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Mondial du Foot, demi-finale : la France, 1 / Zéro !

par Pierre Morville

La France en finale ! Mais, conjoncture qui n'a rien à voir, la France en fête vient également de perdre sa place de 6ème puissance économique mondiale

L'équipe de France est en finale du mondial de Foot ! Les Français étaient mardi soir euphoriques, et nous étions avant le score, des multitudes rivées sur nos écrans télés pour suivre chaque minute de ce match historique. On en a pleuré.

De joie. Face à une équipe belge, très professionnelle, les Bleus ont réussi formidablement mardi à s'afficher en finale de la Coupe du Monde 2018.

Toutefois, les médias ne commentent pas assez l'ensemble des autres et divers résultats de classement.

Dans les dernières publications de la Banque Mondiale, le produit intérieur brut (PIB) de l'Inde a dépassé pour la première fois celui de la France, reléguant la France au septième rang des économies mondiales. L'an dernier, le PIB de l'Inde, nouvelle sixième économie mondiale a ainsi atteint 2.597 milliards de dollars contre 2.582 milliards pour la France, selon des chiffres actualisés fin juin.

Jusqu'en 2017, Les 5 Premiers pays par le PIB (le produit intérieur brut) en 2017 étaient les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne et la France qui sont les plus grandes économies dans le monde constituant plus de la moitié du Produit Mondial Brut (GWP). La France était suivie par la Grande-Bretagne, et ensuite par l'Inde.

Certes, la reprise de l'économie indienne ces derniers mois a été portée par l'industrie manufacturière et la demande des consommateurs, mais les chiffres de croissance de la zone asiatique impressionnent : selon les prévisions annuelles du Fonds monétaire international (FMI), les économies émergentes et en développement d'Asie devraient connaître une croissance de 6,5% en 2018, la Chine et l'Inde (6,9% prévu dans ce pays en 2019 !) tout comme les pays d'Asie du Sud-Est progressant bien au-delà de la moyenne mondiale attendue à 3,9%.

Et l'Europe ? Après une croissance en 2017 (+2,6 %, le plus haut en 10 ans), l'économie européenne devrait ralentir en 2018 et 2019 à +2,1 % et +1,9 % respectivement.

La croissance économique française passera de 2,3% en 2017 (chiffre contesté depuis, à la baisse de l'estimation) à 1,7% en 2018, selon l'Insee, l'Office nationale des statistiques. Objectif du gouvernement pour 2019 : + 2%. Mais l'agence de statistiques Insee prédit pour sa part que le gouvernement n'atteindra certainement pas son objectif, en raison d'un euro fort et d'une hausse des prix du pétrole, entre autres facteurs.

Perspective de croissance sur l'Union européenne ? Après une croissance en 2017 (+2,6 %, le plus haut en 10 ans), l'économie européenne devrait ralentir en 2018 et 2019 à +2,1 % et +1,9 % respectivement.

Problème, la faiblesse de la croissance à venir (+2% dans les scores les plus optimistes) ne permettrait que de se maintenir à niveau, notamment au niveau de la dette et d'éventuelles et très probables hausses des taux d'intérêt).

Ces hausses d'intérêts attendues et craintes sont largement liées à la guerre commerciale qu'a déclenchée l'ineffable Donald Trump. Le Président américain a en effet décidé de lancer son pays dans une vaste épreuve de force protectionniste avec le reste du monde quelles qu' en soient les conséquences sur ses principaux alliés, l'Union européenne notamment. Première cible de Donald, la Chine. Dans le classement de la richesse recensée officiellement, les deux pays se tiennent dans la tranche supérieure.

En 2017, ayant le PIB le plus haut dans le monde de 19.4 trillions de $ ou approximativement 25 pour cent du GWP (Produit Mondial Brut), les États-Unis sont en première position dans le classement mondiale du PIB parmi 192 pays.

La seconde économie du monde, la Chine qui représente 14.9 pour cent du PIB mondial, ralentit progressivement car elle continue sa transition vers une croissance plus équilibrée. Ainsi, le PIB chinois s'est augmenté de 6.7% en un an.

L'objectif de Donald Trump, dans cette redoutable épreuve de force qui s'amorce ? Même les économistes les plus libéraux, les plus favorables à une « mondialisation » libérale des échanges économiques, s'interrogent. Le Président des Etats-Unis, première puissance mondiale sur le plan économique et militaire, premier pôle financier (pays largement responsable de la crise boursière de 2008/2009), a-t-il décidé que sa nation doit dans un réflexe protectionniste mais également agressif, se replier sur elle-même ? Ou veut-il imposer au reste du monde et à ses propres alliés, notamment les Européens, sa nouvelle règle du jeu ? Après l'échec de la financiarisation libérale à l'échelle de la planète largement initiée par Wall Street, il n'est pas sûr que cela marche…

Heureusement, les USA n'ont pas d'équipe de football présente dans la sélection du Mondial (on ne parle pas de l'US football, mais du vrai football !).

La France fait des bébés !

Compliquons encore un peu l'affaire en France. L'objectif de l'exécutif français est fixé à +2% de croissance (objectif non atteignable pour l'instant). Cela permettrait de maintenir le pays, à effectifs constant. Mais hélas ou heureusement, la France avec l'Irlande sont les deux seuls pays de 27 États de l'Union européenne à avoir une démographie positive population en croissance. Les bébés, c'est bien beau, mais après, ils grandissent, et ils réclament du boulot, et des salaires pour consommer…

Donc il faudra rapidement créer de l'emploi.

La France déclassée, 7ème puissance mondiale, la nouvelle n'a pas du ravir le jeune et sémillant Président Emmanuel Macron.

D'autant que celui-ci traverse sa première « crise de confiance » dans l'opinion publique, un peu plus d'un an après son élection. Nouvellement élu, il a défendu la ligne très Tatchérienne : « on conforte les riches pour que leur pognon ruisselle sur les pauvres » Il a multiplié dans ce sens les « réformes » lors de sa 1ère année de quinquennat : assouplissement du marché du travail, allégements fiscaux pour les entreprises et les contribuables les plus riches, réformes du logement et de la compagnie ferroviaire nationale, la SNCF, malgré la ferme opposition des syndicats de cheminots.

Cette série de mesures lui a valu une étiquette de « président des riches » chez ses opposants, qui lui ont reproché sa saillie sur les aides sociales coûtant « un pognon de dingue » sans pour autant « permettre aux gens de s'en sortir », au moment même où le couple présidentiel passait commande d'un nouveau service de table d'une valeur de 500 000 euros (un peu plus de 770 000 dollars canadiens) », note le quotidien canadien Le devoir.

Macron, malgré tout gagnant ? 71% des Français estiment que la politique menée par le président de la République est «injuste», d'après un sondage Odoxa-Dentsu Consulting* réalisé pour France Info et Le Figaro publié jeudi 5 juillet.

Cette «injustice» est également partagée par toutes les classes sociales.

De plus, 65% des sondés jugent «inefficaces» les mesures prises par le chef de l'État français.