande masse de population, qui égorgent les moutons dans des cours collectives. Ce qui entraine un mélange de sang et de déchets». Et ce «sans parler autant des contacts physiques entre familles, voisins et enfants».

Sur sa page, le sénateur avait déjà souligné que plus de 1.000 contaminations au Covid-19 ont été enregistrées en 3 jours consécutifs, dont la plupart sont d'origine familiale. C'est d'ailleurs ce qu'avait indiqué le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid , en affirmant que «25 à 30 % du total des cas confirmés d'infection par le nouveau coronavirus, en Algérie sont d'origine familiale», en précisant que «les réunions familiales, notamment les fêtes de mariage et les funérailles, ont été, dernièrement les causes directes de l'augmentation du nombre de cas d'infection par la Covid-19, à travers les wilayas du pays».