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Le FLN en mode 5ème mandat

par Mahdi Boukhalfa

Au FLN comme au sein des partis de la coalition gouvernementale, les vacances estivales seront zappées cette année avec l'approche de l'élection présidentielle d'avril prochain. Le parti du président, comme le clame son SG Djamel Ould Abbès, aurait même décidé d'accélérer la cadence pour construire un large front de soutien à un 5ème mandat de Bouteflika. Ce n'est du reste que logique que le FLN, qui a été le premier à cautionner et soutenir la candidature en 1999 du président Bouteflika, travaille pour rassembler les soutiens politiques pour l'échéance de 2019. Djamel Ould Abbès, qui retarde et veut même renvoyer aux calendes grecques la tenue d'un comité central extraordinaire qui peut signifier son ‘'éviction'' de la tête du parti, multiplie donc les rencontres et les contacts politiques pour organiser un large front favorable à une cinquième mandature de son favori.

Le SG du FLN, qui a déjà rencontré les N.1 du MSP et du RND, a plus que jamais centré les objectifs du vieux parti sur cette présidentielle et compte dans les prochains jours rencontrer les représentants d'autres partis favorables à un 5ème mandat du président Bouteflika. S'il est pour le moins incongru de se demander si vraiment Ould Abbès a été mandaté pour appeler le président à briguer un 5ème mandat, jetant du coup un profond trouble au sein de l'opposition, il est cependant dans la nature des choses de voir converger vers l'appel du FLN des formations politiques sans grande envergure, ce qui en l'occurrence pose la question de savoir jusqu'où ira le FLN pour ramasser des voix pour son candidat. Le RND, allié naturel du FLN, sinon sorti de ses rangs, ne fait pas autant dans ce zèle ‘'militant'' que développe le vieux parti à l'approche de la prochaine présidentielle.

Une posture qui, cependant, fait peur à l'opposition qui craint que la démarche du FLN est tout sauf encourager la démocratie et l'alternance au pouvoir de s'installer en Algérie. Car il est clair que si M. Bouteflika viendrait à se porter candidat, et donc répondrait positivement aux appels insistants des partis de l'alliance présidentielle, l'issue de cette élection ne ferait dès lors aucun doute. Et, surtout, que toute candidature de partis d'opposition ou d'indépendants ne servira que de faire valoir à un projet politique annoncé depuis des mois aux électeurs: porter une cinquième et dernière fois M. Bouteflika au pouvoir. Cela aura ainsi les contours d'une élection démocratique avec des concurrents politiques qui brigueront un mandat de cinq ans, mais, au final, le résultat sera connu d'avance.

Le FLN tout comme le RND et les partis satellites, ranimés à chaque élection, parce qu'ils sont proches des centres de décision, s'ils n'en sont pas une grande partie, ne contribuent cependant pas à rassurer l'électorat, car leur démarche élimine de facto tout changement autant à la tête de l'Etat algérien que de son mode de gouvernance et de pouvoir décisionnel. C'est comme si, en réalité, l'opposition n'est là que pour faire partie du ‘'décorum'' et que les véritables enjeux politiques ne sont pas vraiment dans cette élection présidentielle, encore moins dans la nature du candidat, mais ailleurs. Là où existe le vrai pouvoir de gouverner, de diriger et de décider de l'avenir du pays. Car l'électorat, lui, affaibli, sciemment ou pas, par une situation économique du pays désastreuse, ne pense donc qu'à assurer ses lendemains. A partir de là, il n'aura aucun comportement suicidaire, sinon aventurier, au moment de mettre le bulletin dans l'urne.