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Tébessa, El-Tarf: De nouveau des routes coupées à cause de l'eau

par A. Chabana, A.Ouelaa

De nouvelles protestations liées à l'eau ont été enregistrées à l'est du pays. Ainsi, des citoyens de la localité de Bekkaria, 10 km à l‘est de Tébessa, ont barré la route hier sur le tronçon de la RN 10 entre El Houijbet et le poste frontalier de Bouchekba. Ils manifestaient leur mécontentement suite aux perturbations et les coupures de l'eau potable et d'électricité, tout en évoquant au passage le blocage et le transfert des activités de l'APC. Ainsi donc, pour le deuxième jour consécutif, des citoyens ont bloqué cette route, fréquentée en cette période de l'année par des milliers d'automobilistes se dirigeant vers les frontières. De nombreux voyageurs sont contraints de changer d'itinéraire en allant vers les postes frontaliers de Ras Laâyoun et El Meridj.

Les contestataires ont dressé des barricades et brûlé des pneus. La première revendication est de trouver une solution à la situation que vit leur APC depuis 10 mois déjà. Les problèmes de l'eau potable et de l'électricité sont la goutte qui a fait déborder le vase. Les populations se sont confrontées quotidiennement à des problèmes que l'APC aurait pu prendre en charge. La contestation pourrait s'étendre à d'autres localités, sous l'effet de l'accumulation des dysfonctionnements.

Dans la wilaya d'El-Tarf, les habitants de Djenane Echouk et Ain Allem, commune de Drean, en bute à une distribution chaotique de l'eau qui coule dans les robinets en moyenne une fois tous les quinze jours, ont bloqué lundi l'entrée et la sortie de l'autoroute Est-Ouest, provoquant un important embouteillage.

Pour rappel, c'est à Drean que prend fin l'autoroute Est-Ouest, qui débouche sur la RN 16, en attendant l'achèvement du tronçon de 88 km jusqu'à la frontière tunisienne. Cette fois-ci, les contestataires ont exigé de l'eau potable, au lieu de l'eau saumâtre, imbuvable. Une situation qui contraint les habitants à acheter l'eau potable, parfois douteuse, auprès des camions-citernes.

Les protestataires se sont demandés pourquoi le projet estimé à plus de 100 milliards de centimes pour réaliser une conduite d'eau à partir de la station des Salines à Annaba, jusqu'à Drean, en passant par Besbès, n'a rien donné. Devant alimenter les habitants en eau potable, ce projet pose problème à cause de la qualité des travaux confiés à des sous-traitants, comme nous l'ont indiqué des travailleurs de l'ADE.

Le précédent projet, de l'année 2002 qui a coûté 72 milliards de centimes, n'a rien donné aussi. D'où le lancement d'un second projet en 2017 pour 101 milliards de centimes et qui semble aussi être un fiasco. Le maire et le chef de daïra se sont déplacés pour raisonner les contestataires qui ont fini par libérer les accès de l'autoroute dans l'après-midi.